ARCHIVES DE GAND
M. le baron Jules de Saint- Génois a succédé à M. Voisin dans la place de directeur de la bibliothèque de l'université. En quittant les archives , il y a laissé un digne monument de sa gestion, dans l'inventaire des archives de Rupelmonde 2 , s' arrêtant toutefois devant l'époque qui nous intéresse plus particulièrement. Il reste à analyser 620 chartes pour tout le qua-
1 Cette confusion est si complète qu'elle a induit en erreur MM. Passavant et Carton. Ce dernier, écrivant à Bruges même une dissertation pleine d'intérêt, augmente cette confusion en citant deux fois le même beau dessin à la plume sous les n05 3 et 37 de son catalogue des œuvres de Jean van Eyck. A Lille aussi, on commet la même erreur. M. Wioar ayant donné à la ville une épreuve de cette gravure, avec sa surprenante collection de dessins (ma récréation du dimanche pendant mon séjour à Lille) , on Ta exposée, comme un original du chef de l'école flamande, dans le plus heau cadre et dans le meilleur jour , entre les compositions du divin maître et les études de Michel-Ange.
2 Les archives possédaient déjà d'anciens inventaires. Celui que Stalins et Spanoghe dressèrent en 1 C79 forme un vol. in-fol. de 405 feuillets sous ce titre : Inventaire des Chartres, titres et documens trouves en la trésorie des Chartres de Flandres au nouveau château de Gand, après Vévacuation de ladite ville par les armées de France, en 1679.
1 INTRODUCTION
torzième siècle et 230 pour le quinzième. Mais les chartes, ces graves documents, ne composent pas toutes les anciennes archives de Rupelmonde, le dépôt provenant de ce château n'est qu'une partie des archives deGand. Un examen général m'a indiqué des séries de pièces qui concourent plus efficacement à notre but, telles que les statuts, décisions, rentes et amendes, inventaires, donations, actes mortuaires des anciennes corporations et des métiers de la ville l, les statuts et résolutions des hôpitaux , confréries religieuses et associations littéraires ou du tir, enfin les traités, les rapports d'affaires, les sentences du tribunal
1 Les livres de la corporation des libraires et enlumineurs, ainsi que les registres de la corporation des orfèvres, se sont seuls conservés. J'ai réparti dans les tables qui terminent ce volume tous les noms des orfèvres de Gand enregistrés sous les rubriques suivantes, que je désignerai par des lettres, afin de faciliter les recherches et d'éviter l'obligation de répéter à chaque nom les mêmes explications :
A. Suivent les noms des maistres qui dès ce moment sont affranchis dans le métier des orfèvres de Gand. Et premièrement des personnes qui sont affranchies à la mi aoust de l'année 1400 , alors que Goessin van den Moere étoit doyen.
B. Voici ceux qui ont été reçus maistres et apprentis par Goessine van den Moure , comme doyen , Gheerolf den Valkenaere , Jan Halin et Raesse van den Houte, comme priseurs, pendant l'an commençant à la mi aoust de l'année M cccc et onze et finissant à la mi-aoust de l'année M cccc et douze.
(Cette formule se répète chaque année avec le changement des noms et de la date.)
C. Suivent les personnes qui sont libérées dans le métier des orfèvres pendant l'année M cccc et LIIÎI, sous le doyennage de Jan de Voe, Martin de Cousmakere, Bertelmens van Hoverheek, Pieter Vouters.
Voici ces mêmes rubriques en flamand :
A. Dit naervolghende sy de namen van den meesters die nu ter tyt vry syn in tambocht van den goudsmeden binnen Ghend. Ende eerst van den personen die vry waren talf ouste int jaer xim c, ende doe Goessin van den Moere deken wart.
B. Dit syn de ghene die outfaen syn meesters ende cnapen bi Goessine van den Moure als deken, Gheerolf den Valkenaere, Jan Halin ende Raesse van den Houte als wardeerrers binnen den jare beghinnende talf ouste int jaer M cccc ende elleve hendende talf ouste int jaer xmic ende twaleve.
C. Dit naervolghende syn de persoene die vry in de neeringghe van den goutsmeden zyn int jaer M cccc ende liiii int dekenscip Jan de Voe , Martin de Cousmakere , Bertelmens van Hoverheek, Pieter Vouters.
INTRODUCTION
CVTI
civil, les lettres missives, les mandements et mémoires, le tout rédigé en latin, en flamand, ou en français.
Les archives de Gand possèdent en outre un assez bon nombre des registres des comptes et des résolutions de la municipalité, écrits avec le luxe des registres royaux et souvent mieux conservés l.
Je ne pouvais ni espérer, ni craindre que ces documents fussent restés inédits dans une ville où l'activité 2 scientifique et littéraire n'a pas cessé d'avoir sa tendance nationale, et qui donne le jour à un organe de publicité à la hauteur de tous les sujets 3 . Cependant je trouve de tous côtés des notices arrachées à ces registres et répandues dans les notes des histoires locales 4 ,
1 Reliés en 18 volumes pour le quatorzième siècle et en 24 pour le quinzième.
* Dierick a pris dans ces archives les éléments de ses Mémoires sur l'histoire, la topographie et la vie civile de Gand; ouvrage qui n'a pas cessé d'être utile, surtout lorsqu'on se prête à la méthode de l'auteur et qu'on lui passe sa bile contre le clergé, le chanoine de Bast et les autres illustrations de l'érudition gantoise. Mais les extraits des documents sont disposés selon l'ordre et même un peu selon le désordre de son plan, et ils ne permettent guère un autre usage; tandis qu'une analyse régulière laisserait à chacun la liberté d'envisager ces renseignements à un point de vue différent et d'en tirer des conséquences nouvelles.
3 Messager des sciences historiques et archives des arts de la Belgique, recueil publié par M. J. de Saint-Genois, C.-P. Serrure, A. van Lokeren et C van der Meersch. Gand, in-8°.
* M. Goetghebuer a communiqué à M. Carton les renseignements qu'il a trouvés dans le registre de la confrérie de Notre-Dame de Gand. On y lit ce passage : Sente Bamesse anno xiiijc en xxij, was Hubrecht van Eyke, Guldebroecler van het Orner Vrouwe Gulden up de rade van den chore van Sint Jans te Ghend. — A la Saint-Bavon de l'année xvij cent et xxij, Hubert van Ejke devient membre de la confrérie de Notre-Dame sur l'avis du Chœur de Saint-Jean à Gand.
Dans les livres de comptes du droit d'issue payés dans la ville de Gand par les étrangers qui devenaient acquéreurs d'immeubles, soit par succession, soit de leurs deniers, on lit à l'année 1456 : Van den hoirs