‹ Les Du CerceauChapitre 42 sur 230 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

en 1 5o i à Benedetto Briosco ; 2° ou Du Cerceau a gravé deux projets de Dolcebuono, auteur de la première galerie, ou de Cristoforo Solari (il Gobbo), continuateur de la façade qu’il laissa inachevée, telle que

dite la Grande Chartreuse de Pavie.

nous la voyons encore ; ces deux projets imaginaires auraient eu pour but non seulement de donner au rez-de-chaussée une ordonnance plus architectonique, de remplacer les contreforts a niches par des pilasties

et des colonnes engagées, mais encore de remplacer les merveilleuses et irréprochables fenêtres d'Omodeo par des fenêtres un peu plus pures, il est vrai, au point de vue de l’architecture, mais absolument déplacées. Proposition d'un fou à laquelle personne n'aurait songé à prêter l’oreille; autant aurait valu demander la reconstruction complète de ce rêve non sans défauts, je veux bien, mais incomparable au plus haut degré, proposition d’autant plus inadmissible que ces deux maîtres eux-mêmes n'ont rien tenté pour la réaliser dans les étages supérieurs. 3° Ou enfin — dernière explication — Du Cerceau, tout imbu des principes de l’école qui procède de la dernière manière de Bramante, fut saisi, en présence de cette merveille, du regret, très légitime chez tout architecte de mérite, de voir qu’un parti aussi grandiose ne fût pas lié à une ordonnance plus architectonique basée sur les ordres. C’est ce regret que l'artiste exprime dans les deux compositions qui nous occupent, en employant, dans la première, des formes tenant davantage du style milanais et, dans la seconde, des détails quelque peu plus sévères1. Quant à admettre que les deux vues de la Chartreuse soient des projets antérieurs à l’oeuvre d’Omodeo commencée en 1491, projets que Du Cerceau nous aurait transmis avec des arrangements de sa façon, comme il l’a fait pour un des projets de Bramante pour Saint-Pierre, c’est là une hypothèse qui ne nous paraît pas plausible. Nous savons, il est vrai, qu'il a existé des projets antérieurs*2; le style même, en tenant compte de l’interprétation si libre

1. Les deux différences principales consistent dans la forme des portes au tond du porche et dans le remplacement de la rose par deux fenêtres semblables aux autres de la façade. Quant au troisième étage, manquant à l’édifice actuel, mais que l’on voit sur un projet qui ne peut être que de Dolcebuono, ou, plus probablement encore, de Cristoforo Solari (ce dessin est conservé aux Archives municipales, à Milan), étage formant le couronnement indispensable à ce grand ensemble, nous le voyons formé d’après le même principe dans les deux estampes de Du Cerceau. Rien n’empêche d'admettre qu’il ait vu en Lombardie le modèle de la Chartreuse alors existant, ou des projets comme il y en avait tant en Italie, mais rien non plus n’interdit de penser que Du Cerceau ne l’ait inventé lui-même. Il était si versé dans l’architecture italienne que nous le croyons parfaitement capable, étant donnée la partie exécutée, d’avoir composé un couronnement si juste qu’il se trouvait être d’accord avec les projets primitifs des auteurs mêmes de l’édifice, et à l’appui de cette opinion, rappelons la tète du lit, style François Ier, composé sur la donnée de la Chartreuse de Pavie (voyez la description dans la Bibliographie (re manière, pièces au trait), ainsi que la façade d’église composée par Du Cerceau dans le recueil H, fol. 44, et la « Meta Pii », du recueil de M. Foule, bien que cette dernière ne soit pas de la composition de Du Cerceau.

2. Calvi, A otiçie sulla vita c suite opéré dei principali architetti, ecc., durante il governo dei Vis-

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