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CHAPITRE VII

Toutefois, depuis que nous avons retrouve' ces compositions dans les deux recueils cités, nous avons été frappé du fait que, de toutes ces compositions, une moitié seulement était représentée accompagnée de l’axe afin de montrer que les deux moitiés étaient symétriques. Pour ces raisons, et à cause de la petite échelle des croquis qui, dans ce cas, ne permet pas de se prononcer avec une sûreté aussi absolue que dans les autres, nous croyons devoir admettre encore une autre possibilité, savoir que nous eussions une copie d’après des compositions de Bramante ; si, au contraire, une étude renouvelée montrait qu’il en était l’auteur, peut-être faudrait-il supposer que, dans plusieurs de ces croquis, sauf la tour, il ait retracé des propositions de projets antérieurs aux siens, ce qui nous ferait peut-être remonter au temps des projets de Rossellino et d’Alberti, sous Nicolas V.

Quoi qu’il en soit, voici les croquis de Fra Giocondo et de Du Cerceau que nous retrouvons sur ce feuillet et les noms sous lesquels ils figurent chez Du Cerceau :

« Aedes Matris Deum, 99. Templum Dianee, q3. Templum Apollinis, 19 ou 3q. Arcus Constantinopolitanus, 62. »

Les compositions que nous retrouvons chez Du Cerceau et chez l’anonyme flamand seuls sont : «Templum Minervæ, 101. Templum salutis, 33 — et Sepultura Numae, 78. La Meta Pii, 80. »

Cette dernière composition représente une façade d’église dans le genre de la Chartreuse de Pavie ; à la section de la nef correspond une grande arcade et, dans l’axe de l’édifice, se dresse un obélisque, ainsi que le projetait déjà Nicolas V. Dans le croquis des Uffizi, une moitié de cette façade seule est donnée ; l’autre moitié représente la vue postérieure du monument.

Voici enfin quelques-unes des compositions du recueil G qui se retrouvent dans le recueil J de M. Lesoufaché.

20 (18) ; 42 (41) ; 22 (93) ; 5i (63) ; notre figure 69, recueil J, fol. 70; 48 (1 1).

Ce volume renferme aussi quelques compositions telles que la Domus Cœsaris Bruxellensis , avec des jardins s’étendant au loin, le long d’une rivière, près de son embouchure, la cité antique du Péloponèse, etc., au sujet desquelles nous ne saurions donner aucune explication. Quelques autres vues se rapprochent de celles des Vues d’optique.

Telles sont les principales observations auxquelles donne lieu ce charmant petit volume, sans doute destiné par Du Cerceau à être offert à quelque princesse dont il voulait se concilier la protection.

Volume H. — Collection de M. Destailleur, à Paris. Fig. 9, 52 et pi. IL Reliure maroquin bleu ; au dos : « Dessein d’archite ». Intérieur des plats et garde en soie rouge. Vélin doré sur tranches, format oblong : 260 millim. sur 179 de haut, 5 7 dessins sur 60 feuilles. Vente Hamilton, ancienne collection Beckford.

D’un bout à l’autre les dessins de ce volume sont exécutés avec le plus grand soin, au

tire-ligne et au compas et lavés à l’encre de Chine ; la beauté du vélin semble avoir poussé Du Cerceau à déployer toute son habileté d’exécution dans le modelé des surfaces et à rendre, de la sorte, ce recueil l'un des plus remarquables de tous.

Plusieurs des compositions symétriques, dont il ne donne ailleurs qu’une moitié, sont reproduites ici en entier et font mieux comprendre l’intérêt qui, parfois, s’y rattache, soit pour elles-mêmes, soit comme renseignements sur des oeuvres de grands maîtres italiens dont ils reflètent la pensée ; car, en considérant l’ensemble de l’œuvre de l’architecture de la Renaissance française, on peut affirmer de la façon la plus absolue que plusieurs de ces compositions remontent à des origines italiennes. Ainsi, par exemple, en voyant le folio 4, qui reproduit l’église dont notre figure 95 montre une moitié, et que Du Cerceau a reproduite plusieurs fois, à la plume ou à la pointe, avons-nous bien de la peine à ne pas croire qu’Androuet ait songé à quelque projet de Fra Giocondo, soit pour Saint-Pierre, soit pour San Yittore al Corpo, à Milan. De même, fol. igv, rendu du croquis du volume J, fol. 25. Son ordonnance du temple d’Isis, gravé aussi dans les Moyens Temples , trahit des réminiscences des projets pour Saint-Pierre de Rome.

Dans la façade de palais, fol. 8, Du Cerceau a ajouté les fenêtres d’un deuxième étage, trop grandes, sur deux étages inférieurs, très bien proportionnées dans la manière de Peruzzi. Les compositions, fol. 6, et celles qui occupent les feuilles i3v et 14, sont entièrement de Du Cerceau ; la première est une variante heureuse de notre figure 16. Comparée à cette dernière et aux différentes idées qui s’y rattachent, on en retire la conviction absolue que Du Cerceau était réellement architecte et comprenait à fond toutes les règles de composition de cet art. Les parties entre les trois avant-corps sont composées de deux loges superposées de trois arcades chacune, et, grâce à la retraite du premier étage des avant-corps, Du Cerceau a pu donner aux angles de ces loges un caractère de fermeté très approprié à la circonstance. Le second dessin représente les deux étages inférieurs de la même figure 16 ; Du Cerceau a cherché à en améliorer l’ordonnance par d’autres dispositions de détail. Une des représentations les plus singulières est la Sépulture de Saut Thomas aulx Indes. Sur un soubassement carré en forme de piédestal sans ressauts, se dressent quatre colonnes carrées portant un entablement avec frontons, surmonté d’un dôme demicirculaire avec sa lanterne également à dôme de même forme. Ce tabernacle abrite entre les piliers un sarcophage qui a son soubassement, un nu vertical, sa corniche et un couvercle bombé.

Parmi les compositions de haute fantaisie citons la première : un grand arc à quatre faces, avec tours rondes aux angles, surmonté de frontons et d’un dôme central; nous la retrouvons plus riche dans les détails, volume I, folio 17, et tout cela intitulé : « pour un chasteau ».

La sépulture 1 1 v se retrouve volume J, 25, sans figures et sans têtes dans les oves. Voyez figure 53.

La composition 3o montre un portique à arcades groupées deux par deux sous un arc commun, et percé de deux grandes entrées sous des voûtes en berceau introduisant

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