OUVRAIGES DE VOIRIEUES FAIS AUDIT HOSTEL DE MS
A Jehan Lombart , voirier , demourant en la ville de Bruges , — pour voirre de France.
A Katherine , vesue de feu Anlhoine de Ringle, voirier, — pour voirure blanc françois.
A Vincent Hack, pour des grants chandelliers à miroirs.
Le plus grand nombre des ouvriers et des artistes travaillaient en extra à cette besogne hative, aussi étaient-ils appelés de loin. Nous avons un autre exemple de ces impromptus artistiques à mettre en pendant, c'est le banquet de Lille et ses entremets en 1454 (nr» 1533 à 1576 de mes extraits). Olivier de la Marche sera toujours l'historiographe privilégié de ces fêtes ; mais on découvre chaque jour de nouveaux témoins, narrateurs empressés, de ces brillantes solennités. M. le chanoine de Ram a éveillé l'attention sur une description de ce genre con-
INTRODUCTION
dont les chroniqueurs ont été les témoins et les fidèles narrateurs, mais qu'il appartenait à un comptable seul, de décrire avec cette minutie. L'histoire des arts, dans les Pays-Bas, n'a pas beaucoup de documents de cet intérêt. Je publierai celui-ci en entier.
La ville de Bruxelles possède , en dehors des Archives générales du royaume, ses propres archives; elles ont déjà fourni d'utiles ressources à l'histoire locale et des lumières inattendues sur plusieurs points obscurs de l'histoire des arts 1 .
tenue dans un manuscrit (n° 787) de la bibliothèque de van Hulthem; elle n'ajoute qu'un témoignage de plus à ce que nous savions. L'auteur semble émerveillé surtout de la fontaine de maistre Jehan Stalkin: fons mmfi.ce elaboratus. Olivier de la Marche qualifie ce moult subtil homme du titre de chanoine de Sainct Pierre de l'Isle. Mes extraits le nomment : Scalken, varlet de chambre de MS (n° 1574).
Quant au compte de Fastre Hollet, il n'est pas entièrement inédit. Déjà M. le baron de Reiffenberg en a fait usage dans son édition des Ducs de Bourgogne de M. de Barante. Avec ce goût pour les arts qui perce jusque dans ses travaux les plus arides, il avait compris l'importance de ce document; mais il n'a pu en donner que l'analyse. Nous pensons que l'histoire de l'art doit le posséder dans son intégrité et dans sa rédaction première. J'en extrais et on trouvera dans les tables provisoires de ce volume tous les noms des artistes dont les comptes de Lille ne font pas mention.
1 M. Alphonse Wauters en est l'archiviste, et il y a déjà puisé une intéressante histoire de la ville de Bruxelles. Il a trouvé, dans les registres des résolutions du magistrat, des indications neuves et importantes concernant le peintre Roger van der Weyden, ce grand élève des van Eyck. D'après ce document, le célèbre artiste, plus connu des historiens modernes sous la désignation de Roger de Bruges, aurait été attaché, dès 1434 , à la ville, à titre de peintre, occupé spécialement à la décoration de la portion nouvellement bâtie de l'hôtel de ville. Il était payé en nature, c'est-à-dire en gratification de pièces de drap pour se vêtir, et à la tâche selon les travaux. En 1436, par mesure d'économie, on décida la suppression de sa charge, mais à sa mort seulement : Item dut men na meester Rogiers doet gheenen anderen scilder aennemen en sal (voir Het roodt Statuet Boec). Et en effet, il était
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