‹ Les Du CerceauChapitre 27 sur 230 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

figure i3. Quant à savoir si Du Cerceau a eu, pour s’inspirer, l'estampe italienne elle-même ou bien une reproduction intermédiaire, c'est là une question à laquelle nous ne saurions répondre d’une façon absolue ; nous l’examinerons plus en détail à l’occasion du livre des Moyens Temples , en nous bornant à dire ici que dans le Recueil de dessins originaux, de Fra Giocondo, appartenant à M. Destailleur, et dont

FIG. 14. — CROQUIS DE DU CERCEAU, MEME SUJET QUE LA FIGURE l3.

(Collection de M. Lesoufaché. — Recueil J.)

nous parlerons à l’occasion de ces mêmes temples, nous retrouvonsle même édifice, auquel Fra Giocondo a conservé le fronton en segment de cercle et l’a couronné, au lieu cl’une bordure en forme de festons, d'un ornement de postes descendantes, que nous voyons aussi dans le croquis de Du Cerceau. (Fig. 11.) Dans ce dernier, Androuet a conservé également la formation originale de l’angle du portique au moyen d’un grand pilastre supprimé dans la figure 12, d’après le type créé par Brunellesco au portique des Trovatelli, à Florence, et répété par

Bramante à la Canonica de Saint-Ambroise, à Milan, ainsi que par son maître Luciano da Laurana dans les cours des palais d’Urbin et de Gubbio.

Ici se présente à nous pour la première fois, et à la suite de ces rapprochements, l'occasion de faire une remarque importante et que nous aurons à répéter plus d'une fois — c’est que, dans aucune de ces quatre représentations du même sujet, Du Cerceau ne s’est répété d'une façon identique. 11 semble qu'il ait eu horreur de la copie servile et que, se bornant aux traits généraux de la composition, à chaque nouvelle représentation, il se laissât aller à improviser quelque modification dans les proportions et dans l'ordonnance des détails.

Voici un autre exemple qui montre combien Du Cerceau se sentait libre de tout respect pour la fidélité de reproduction d'un original. La figure i3 donne l’une des compositions du recueil aux cent dessins de l'Anonyme flamand, appartenant à M. Destailleur; composition qui, naturellement, se retrouve parmi le recueil G de M. Foule (fol. 92), avec plus de détails toutefois — et enfin aussi dans le livre de croquis de M. Lesoufaché (fol. 62), sous la forme que montre notre figure 14. 11 est assez piquant, puisqu’en cela Du Cerceau n'a fait tort à personne, de voir les fantaisies auxquelles, dans cette occasion-ci, il a laissé se porter son imagination. Androuet a commencé par supprimer l’atrium qui sépare le temple du portique extérieur, en plantant son temple de Salomon au-dessus des arcades de ce portique ; l’avant-corps du temple se trouve placé sur la grande porte d’entrée extérieure et forme une sorte de tour; des gradins de théâtre entourent le temple et le relient à la terrasse qui couronne le portique extérieur. Ajoutons que les proportions des ordres et des arcades sont meilleures chez Du Cerceau qui, outre qu’il a supprimé les extravagances auxquelles s’était laissé aller son collègue flamand dans les balcons, a donné à ses balustrades la forme de celles qui existent dans le modèle de C. Rocchi pour la cathédrale de Pavie, forme qui revient constamment dans les dessins de Du Cerceau. Ce sont de petites arcades très élancées, séparées par des pilastres.

L exemple que nous allons donner nous fera connaître Jacques

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