FIG. 23. — DESSIN DE DU CERCEAU PLACÉ EN TETE DU RECUEIL N
Troisième manière. (Cabinet des Estampes, à Paris.)
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auteur. Toutes ces pièces ont, outre la fermeté de traits et l’habileté absolue d’exécution, deux signes caractéristiques en commun, savoir : la manière d'ombrer au moyen de hachures obtenues avec le secours de la règle et de l'équerre souvent croisées. Le sens de ces hachures suit invariablement un certain nombre de directions constantes, horizontales, verticales, à 45 degrés venant de droite ou de gauche. Quand il s’agit d’indiquer l’effet d’une teinte adoucie dans certaines ombres portées, ou dans le modelé d’un corps cylindrique, l’écartement des hachures augmente progressivement vers le bord extérieur de l’ombre. En examinant les figures 21, 22, 66, 67, 85, par exemple, le lecteur se familiarisera facilement avec ce procédé caractéristique. Le second signe distinctif consiste dans la manière que Du Cerceau s’est faite pour dessiner la feuille d’acanthe. 11 a acquis une telle habitude, une telle sûreté, qu’il en dessine les contours avec une netteté et une facilité incroyables et les trace en courant, comme on le ferait pour le parafe à la suite d’une signature ou comme le font certains calligraphes dont on voit les enseignes dessinées à la plume. Si la finesse et la sûreté d’exécution peuvent exercer encore ici un certain charme, il faut convenir pourtant que Du Cerceau se laisse aller au « chic » et que si les acanthes aux feuilles de persil sont chez lui un signe d’authenticité, pour en jouir il n’en faut pas trop voir à la fois. Les planches II et III, les figures 76, 5o, 82, 84, 33, montrent différents échantillons de cette manière.
Troisième manière. — Dans la dernière période de la vie de Jacques Androuet Du Cerceau, le système des hachures croisées pour le modelé des parties architectoniques reste le même, mais l’exécution perd graduellement de sa précision, parfois les contours sont dépassés (fig. 26, io5), les ombres deviennent plus uniformes et plus lourdes. L’ornementation perd le cachet Henri II pour faire pressentir non seulement le Louis XIII, mais parfois un style plus avancé encore (fig. 27) ; le dessin de la feuille d’acanthe conserve quelque chose de son persillé, puis finit par s’arrondir d’une manière très prononcée. (Fig. 24, 25 et 104.)