CHAPITRE VI gi
Nous croyons devoir le faire d’autant plus qu’un fait d’une autre nature inspire à MM. Guiffrey et Flammermont une opinion analogue. Ce dernier savant a trouvé dans les archives de Chantilly la nature précise de la parenté que l’on savait exister entre le célèbre architecte Salomon de Brosse et les Du Cerceau. Son père Jehan de Brosse avait épousé Julienne Du Cerceau, soeur de Jacques Androuet Ier. Il vint s’établir à Verneuil en 1 568 et y acquit une habitation. « On devine, dit M. Guiffrey, grâce à l’alliance existant entre Du Cerceau et Jean de Brosse, les occupations qui durent retarder ce dernier à Verneuil près d’une des oeuvres les plus célèbres de ses parents les Du Cerceau. M. Flammermont avait aussi fait, de son côté, une observation analogue, car il nous disait dans une note : Comme on ne trouve pas d’autre Brosse et d’autre Androuet, il est probable qu’Androuet Du Cerceau et Jean de Brosse furent chargés de la construction du nouveau château de Verneuil ( récemment édifié, dit le terrier en 1 57 5 — c’est-à-dire vers 1 568) , et fixèrent alors leur demeure dans ce village. Peut-être même Jehan Brosse était-il un élève du célèbre Androuet dont il épousa la sœur1. »
On pourrait, à la vérité, vouloir déduire de ces documents que ce fut Jehan Brosse qui était l’architecte primitif, le créateur des plans du château, et envisager son étroite parenté avec Jacques Androuet Ier comme la cause de l'intérêt avec lequel celui-ci nous a transmis les projets, même abandonnés, pour ce château. Mais cette interprétation ne justifierait ni les paroles adressées par Du Cerceau au duc de Nemours : depuis longtemps vous m'ave{ fait cet honneur que de
présente bien l’aspect général du dessin de Du Cerceau — avec quatre travées de chaque côté dans la galerie basse avec arcades ouvertes au lieu de fenêtres.
Les substructions du château sont tellement recouvertes de broussailles, qu’il est impossible de retrouver autre chose que la disposition quadrangulaire. Des fouilles permettraient peut-être de se rendre compte si la grande salle en terrasse vers la vallée a été exécutée ou non. Elle semble difficile à concilier avec le bâtiment demi-circulaire figure 48, dont on ne retrouve aucune trace et qui pourrait faire partie du premier projet. Par contre, dans le vallon, on voit des traces de canaux et d’étangs qui paraissent correspondre aux dessins de Du Cerceau. D’après une tradition locale que nous avons recueillie en 1886, une partie des pierres sculptées du château aurait été réemployée dans le château de Vilette, sur la route de Flandre, entre Pont-Saint-Maxence et Saint-Martin Longuiau. Un garde qui s’y trouve depuis trente ans l’a entendu dire par les personnes âgées du pays.
1. Notice de M. Charles Read dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de l’Ile-de- France 1882, page i5o.
m’accepter comme vôtre, etc., ni les autres études pour Verneuil ou compositions analogues parmi les œuvres dessinées et gravées de Jacques Androuet, ni surtout l'étroite parenté de l'ajustement du grand ordre du pavillon d’entrée à Verneuil avec celui dans la cour de