‹ Les Du CerceauChapitre 152 sur 230 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

de cette aventure si souvent répétée. La preuve, c’est que L'Estoile ajoute qu'il laisse là « sa maison qu’il avoit nouvellement bastie avec grand artifice et plaisir, au commencement du Pré-aux-Clercs, et qui fust toute ruinée sur lui ». Or, cette maison, comme nous le dirons d'après les titres de propriété, fut construite par Baptiste, et ne passa à un Jacques Androuet qu’en 1602.

C'est également Baptiste qui commença les travaux du Pont-Neuf. Sur ce sujet, le témoignage de Brice est encore confirmé par celui de L’Estoile, qui s’exprime ainsi : « En ce mesme mois de may (1578) fut commencé le Pont-Neuf... sous l’ordonnance du jeune Du Cerceau, architecte du roy ». Cette épithète de « jeune » ne saurait s’appliquer à Jacques qui, nous l'avons déjà fait remarquer, dès 1579, faisait allusion à sa vieillesse.

Si Baptiste quitta Paris en 1 585, il ne s’ensuit aucunement qu’il se réfugia à l’étranger. Comme tant d’autres protestants, il put chercher un abri dans quelque coin de la France où ses coreligionnaires fussent assez nombreux pour se protéger par la force.

Callet doit être bien plus dans le vrai lorsqu’il rapporte que Baptiste alla rejoindre Henri IV, après la mort de son prédécesseur. 11 est hors de doute qu’il fut l’architecte de l'un comme il avait été celui de l’autre. La lettre de nomination de son fils aux mêmes fonctions mentionne les services du père envers les feu{ roys. Dans tous les cas, Baptiste ne jouit pas longtemps de ses fonctions de surintendant des bâtiments, lorsqu’il put les exercer dans leur plénitude, car il mourut avant le mois de mars 1602, époque où sa veuve, Marie Raguidier, vendit sa maison du Pré-aux-Clercs, en possession de laquelle le défunt avait dû être réintégré immédiatement après que Paris eut ouvert ses portes à Henri IV, et que probablement il avait fait relever de ses ruines.

Ailleurs encore (p. 33 1), Berty consacre à la maison de Baptiste Du Cerceau la notice que voici : « Une moitié de la propriété de Christophe Le Mercier, maître maçon, qui forme maintenant le n° 3e de la rue Jacob, fut cédée par lui, le 11 novembre i58q, à Baptiste Androuet du Cerceau, « architecte du roy » ; celui-ci y éleva aussi

une maison, c’est celle que L’Estoile dit avoir été « bastie avec grand artifice et plaisir ». La construction qui la remplace aujourd’hui est toute moderne, et rien n’y rappelle la résidence artistique dont elle a été précédée et sur laquelle on ne possède aucun détail, le plan que Callet s’est imaginé avoir découvert n’offrant aucune coïncidence avec le terrain, rigoureusement maintenu encore, nous le répétons, dans ses limites primitives.

« . Les constructions (au petit Pré-aux-Clercs) n’y étaient point

encore nombreuses, et celles qui s’y voyaient, maisons de campagne ou tuileries rustiques, n’empêchaient pas la vue de s’y reposer sur la verdure des champs et des pâturages qui s’étendaient au loin le long de la rivière.

« . Nous retrouvons, dans un titre de 087, la mention de la

maison de « Monsieur Du Cerceau », mais cela ne démontre pas que son maître y fût revenu habiter. Saccagée après le départ de Baptiste, elle le fut probablement de nouveau et plus complètement, en même temps que les autres maisons du voisinage, lors du siège de Paris, et ce dut être dans un triste état qu’il la retrouva après la reddition de Paris, en i5gq. Ce que nous en pouvons dire de plus, c’est qu’à la date du 23 mars 1602, la veuve de Baptiste Androuet, Marie Raguidier, la vendit au Jacques Androuet, alors contrôleur des bâtiments de la Couronne. Après la mort de celui-ci, sa femme, Marie de Malaper, qui en passa titre nouvel au terrier de l’Université, le 26 mai i63q, continua à en jouir jusqu’à ce qu’elle rejoignît au tombeau son premier époux, et la laissa en héritage à sa fille Marie Androuet. Cette dernière l’apporta en dot à son mari Elye Bédé, il était lui-même, par un assez singulier hasard, propriétaire, avec son frère, de la maison voisine, vers l’ouest. Cette maison avait été acquise le 11 juillet 1602 par Jean Bédé, leur père, d’Antoinette Delaistre, veuve de ce Christophe Mercier auquel Baptiste avait, en 1 5 84, acheté la moitié de son terrain. » Enfin, dans les Grands Architectes (p. 106), Berty affirme que « vers la fin de 1 578 , Baptiste Androuet eut l’honneur de remplacer au Louvre Pierre Lescot, depuis peu décédé, et en la même année on lui confia une tâche considérable, celle de bâtir le Pont-Neuf . A ce

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