CHAPITRE VI
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dans d’autres formes celles du passage dont il a été question ci-dessus. Il est évident que nous sommes en présence d’un projet pour la porte d’entrée principale de la nouvelle cour du Louvre, qui devait se trouver au milieu du quatrième côté de la cour, regardant la rue d’Autriche et Saint- Germain -l’Auxerrois, et reliée aux ailes latérales par des galeries plus basses, ainsi que cela se voyait dans tous les nouveaux châteaux construits à cette époque. Le dessin est-il une composition de Du Cerceau, ou bien est-ce celle d’un autre architecte reproduite par Du Cerceau pour être gravée ? La première hypothèse paraît plus vraisemblable, à cause de la grandeur variable des statues projetées pour le premier étage et qui semble dénoter quelque hésitation de la part du dessinateur.
Quand on rapproche d’une part le fait que Jacques Androuet portait le titre d’architecte du roi, et que successivement deux de ses fils et un petit-fils remplirent aussi ces fonctions dans les travaux du Louvre, de l'habitude si fréquente à cette époque de voir les fils succéder aux fonctions de leur père, il ne semble que tout naturel de penser que leur père ait été occupé, lui aussi, à un certain moment, aux travaux de ce palais. Le dessin que nous publions et interprétons ici pour la première fois semble en être un indice important, que confirme la fidélité de caractère avec laquelle sont traitées les gravures consacrées au Louvre et qui semblent dénoter de la part de leur auteur une connaissance très approfondie, comme celle qui résulterait d’une participation aux travaux d’exécution. Le fait de ne pas trouver le nom de Jacques l’Ancien dans les Comptes des Bâtiments du Roi ne signifie absolument rien, car nous n’en possédons que des fragments. L’ensemble ne commence à devenir complet que vers le règne de Louis XIV.
Nous ne pouvons nous empêcher de présenter enfin ici quelques réflexions que nous inspire l’édifice si curieux élevé par le cardinal de Bourbon à l’extrémité des jardins de Caillon au Lidieu, et nommé la Maison blanche. La fantaisie et l’originalité de la disposition, l’analogie de certaines formes nous font songer à une création de Du Cerceau1.
i. Comparez aussi les gaines et les chimères à ailes de papillons dans les figures 40, 46, 47, avec les gaines et fenêtres de la 2° des Compositions d'architecture , et enfin l’esprit de cette composition avec celui de tant de dessins des recueils de Du Cerceau.
Androuet, sur les sept planches du château de Gaillon, en consacre trois, les plus détaillées, à cette oeuvre de dimensions si restreintes; la complaisance avec laquelle il décrit les travaux que fait faire à ce moment le cardinal de Bourbon, les réflexions sur ce que l'on pourrait y faire, le fait de trouver répété deux fois dans des ouvrages de Du Cerceau un même pavillon aux formes assez analogues1, semblent accorder à notre hypothèse une certaine vraisemblance. D'après M. Palustre2, ce ne serait en aucun cas avant i56o que le cardinal de Bourbon aurait entrepris cette construction ; peut-être même aurait-elle été érigée en vue des fêtes données à Charles IX et à Catherine de Médicis durant l'automne de 1 566. Quoi qu'il en soit, nous nous bornons à signaler ces rapprochements de style, ne voulant pas aller au delà d'une simple hypothèse.
1. Dans la cinquante-huitième leçon de perspective et dans le Livre pour bâtir aux champs, composition 23.