V. Feuilles 47-48. Chandeliers
Dans l’ornementation de ces vases on ne rencontre guère de « moresques » ni de cartouches, comme cela est le cas dans les vases gravés. Quant à ce premier groupe, ce sont, dans 19 cas sur 23, des guirlandes suspendues à des masques, une fois même des têtes dans des médaillons avec des anneaux suspendus comme chez Enéas Vico. Les manches composés de motifs d’enroulements, de cornes d’abondance, d’animaux
fantastiques. Comme boutons des couvercles, tantôt un culot en forme de bouton à demi fermé, tantôt une boule, et dans un cas un guerrier avec bouclier et lance. D’après le caractère du groupe III, M. Lichtwark croit devoir admettre une corrélation entre cette série et une première suite1 2 de coupes gravées par Virgile Solis, et cela surtout à cause des formes du pied d’une de ces coupes où l'on voit les têtes d’hippocampes; le contenu présente de l’analogie avec celui de la Krotero graphie du maître de i 55 i .
Dans le groupe IV, trois des pieds et l’exubérance de l’ornementation trahiraient aussi quelque influence allemande.
Malgré ces influences, M. Lichtwark admet partout l’invention aussi bien que le caractère français dans la silhouette et les profils.
L’acanthe a le type de la seconde manière, comme dans nos figures 5o et 82, qui, toutefois, peut apparaître déjà à la fin de la première.
D’après des calques de quelques fragments caractéristiques, il nous semble que ce recueil a dû être fait la même année, en quelque sorte, que le recueil K, tant les cygnes ailés terminés en rinceaux sont identiques à ceux de nos figures 84 et 5q. Les pieds de coupes rappellent quelques-uns de ceux du même recueil, et quant aux têtes d’hippocampes, nous les rencontrons, il est vrai, dans la figure 5q, mais à chaque instant aussi dans les pièces au trait, à partir de i5 3q, de même que les têtes d’anges au front développé.
Vouloir admettre, avec quelques personnes, que ce recueil ait été fait pour Marie Stuart, parce que les armes d’Angleterre sont écartelées avec les fleurs de lis de France, est absolument impossible. Jamais, en 1 5 5 8 , année du mariage de Marie, Du Cerceau n’aurait conservé la souplesse de main inouïe que l’on voit dans ces deux derniers recueils.
On peut admettre, par contre, que Du Cerceau a ajouté postérieurement les armes d’Angleterre à un recueil dessiné par lui au moins quinze ans plus tôt, au moment de l’offrir soit à François II ou à sa femme Marie Stuart3. Telle est l’interprétation la plus naturelle, à première vue, à la présence des armes d’Angleterre, interprétation trouvée par M. Destailleur après la publication de son étude sur Du Cerceau, dans laquelle il appliquait ces armes- à Henri VIII. Si toutefois il venait à être prouvé que les armes n’ont pas été dessinées après le recueil, c’est bien à ce dernier roi, tout au plus à Edouard VI, que ces armes se rapporteraient. Les armoiries dessinées par Du Cerceau, en tête du recueil, sont celles de tout roi d'Angleterre postérieur à la guerre de Cent Ans et antérieur au présent siècle; savoir, les armes