CHAPITRE VII
également dans le recueil de Gérard de Jode, dont la ligure 5 i reproduit un exemple 1 . D'autres compositions sont répétées parmi les croquis du volume J, chez M. Lesoufaché, par exemple : 74 (25), 20 (18), 42 (41), 22 (93), 48 (1 1), 60 (77), 14 (17).
Trois de ces compositions se retrouvent dans un recueil gravé que nous avons vu chez M. Destailleur et qui paraît être de l’époque de Vredeman de Vries. Ce sont les numéros 28, 64, 8 1 .
Vingt-trois autres compositions se retrouvent dans un des deux volumes possédés par M. Destailleur et dans lesquels nous avons reconnu avec une entière certitude la main du célèbre Fra Giocondo, de Vérone. Celui des deux volumes qui les contient, d’après une notice du temps, « fu di Andrea Palladio », c'est-à-dire appartint à cet architecte illustre; et comme dans quatre des feuillets nous avons reconnu la main de son élève Scamozzi, on peut y voir une confirmation de cette notice. Notre figure 3o donne un de ces croquis. Fra Giocondo, ayant résidé en France depuis 1495 environ jusqu’au concours pour la réédilication de Saint-Pierre, auquel il fut appelé à prendre part, en 1 5o5, ne put dessiner cette série qu’après son retour en Italie, car elle contient le temple de Bramante à San Pietro in Montorio, achevé en i5o2 seulement, à moins d’admettre qu’il ne la copia lui-même d’après l’album de quelque Italien venu en France entre les années i5o2 et i5o5. Un fait ressort avec la dernière évidence des croquis mêmes de Fra Giocondo et de la manière dont ils sont dessinés, c’est qu’il ne les a pas composés pour ce recueil, mais copiés soit d’après les dessins faits par lui dans un autre recueil, soit d’après les dessins d'un autre artiste. Plusieurs circonstances nous font penser que c’est cette dernière hypothèse qu’il faut admettre; c'est d’abord la perspective un peu gênée de quelques-uns de ce s croquis, par exemple, dans le tempietto de Bramante et dans le monument romain de Saint-Rémy en Provence, ensuite la représentation de certains portiques avec des entrecolonnements impossibles pour leurs entablements2. Or, Fra Giocondo était non seulement, avec Bramante et Léonard de Vinci, le premier architecte et ingénieur de son époque, mais un dessinateur de premier ordre, ainsi que nous avons pu le démontrer dans une autre circonstance3. Il nous parait probable que Fra Giocondo vit cette série dans l’album d’un autre, en fut frappé pour les mêmes raisons qui font qu’elle nous intéresse encore aujourd’hui, et la copia le plus rapidement possible sans se donner la peine de rien y changer, en profitant des pages restées vides de l’un de ses calepins contenant une nombreuse collection de détails d’ordres antiques; on voit par la manière de dessiner que ceux-ci ont été exécutés plusieurs années avant la série qui nous intéresse, car Fra Giocondo, mort à quatrevingts ans révolus, en 1 5 1 5 , avait soixante-dix ans environ quand il exécuta cette dernière série.