ACTA CAPITULA RI A
Eadem die (21 martii 1442) ad preces Lamberti fratris, quondam Johannis de Eyck solemnissimi pictoris, domini mei concesserunt quod corpus ipsius quodjam sepultum in ecclesie ambitu transferatur delicentia episcopi etponatur in ecclesia juxta fontes, salvo jure anniversarii et fabrice.
Ainsi, le 21 mars, à la prière de Lambert, frère de Jean van Eyck, peintre très-célèbre, messeigneurs (les hauts fonctionnaires de la cathédrale) ont consenti que son corps, qui est déjà enseveli dans le pourtour extérieur de l'église, soit transféré avec la permission de l'évêque et placé dans l'église près des fonts baptismaux, sauf* les droits de l'anniversaire et de la fabrique.
1 Cet ecclésiastique distingué n'a pas été moins heureux que son ami M. Stoop; il a trouvé les renseignements suivants sur Hemling, dans cette même ville de Bruges dont ce peintre est la gloire.
Un arrangement sous forme de contrat, passé en 1499 entre la corporation des libraires et l'abbé de l'Eeekhoute, est déposé aux archives de la province. Dans cette pièce se trouve un inventaire de tout ce qui appartient à cette corporation , on y lit cet article : Puis leur tableau (d'autel) a quatre volets où se trouvait Guillaume Vreland et sa femme de pieuse mémoire peints de la main de feu maistre Hans.
Quelques articles des comptes de cette corporation s'appliquent à cette œuvre de Hemling. On trouve au verso de la page 96 :
Année 1477. — Item donné au menuisier 8 escalins , assavoir : ('eux escalins pour les volets que j'ai prêtés à maistre Hans, de la part de la corporation. Item dépensé chez Guillaume Vreland douze gros, lorsque maitre Hans fit l'entreprise de peindre ces deux volets. Item encore payé au menuisier pour deux autres volets, 4 escalins. — Avancé a maistre Hans sur les deux volets qu'il a à peindre pour nous, une livre de gros. — Année 1478. Item donné à maistre Hans en tout et en une fois, 3 liv. 2 escalins.
Voici ces passages dans le texte original :
Noch bovendien huerlieder autaer tafle metten vier dueren daer aen zynde daer Willem Vreland ende zyn wyf zaliger gedachte in gheconfrofeit zyn, ghemaect by der hand van wylen meester Hans.
Item ghegheven den scrinerwerker v se. gr, te weten u se. voor 1 cassyn van onse tafele en m se. van de duerkins dien ic meestre Hanshebbe gheleend van de ghilde weghe.
Item verleid tôt Willem Vreland xii gr. als de duerk'ns van onse tafle waren meestre Hans besteet te makene. — Item noch bet. de scrinewerker van 2 and.
Cl V
INTRODUCTION
dans une brochure ces données isolées , se servant habilement pour les coudre de conjectures toujours ingénieuses et souvent plausibles. Ces quelques pages avancent plus l'histoire des arts que des volumes de phrases sonores et prétentieuses1.
L'académie de Bruges, l'hôpital Saint-Jean et la cathédrale, ces trois musées, sont aussi instructifs que des archives et ils sont loin d'avoir épuisé leur enseignement. Parler de Raphaël sans avoir été à Rome, juger Jean Belin sans l'avoir étudié à Venise, prétendre connaître Jean de Fiesole, le Corrége ou Murillo sans avoir été les admirer à Florence, à Parme et à Madrid, c'est comme si l'on voulait analyser l'art flamand sans connaître les Pays-Bas, apprécier le talent des van Eyck et des Hemling sans s'être enfermé et
duerkins îv sch. g. — Item bet. meester Hans up de 2 duerkins die hy heeft van ons te makene, 1 lib. gr. — Item ghegheven meestre Hans al samen in een m lib. il sch.
Je m'aperçois que j'écris partout : Hans Hemling, sans aborder la question si importante, puisqu'elle a été tant débattue, de l'H et de PM , initiales rivales de son nom. Je réserve cette discussion ; tout prêt a changer mes habitudes , aussi bien pour Hemling que pour J. Handyn , quand il me sera prouvé par de bons arguments qu'il faut écrire H. Memling et J. Mandyn.
1 Cette brochure est intitulée : Les trois frères van Eyck — Jean Hemling, notes sur ces artistes recueillies par Vabbé C. Carton. Bruges, in-8°. 1848. Elle est extraite des Annales de la Société d'émulation pour l'étude de l'histoire et des antiquités de la Flandre, tome V, 2e série. Bruges, in-8°, 1847.
Comme il faut toujours mêler aux éloges quelque critique, je ferai mes réserves sur l'importance donnée à Lambert van Eyck (voir mes extraits, n° 888) et je maintiendrai le berceau des van Eyck dans la ville de Maeseyck. M. Carton fait tous ses efforts pour prouver que ces trois frères ou ces trois peintres sont nés, qu'ils ont vécu , qu'ils sont morts à Bruges. On n'en fait pas d'autres depuis Homère. L'intention est bonne, mais le patriotisme n'est pas toujours conciliable avec la critique historique.
INTRODUCTION
recueilli avec leurs œuvres à Gand et à Bruges. Toutefois il ne faudrait pas que le conseil académique de cette dernière ville inscrivît dans ses catalogues et montrât dans un beau cadre , comme un dessin original de Jean van Eyck, un exemplaire de la gravure que M. Enschede de Harlem fit faire par Corne van Noorde d'après l'original qui de sa collection a passé dans celle de M. van Ertborn à Anvers. De semblables confusions sont nuisibles aux études1, elles ne font honneur qu'à l'habile graveur van Noorde.