FIG. 44. — ÉTUDE DE DU CERCEAU POUR VERNEUIL OU POUR CHAR LE VAL
(Cabinet des Estampes, à Paris. — Recueil N.)
(Cabinet des Estampes, à Paris. — Recueil N.)
de Verneuil. Enfin à la planche XXXVII de son Livre pour bâtir aux champs, on voit une galerie à la Verneuil, et surtout, parmi les Détails d’ordres, petite échelle, une fontaine destinée aux jardins de Verneuil.
6° Da Cerceau, en 1584, alors qu’il dédie au duc de Genevois et Nemours son livre des Édifices antiques romains, adresse à ce seigneur, celui qui précisément était devenu le second propriétaire de Verneuil, les paroles suivantes : « Et d’autant, Monseigneur, que vous êtes un prince qui aimez et entendez parfaitement l’architecture... il m’a semblé que vous adressât et dédiât ce luivre, c’était approprier l'oeuvre à son point : Aussi que des logtemps vous m’are{ fait cet honneur q de m'accepter pour rostre et de m'entretenir par rostre libéralité, qui me fait estimer rostre ce qui proriét de moy. Partât avec toute humilité ie le vous offre et présente, vous suppliant le recevoir de mesme oeil et faveur qu'avez par cy devant fait quelques autres miennes petites inventions. »
Ce n’est certainement pas le fait d’avoir offert au duc de Nemours quelques petites inventions qui pouvait porter Du Cerceau à se considérer comme appartenant depuis longtemps à ce seigneur : il fallait qu'il y eût d'autres raisons; le fait d’avoir été et d’être l’architecte de son château de Verneuil l’expliquerait beaucoup mieux. N’oublions pas enfin un dernier rapprochement. Le duc de Nemours avait épousé Anne d'Este, veuve de François de Guise, et fille de Renée de France. Celle-ci, retirée à Montargis, était aussi la protectrice de Du Cerceau, qui non seulement lui dédia, en 1 566, son livre des grandes Grotesques, mais qui fut son architecte à Montargis, ainsi que cela ressort, on l’a vu, d’un passage de Du Cerceau à l’occasion du château de Villers-Coterets. Sans vouloir attacher trop d’importance à ce dernier rapprochement, on pourrait néanmoins y retrouver un élément qui avait pu à un moment donné exercer une certaine influence.
Cet ensemble de faits crée déjà en faveur de Jacques Androuet Du Cerceau l’Ancien, comme architecte primitif du château de Verneuil, une telle présomption, qu'il faudrait l’adopter comme établie, sinon avec une certitude absolue, du moins jusqu’à preuves positives du contraire1.
1. Israël Silvestre, auquel on ne peut pas toujours se fier au point de vue de la fidelité du dessin, représente le pavillon d'entrée en forme de croix avec un petit ordre et un attique portant des frontons demi-circulaires, mais Silvestre n’indique non plus que deux travées dans la galerie basse, et une fenêtre par étage dans les pavillons, tandis que dans une vue des ruines du château dessinée par Dupont, dans un recueil dirigé par Née (au Cabinet des Estampes, Topographie de France ), on en voit bien deux comme chez Du Cerceau.
Dans la Veue et perspective du château de Verneule faite par Aveline en i6ga, le pavillon d’entrée