CHAPITRE X
Cerceau, architecte des bastiments du Roy, estant de la vraye religion, a esté enterré au cimetière du faubourg Saint-Germain par Jehan Guillaume, fossoieur du dit cimetière, où le corps dud. deffunct a esté accompagné par ses amis et archers du guet. »
M. Berty, qui avait déjà publié ce document, page 110, n° 1 de ses Grands Architectes, donne le xvne jour de septembre, au lieu du xvie.
La nouvelle édition de la France protestante, tome 1er, page 246, donne également le xvne jour de septembre (sans doute par erreur 1611); c’est la date que nous retenons pour exacte. Jal nous dit en outre : « J’ai sur Marie un renseignement plus important. Les registres des religionnaires me font voir que le dimanche 18 avril 1627, Élie Bédé, escuier sieur de Fourgeraits, docteur, Régent en la Faculté de médecine de Paris, fils de Jean Bédé, escuier sieur de la Gourmandière, advocat au parlement, espousa « damoiselle Marie Androuet, fille de deffunct Jacques Androuet, virant escuier sieur Du Cerceau, architecte et surintendant des bastimens du Roy, et damoiselle Marie de Malapert (sic) , ses père et mère ».
La France protestante cite, à la Bibliothèque Mazarine, un ouvrage contenant des dessins d’un Du Cerceau, qui, d’après la date, ne saurait être que Jacques II; voici son titre : Plans et dessins de Chantilly, comme étoient le château et parc en iSga, suiuant les desseins leués et faits par Androuet Du Cerceau, architecte du Roy, et mis en ordre avec les vues du château et du parc qui ont été dessinées et grattées en différens tems. In-fol. dédié par le libraire Langlois au prince de Condé. 285 X 443 mill. Sur les plats, les armes royales. Sur le dos, « Veue de Chantilly ».
Ce volume contient trois suites :
i° Les neuf feuilles de dessins en perspective qui seraient de Du Cerceau, lavés à l’encre de Chine, avec toits bleus à teintes dégradées, accompagnés de titres français et latins;
20 Une série de vues gravées;
3° La suite plus petite, gravée, ce dessignée et gravée par Parelle et dédiée au prince de Condé par Langlois ».
La note qui attribue ces dessins à Androuet Du Cerceau étant écrite de la même main que celle qui dit : « dessinées en différens tems et mis en ordre en 1721 », - — ainsi que nous l’avons constaté, — à moins de s’appuyer sur une indication antérieure, enlevée en 1721, — ne saurait donc être une preuve d’exactitude de cette attribution.
JEAN Ie" ANDROUET DU CERCEAU'
(Né ?... mineur en 1602, vivait encore en 1C49.)
Nous donnons, fig. 1 1 8 et 119, d’après d’anciennes estampes, deux vues de l'hôtel de Bretonvilliers, hôtel dont Jean seul peut être l’auteur, étant le seul des Du Cerceau architectes vivant quand il fut érigé. Dans la topographie de Paris, plusieurs estampes représentent ce bel édifice situé à l’extrémité sud de la pointe est de fille Saint-Louis1 2.
Au sujet de l’un des grands travaux de Jean, la construction du Pont-au-Change, M. Berty s’exprime comme suit : « Baptiste Androuet avait jeté les fondations du Pont-Neuf en 1578 : en i63g, son fils Jean entreprit la reconstruction du Pont-au-Change, en compagnie de Denis Land et de Mathurin du Ry. La bibliothèque de l’Arsenal possède un compte des trois associés, depuis 1639 jusqu’en 1642. On y remarque de nombreuses signatures de Jean Androuet dont nous rencontrons le nom pour la dernière fois dans une déclaration foncière qu’il passa le i5 mai 1649, a propos de terrains à lui appartenant, et situés au canton de Clignancourt, près Montmartre. En 1649, Jean Androuet ne pouvait avoir moins de cinquante et quelques années, et en avait vraisemblablement une soixantaine : il approchait du terme de sa carrière. Nous ne savons quand il mourut, et rien ne nous est parvenu relativement à ses héritiers. Il avait bâti, à Paris, un certain nombre d’hôtels importants, entre autres ceux de Sully, de Bretonvilliers et de