MODÈLES ET PORTRAIT DU PONT
Réunissons maintenant par ordre chronologique les passages qui parlent des « Modèles, Pourtraits ou Dessins » du Pont :
Le 7 novembre 1577 : « Henry III ordonne de représenter (présenter à nouveau ?) les portraits et modelles cy devant faits pour cette occasion. » (P. 20.)
Le 10 novembre : On mit en avant deux desseins. Celui présenté par Claude Marcel, correspondant à la situation actuelle ; un autre présenté par le président Nicolaï, qui proposait de bâtir un pont vers les Célestins pour aller à l'Isle-aux- Vaches. (P. 21.)
Le 24 novembre : On présente un portrait en papier dudit pont (le projet Marcel). Le prévôt des marchands parle en faveur du pont des Célestins. (P. 22.)
Le 19 février 1578 :
Le conseiller supérieur Marcel présente au Roy le « portraict dudit pont pour estre assis vers l’Escolle Saint-Germain en tirant vers les Augustins ».
« Sur quoy Sa Majesté commande de faire construire et asseoir ledit pont sur l’Escolle Saint-Germain, suivant le portraict. » (P. 23.)
Le 23 février :
« Le prevost des marchands présente un portraict en toille pour construire un pont entrant en l’Isle-aux-Vaches, et de là sur le quay de la Tournelle, lequel dessein a esté trouvé très bon et nécessaire ». (P. 23.)
Dans le devis (que j’appellerai plutôt Cahier des charges ), découvert par M. de Lasteyrie, pour la construction des piles, du 16 mars 078, on lit des expressions telles que celles-ci :
Page 75. Le 16 mars 1578. « Le tout suivant le decin qui pour ce faire en a esté fait. »
Page 77. « Des façons et ordonnances qu’il sera baillé par l’architecte dudit pont. » Phrase qui revient une seconde fois.
Page 78. « De faire et parfaire bien et duement au dit d’ouvriers et gens a ce cognoissans, tous et chacuns des ouvrages de maçonnerie contenus et déclarez au decin et devis cy devant contenu et escript..., lequel decin et devis a ceste fin a esté paraphé par les notaires soubscriptz ne varietur ».
Page 49. Dans le marché du 5 juin 1 578 , où Du Cerceau n’avait pas à figurer puisque c’était aux commissaires de faire les marchés avec les entrepreneurs, on lit des réserves faisant allusion à des ordres éventuels de l’architecte telles que a iceux sceller en plom ou ciment, si ainsy est advisé et ordonné, et seront en talut de telle pente qu'il sera advisé et ordonné. »
De ces rapprochements il résulte clairement que longtemps avant la nomination de la commission d'expertise, d’avis et de contrôle, avant même le document le plus ancien, publié par M. de Lasteyrie (7 nov. 1 577), il existait déjà des portraits et modelles que le roy ordonne de présenter de nouveau , projets émanant sans doute de ses architectes à lui.
Si le 24 novembre 1577 et le 19 février1 1578, jour où le roi accepte le projet que l'on peut qualifier de définitif, il n’y a pas de réunion de la commission dont nous trouvions trace, cela pourrait tenir précisément à ce que dans cet intervalle le roi fit élaborer par son architecte le projet qu'il accepta ce jour-là, sur lequel était basé le mémoire soumis le 24 février à la première réunion de la commission d'expertise et sur lequel les membres de cette commission donnent leur avis et qu'ils résument, mais qu’ils ne composent pas. Nous voyons par leur description du projet qui leur était soumis, qu’il comportait : i° la rue qui dans l’isle doit aller vers Notre-Dame; 20 une belle place devant le pont ; 3° un quai pour aller dudit pont au Marché-Neuf, et la commission dit qu'il sera « facile et ayse ».
Si l'on admet que Du Cerceau le père proposait de faire cette belle place dans l'une des îles mêmes, on verra peut-être un point de rapprochement entre notre figure 117 et les conditions du problème telles que l'on pouvait les concevoir dans des projets plus ou moins grandioses.
1. Nous pensons que dans le document page 3q, à la date du 2 février, il faut lire 2 mars.