Voyez Pièces justificatives
2. Le fait que tel portique qui devrait être porté par quatre ou six colonnes n’en montre qu’une seule à chaque angle pourrait s’expliquer par cette circonstance que Fra Giocondo se serait fait une manière rapide de représenter les compositions en indiquant toutes les parties extrêmes des portiques, mais sans répéter les colonnes dans les portiques, sauf aux angles.
T Cento disegni di Fra Giocondo , etc.
Un fait est absolument certain : c’est que le Flamand, auteur du recueil de M. Destailleur, et Du Cerceau ont copié tous deux les sujets communs à ces trois recueils soit d’après les croquis de Fra Giocondo, soit d’après le recueil primitif copié à son tour par le grand architecte véronais, auteur principal du pont Notre- Dame, à Paris. La manière dont sont reproduites dans les trois suites les mêmes maladresses à l’occasion du monument de Saint- Rémy et du tempietto de Bramante, la vue latérale d’un projet pour Saint-Pierre, n° q3, en sont une preuve irréfutable.
Voici la liste des sujets communs; le premier numéro indique le numéro du feuillet du volume de M. Foule, le deuxième, entre parenthèses, le numéro du recueil de Fra Giocondo chez M. Destailleur.
i ( 1 20) , 3 (3p), 10 (129), 1 3 (49), 1 5 ( 1 16), 19? (n 5), 21 ( 1 3 o) , 34 ? ( 1 17), 35 (36), 41 (124:, 5o (119), 54 (121), 57 (41), 59 (5o), 62 (128), 73 (38), 81 ( 1 18), 84 (42), 85 (44), 86 (126), 88 (iov), 93 (43), 94 (48), 99 (89).
Ceux des croquis de Fra Giocondo qui ne se trouvent pas dans le recueil de M. Foule se rencontrent dans d’autres séries de Du Cerceau, qui les a toutes reproduites une ou plusieurs fois. Nous aurons l'occasion d’en citer quelques exemples en parlant du volume J.
Encore quelques mots avant d’en finir avec ce recueil.
Le croquis de Fra Giocondo, fol. i3o, représente une grande cour aboutissant à une loggia; au milieu de la cour quatre escaliers descendent vers une fontaine au-dessus de laquelle s’élève un pavillon ou tabernacle sur quatre colonnes portant des arcs surmontés d’une pyramide; le mot principal de la légende est illisible « fonte di cefi ? (ou cepii?) ï borgogna ; Du Cerceau et le Flamand donnent à ce sujet la désignation : Portions cum Fonte apud Sequanos; dans le volume F, fol. 78, Androuet la désigne comme fontaine du château de Dijon, et dans le volume H, fol. 3v., il dit : « Ceste ordonnance est dedans le chasteau de Digon. »
Grâce à une circonstance heureuse, nous pouvons remonter, pour un petit nombre de ces compositions, à une source un peu plus reculée et du plus grand intérêt. Nous avons décrit, parmi les projets primitifs pour Saint-Pierre de Rome1, un feuillet isolé du Musée des Offices à Florence, couvert des deux côtés de petits croquis de la grandeur environ des miniatures de Du Cerceau dans le volume de M. Foule qui nous occupe.
Lorsque, pour la première fois, nous vîmes le recueil de Fra Giocondo chez M. Destailleur, et le volume de Du Cerceau chez M. Foule, nous reconnûmes plusieurs des compositions de ces séries comme se trouvant sur ce feuillet des Uffizi. Celui-ci, avant nos recherches, était attribué à Peruzzi, mais comme, outre le clocher pour Saint-Pierre, le même qui se voit dans les figures 3 et 4, plusieurs autres de ces idées se rapportent évidemment à Saint-Pierre et n’étaient possibles que dans les années i5o3 ou i5o5, c’est-à-dire avant le projet définitif de Bramante, que, de plus, le trait avait la plus grande analogie avec ceux de ce maître, nous n’hésitâmes pas à lui attribuer ce feuillet.
1. Les Projets primitifs pour Saint-Pierre, etc., n°s 7 et 7 bis, pages 142-143.