INTRODUCTION. LXXVII
entrée en fonctions de gouverneur des États de la duchesse de Brabant ; ces recettes et ces dépenses vont depuis la fin du quatorzième siècle et se poursuivent jusqu'au delà de l'époque qui m'intéresse. J'ajoute à ces séries importantes les comptes des officiers de justice pour tout ce qui date du quinzième siècle et qrû concerne les pays de Bourgogne, les comptes des monnaies 1 et des bâtiments 2 ; enfin , et c'est là que les ressources devront être les plus grandes, les comptes des abbayes , couvents , églises 3 et les comptes des villes, qui étaient obligées d'envoyer copie de leurs actes administratifs à la chambre des comptes \
1 L'abbé Ghesquiere a déjà exploré ces comptes et on trouve le résultat de ses recherches dans un Mémoire sur trois points intéressants de Vhistoire des Pays-Bas. Bruxelles, in-8°, 1786.
2 Je ne mentionne pas la longue série des comptes particuliers des domaines Nos 3575 à 12058. Ils offrent peu d'intérêt dans le cercle que je parcours, et il faudrait avoir épuisé toutes les autres veines de cette mine pour y recourir. J'excepte toutefois les comptes des domaines de la ville et province de Malines N°» 11610 à 11614. On trouve aussi dans ces comptes quelques renseignements sur les réfections des hôtels des comtes de Flandres, à Mâle, à Ypres, à Bruges, etc. ; mais sous ce rapport Bruxelles est bien pauvre comparé à Lille.
3 J'ai trouvé toute cette p* Me des archives en 1847 dans son état primitif, c'est-à-dire en liasses, .sais sans inventaire ni classement. On peut espérer beaucoup d'un dépouillement méthodique.
4 Ces comptes sont précieux lorsque les originaux manquent dans les villes, et ce n'est malheureusement que trop fréquent. Les comptes particuliers de la ville de Bruxelles ont été déjà l'objet de recherches fructueuses. M. A. Wauters nous a donné, dans le Messager des Arts, une description historique fort bien faite de la Maison au pain sur le grand marché de Bruxelles; et il a puisé dans ces comptes de curieux détails sur une contestation qui s'éleva en juillet 1405, à l'occasion de la reconstruction de ces halles. Il s'agissait de taxer le prix des ouvrages et on consulta Louis van den Broec, Pierre die Stoete, Henri die Molensleger et Daem ou Adam Steenberch, jurés du métier des
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Les Archives de Bruxelles sont très-riches dans cette classe de documents, on n'y compte pas moins de cinquante mille registres de comptes préservés , par une exception bien rare , de la grande destruction qu'ordonnèrent les arrêtés républicains1.
L'appel au zèle de l'érudition locale doit être ici d'autant plus énergique, que la tâche est plus difficile et, si je me fie à mes appréciations, plus ingrate. En effet , je crois qu'un dépouillement suivi produira les renseignements les plus curieux et les découvertes les moins attendues ; mais combien de journées passées dans l'aride lecture de nomenclatures sans intérêt ! Je ne pouvais songer à entreprendre un semblable travail; je me suis contenté d'une
menuisiers; Guillaume van den Broecke, maistre ouvrier de la ville ; Godefroy den Motlensleger, Henry van Duysbourg, Pierre van Berenberge, Henri van Boegaerden, Jean den Cance et autres menuisiers; Jean van Boutsfort, Jean Pauwels, Pierre van der Meeren et Jean van Wittersies, jurés maçons; Jean Bornoy, maistre ouvrier juré, probablement l'architecte.
1 Le ministre des finances, Robert Lindet, ordonnait de mettre au rebut, c'est-à-dire de détruire, tous les comptes antérieurs aux trente dernières années , avec cette restriction : Quant aux comptes des grands établissements, tels que villes, provinces, etc., il en doit être conservé cinq par chaque siècle, un de vingt en vingt années. Il voulait laisser une preuve de sa barbarie. Les sieurs Brion et Toifs, préposés au triage, écrivirent au ministre, en date du 5 prairial an VII, pour s'opposer à cette destruction, aussi fatale pour les lettres qu'elle était peu productive pour la république; ils disaient :
Nous avons considéré le peu de profit que la république recueillera actuellement de la vente de ces registres et par contre le bon état dans lequel ils se trouvent, ainsi que l'utilité dont ils sont susceptibles. D'après toutes ces considérations , nous avons cru qu'il était de la prudence autant que de notre devoir d'en conserver provisoirement la totalité.
Cette résistance des érudits n'a rien d'extraordinaire, mais on ne voit pas sans surprise le ministre admettre les objections et revenir sur des ordres barbares.
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revue sommaire, me réservant de venir étudier à loisir les parties qui m'ont semblé le mieux cadrer avec mes recherches. Je puis, dès à présent, indiquer, comme rentrant dans mon travail , la publication du compte dressé par Fastre Hollet, pour toutes les dépenses faites en 1468, à l'occasion du mariage de Charles le Téméraire1. Ces noces furent célébrées au mois de juillet, à Bruges2, avec une magnificence
1 Le n° 1941 de mes extraits montre le duc Charles visitant ces travaux et donnant quelques gratifications aux ouvriers. Un registre spécial étant réservé et un receveur particulier assigné aux dépenses, il est naturel qu'il n'en soit pas autrement fait mention dans les comptes de la recette générale.
2 Voici le titre de ce compte, qui poite sur l'inventaire le n° 1795.
Compte de Fastre Hollet, contreroleur de la despense ordinaire de l'ostel de mon très redoubté seigneur, MS le duc de Bourgongne et de Brabant, et par icellui seigneur commis à la conduite des ouvraiges qv.'il a ordonné d'estre fais en sa ville de Bruges, pour y tenir la feste de la Thoison d'or et la feste et solempnité de ses noepces ; commençant ce dit compte le second jour de mars l'an mil cccc lxvii , et finissant le Xlïïl jour de septembre l'an mil tccc lxviii en suivant.
Tous les artistes, tous les ouvriers et jusqu'aux manœuvres qui les aidaient sont enregistrés avec soin. Je citerai ce passage :
Aux dits maistre Anthoine Gossins, maistre charpentier, et maistre Mikiel Goetgoebeur, maistre machon , paie le XVI jour de juillet la somme de sept livres pour leur despens d'avoir esté de la dite ville de Bruges en la ville de Bruxelles — pour auoir conseil et advis sur le fait de une grant salle qu'on a depuis fait en l'ostel de MdS au dit Bruges. — Et aussi pour auoir apporté et baillié la pourtraiture de la dite salle vu 1. mi s.