‹ Les Du CerceauChapitre 54 sur 230 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

même à travers les interstices de la balustrade, on voit tous les ornements du cadre des fenêtres du soubassement. Du Cerceau nous dit que le Desseing avoit été arresté pour la face de la terrace qui eust été devant le logis neuf, indication de laquelle résulte que ce projet ne fut pas mis à exécution ; on se demande involontairement pourquoi Du Cerceau consacra le plus de soins à une partie qui ne fut pas exécutée, si ce n’était peut-être pour conserver le souvenir d'une œuvre qui lui tenait particulièrement à cœur.

Un troisième point à relever tient au style même de l’architecture de Verneuil^ qui diffère sensiblement de tous les autres édifices représentés dans les deux volumes des Plus excellents bâtiments de France, Charleval excepté. Nous remarquons, en outre, dans la dernière planche citée, exactement les mêmes figures fantastiques accroupies que l’on observe dans notre figure 47, moitié hommes, moitié lévriers, et munies de singulières petites ailes de papillons analogues à celles de danseuses de ballet, que l’on remarque aussi dans la Maison blanche des jardins de Gaillon, figure 40, et chez les cariatides d’une façade décrite parmi les compositions d’architecture. On observe enfin les bizarreries de forme des fenêtres de Tattique dans la dernière planche consacrée à Verneuil, figure 48, où les chambranles sont accompagnés, au lieu de consoles en ailerons, de demi-balustres en forme de vases, dont la forme fait songer aux compositions de Du Cerceau lui-même 1 . Quant aux œils-de-bœuf entre deux Victoires, ils sont bien de la composition d’Androuet.

Mais, outre ces ressemblances particulières, il y en a encore d’autres plus générales avec Charleval, qui distinguent ces deux châteaux des autres édifices représentés dans Les plus excellents bâtiments de France. Ces différences portent sur la fréquence de l’emploi des bossages et des refends, non seulement comme chaînes aux angles des corps de bâtiments, comme par exemple dans le pavillon du Louvre, figure 49, mais comme soubassements entiers, pour pilastres et colonnes, et déjà comme encadrement de fenêtres, pour voussoirs d’arcs et de platesbandes; ensuite sur une certaine prédilection pour l’ordre colossal qui,

1. Un encadrement de porte dans le volume de M. Dutuit, n° 40.

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