FIG. 32. — CHATEAU IDÉAL
Dessin de Du Cerceau. — Recueil N.
composition et le groupement des masses sont les mêmes que dans le château qui se trouve au milieu de notre figure 1 1 5 ; mais les variantes que Du Cerceau y a introduites sont précisément de nature à prouver, de la façon la plus évidente, combien il savait composer en architecte, et comme il se rendait parfaitement compte de ce qu'il fallait changer dans l'exécution d'une même idée appliquée dans des proportions différentes. — Dans la façade 38, par exemple, la composition et les proportions sont d’une correction parfaite.
Dans son Livre pour bâtir aux* champs, sa planche XXXVIII a et b donne une très bonne composition. Les palais 3q et 35 avec de grandes cours et des souvenirs de la cour du Louvre, l’élévation latérale du n° 25, le groupement des pavillons du n° 20, témoignent de capacités architectoniques très réelles. On en peut dire autant de l’édifice dans la 53e leçon de Perspective. Les compositions 56 et 58 de ce traité sont les répétitions des numéros 37 et 23 du Livre pour bâtir aux champs.
Un autre point très important à relever, c'est la méthode observée par Jacques Androuet dans ces compositions. Le maître développe des combinaisons de corps de bâtiments suivant une idée claire et nette, dans un ordre logique, comme le ferait un professeur d’architecture possédant à fond son sujet et les grandes lois fondamentales de
l'architecture.
C'est grâce à ses qualités spéciales d'architecte que Du Cerceau a pu introduire, dans des combinaisons aux variantes aussi bizarres que celles de son château idéal, des éléments d’une valeur très réelle.
(Fig. 1 1 5, dans la figure 3 1 , les pavillons, etc.) Il ne faut pas s'imaginer que Du Cerceau songeât à exécuter toutes ces combinaisons d’un château, pas plus que Léonard de Vinci ne songeait à traduire telle ou telle combinaison bizarre et peu réussie dans son traité des Dômes1. L’un et l’autre poursuivaient le même but, nettement défini : approfondir les lois de la composition et se rendre compte des éléments qui produisent le plus d'effet et de l'ordre dans lequel il faut les grouper
1. Voyez notre travail sur Léonard, architecte, dans les Literary Works of Leonardo da Vinci, par M. J. P. Richter.