‹ Les ducs de MontpensierChapitre 3 sur 4 · Voir page · texte numérisé non relu

Voir page

Randaa figure dès cette époque dans les chroniques; mais ce n'est qu'au treizième siècle qu'il apparaît comme nom de famille : vers 1200, on voit un Baudouin de Randan mêlé aux événements de ce temps-là. C'était le moment où Philippe- Auguste réunissait à la Couronne presque toute l'Auvergne. De même que Montpensier, Randan était compris dans la partie réunie et suivit dès lors la fortune du duché d'Auvergne.

En 1290, Jeanne de Randan, dernière du nom, porte la seigneurie et le château dans la famille du Château de Saligny, par son mariage avec Hugues du Château.

En 1378, Catherine de Château-Randan-Saligny, héritière de Randan, épouse Pierre- Armand de Chalençon, vicomte de Polignac.

Ce vicomte de Polignac était le fils de Guillaume de Chalençon et 5e Valpurge de Polignac. Valpurge de Polignac était la dernière représentante de sa famille. Elle avait eu deux frères : l'aîné avait substitué à la vicomte de Poligûac Pierre de Chalençon; le puîné avait au contraire appelé à la vicomte son petit-fils

Armand de Montlaur. Cette double substitution donna lieu à un long procès entre les Chalençon et les Montlaur devant le Parlement de Paris. Enfin en 1464, un arrêt donna gain de cause aux Chalençon qui furent reconnus seuls ayant droit aux nom et armes des Polignac qu'en fait ils n'avaient jamais cessé de porter depuis la substitution faite en leur faveur. La famille de Polignac était Tune des plus illustres et des plus riches de l'Auvergne. Au milieu de tous ses titres, celui de châtelain de Randan était modeste; aussi pendant tout le temps que cette seigneurie resta sa propriété, le nom de Randan figure peu dans les fastes historiques.

En 1518, Anne de Polignac, héritière de Randan, — celle que la légende veut avoir été aimée de Bayard, — étant veuve de Charles de Sancerre , tué à Marignan , épouse François de Larochefoucault. François de Larochefoucault, chef de sa maison, était le fils de cet autre François de Larochefoucault qui avait tenu sur les fonts du baptême le comte d'Angoulême qui devait être François P^

Randaa échut à Charles, fils puîné d'Anne de Polignac et de François de Larochefoucault.

Charles de Larochefoucault , seigneur de Randan, fut Tun des héros du siège de Metz»

représenta le roi de France à la Cour d'Angleterre , se fit tuer sous les murs de Rouen en 156i II avait épousé Fui vie Pic de la Mirandole. Successivement dame d'honneur des reines Catherine de Médicis et Louise de Lorraine, Fulvie de Larochefoucault obtint en 1566 l'érection de la terre de Randan en comté. C'est elle qui commença la construction du château actuel. ^^

Son fils, Jean-Louis de Larochefoucault, 1

premier comte de Randan , fut investi du gouvernement de l'Auvergne. Il fut le chef de la Ligue dans cette province , puissamment secondé par son frère, alors évêque de Clermont et plus tard évêque de Senlis, grand aumônier de France, abbé de Sainte -Geneviève. Le comte de Randan fut tué au combat de Cros- RoUand, le 14 mars 1590; (c'était le jour de la bataille d'Ivry).

De son mariage avec sa cousine, Isabelle de Larochefoucault , il n'avait eu qu'une fille, Marie-Gatherine , qui épousa le marquis de Senecey, de la Maison de Beaufremont. Le marquis de Senecey mourut en 1622 d'une blessure reçue au siège de Royan. La marquise était dame d'honneur d'Anne d'Autriche, a Lors, — dit Saint-Simon , — de ce grand va- « carme, qui fit tant de bruit dans le monde , « du commerce et des intelligences de la Reine « avec l'Espagne, madame de Senecey fut ren- « voy.ée chez elle à Randan, en Auvergne. »

Rappelée par la Reine à la mort de Louis XIII, elle devint gouvernante de Louis XIV. En 1661, le comté de Randan fut érigé en duché en sa faveur et en faveur de sa fille et de ses descendants. Elle mourut en 1667, après avoir achevé les travaux de reconstruction du château commencés par sa grand'mère.

La marquise de Senecey avait eu deux fils morts avant mariage, et une fille qui avait épousé, en 1637, Gaston de Foix.

Gaston de Foix avait été tué à l'ennemi en 1641. Le duché de Randan passa successive-

méat à ses deux ûls, morts tous deux sans postérité, Tua en 1665, Fautre en 1714. En eux s'éteignit Tune des plus glorieuses familles de la France, en môme temps que le duché de Randan, qui, aux termes mêmes des lettres d'érection , reprit le titre de comté que Louis XIV lui avait expressément conservé.

L'héritier du dernier duc de Randan fut Antoine Nompart de Gaumont, duc de Lauzun.

Lauzun, âgé de quatre-vingts ans, époux d'une femme qui avait quarante-six ans de moins que lui, Lauzun comte de Randan et le plus proche voisin de Montpensier! la Grande Mademoiselle était morte vingt ans trop tôt.

Lauzun mourut en 1725, sans enfants. Sa veuve, Marie de Durfort, fille du maréchal de Lorges , eut Randan dans ses reprises. Elle en fit donation, sous réserve d'usufruit, à son neveu Guy Michel de Durfort, et habita le château à peu près constamment jusqu'à sa mort, en 1740.

Guy Michel de Durfort devint maréchal de France ; il est plus connu sous le nom de

maréchal de Randan. A sa mort, en 1773, le duché de Lorges et le comté de Randan échurent à son frère Louis de Durfort qui laissa deux filles : Tune devint la vicomtesse puis duchesse de Ghoiseul , Tautre la comtesse de Durfort-Givrac. Randan fut, dans le partage de famille, attribué à la première.

Survint la Révolution. Le château ne dut son salut qu'à l'épaisseur de ses murailles et à la difficulté de les démolir. Mais ses archives furent brûlées; les tombeaux des anciens comtes furent violés ; la chapelle fut rasée et une rente de trois cents francs, consacrée à dire des messes, fut donnée à l'hospice d'Aigueperse. Le duc de Ghoiseul rentra en possession de Randan après la tempête, et c'est à lui qu'en 1821 Tacheta Madame Adélaïde, alors appelée Mademoiselle d'Orléans.

Les grands travaux entrepris à cette époque ont fait de Randan une des plus belles demeures de France. Devenant ainsi la résidence du duché de Montpensier, le château fut ensuite attribué au prince investi du titre ducal.

Sur une colline que Ton aperçoit de Randan,

et qu'on appelle dans le pays la hutte de Monipensier, quelques pans de muraille indiquent encore la place de l'antique demeure des premiers seigneurs et des princes qui portèrent ce nom.

Achevé d'imprimer

Le 10 Mai mil huit cent quatre-vingt onze

Page 1