‹ Les ducs de BourgogneChapitre 21 sur 164 · ARCHIVES DE BRUGES · texte numérisé non relu

ARCHIVES DE BRUGES

Un érudit patient et zélé, M. Scourion, a rendu facile l'exploration des archives de Bruges, mais il serait à désirer qu'on publiât le résumé de ses recherches et le dépouillement méthodique auquel il a soumis la belle suite des comptes de la ville , rédigés d'abord en latin, puis en flamand et conservés, sauf quelques lacunes, depuis 1284 jusque bien au delà de l'époque qui nous intéresse. M. van Praet doit aux communications obligeantes de M. Scourion, les

INTRODUCTION

renseignements qui font la partie intéressante de sa notice sur Colart Mansion ; il les avait extraits du registre des dépenses de la confrérie des imprimeurs , qui va de Tannée 1 454 à Tannée 1 523. Ce document demande une analyse régulière plus complète 1 .

Les fonctions de bibliothécaire de la ville prescrivaient à M. Scourion la rédaction du catalogue des 536 manuscrits qui formaient la collection placée sous sa garde. Des renseignements précieux pour Thistoire des arts2 furent le résultat de ce travail,

' Voici comment M. Scourion parlait de ce registre :

« Le plus grand nombre des manuscrits de la Bibliothèque de Bruges proviennent de la ci-devant abbaye des Dunes ; un des plus précieux , écrit sur papier, est le recueil des comptes de la confrérie dite de Saint Jean l'Evangéliste, à Bruges, dont les membres étaient des écrivains , des copistes de livres , des enlumineurs , imprimeurs, etc., etc. Le premier de ces comptes est de 1454 et le dernier de 1523. On voit par celui de 1456 à 1457 , au folio 13 verso , qu'avant la publication du fameux Psalmorum codex, de Mayence, le premier livre imprimé qui ait paru avec date certaine, qu'il y avait déjà à Bruges, et parmi les membre! de ladite confrérie, une famille dont le nom patronymique était De Prinlere, c'est à-dire l'imprimeur.»

Je dois à l'obligeance de M. l'abbé Carton communication de la liste des enlumineurs qui figurent dans ce registre. J'ai réparti ces noms dans mes tables. 11 eût été sans utilité, après les excellents travaux de M. van den Meersch (Messager des Arts, 1846 à 48), de traiter d'une manière superficielle le développement de l'imprimerie dans les Pays- Bas et l'émigration active des imprimeurs belges dans toute l'Europe; le faire d'une manière approfondie, c'était ajouter deux volumes à cette publication. Je m'en suis tenu aux origines, et pour rémunération comme pour la discussion des monuments de l'imprimerie je n'ai pas dépassé l'année 1454. On trouvera dans mes tables les noms des imprimeurs qui ont exercé leur art, soit dans les Pays-Bas, soit à l'étranger, arant 1482; c'est aussi là qu'il faudra chercher les graveurs qui nous ont laissé leurs noms, en attendant que nous retrouvions les nombreux anonymes dans les registres de la corporation des orfèvres, que plusieurs villes ont conservés, et l'explication de leurs monogrammes au moyen des planches de cuivre sur lesquelles ils venaient frapper leurs marques.

2 Je cite l'article suivant de son catalogue : Un cahier en papier d'une loterie tirée à Bruges en 1445 et dans laquelle a. mis la veuve de Jean van Eyck : De wed Jans van Eyck.

INTRODUCTION

comme pour prouver aux érudits consciencieux qu'il n'y en a pas de tellement aride qu'il ne porte sa récompense. La mort a mis un terme à son assiduité. Il laissait à explorer les archives ecclésiastiques de ces églises et de ces hôpitaux devenus les musées de Fart flamand, après avoir été les refuges hospitaliers de ces artistes aussi célèbres aujourd'hui qu'ils étaient modestes alors. Je me demandais et j'étais décidé à examiner par moi-même s'il n'était resté aucune trace des payements, si minimes qu'ils fussent, de tous ces chefs-d'œuvre. Je voulais m'assurer que ces établissements vénérables et par leur mission et par leur ancienneté , n'avaient pas détruit ou laissé perdre les plus beaux titres de gloire de leur passé. M. l'abbé Carton m'a évité cette peine, il m'a privé aussi du mérite de ces recherches. Lui et son ami M. Stoop l,

I M. Stoop a trouvé, dans les comptes de la cathédrale de Bruges, la preuve que Jean van Eyck acheta en 1430, d'un sieur Jean van Milauen, une maison située à Bruges, au Torre Briigsken, et qu'il paya à l'église pendant onze ans, de 1430 à 1441, une rente de 30 shelen hypothéquée sur cette maison. Sa veuve continua à servir cette rente de 1441 à 1443 ; dans cette dernière année elle vendit la maison à Herman Reysseburch.

COMPUTATIO JOANNIS CIVIS , DE BONIS FABRICE ECCLESIE BEATI DONATIANI BRUGENSIS ANNI 1440 , FACTA CAPITULO ANNO 1441.

Receptum ex sepulturis mortuorum et redemptione funeralium. Item pro sepultura mâgistri Johannis Eyck, pictoris xii libras parisis.

Page 1