CHAP. VII. DYNAMOS POUR USAGES SPECIAUX
préjudiciable par le choix d'un type approprié de commutateur, par un bon isolement, par la facilité de remplacer les touches, etc.
Les hautes tensions auxquelles on a aflaire dans ce cas exigent un isolement très soigné de tous les organes des dynamos et surtout des commutateurs. Dans ce but, la dynamo bipolaire à anneau parait être indiquée , notamment celle à induit lisse, pour laquelle certains constructeurs emploient des entrefers très considérables (jusqu'à 30 millimètres). Ces grands entrefers sont rationnels en ce qu'ils permettent de réaliser un champ suffisamment homogène, même au delà des cornes polaires. Mais il va de soi que la densité des lignes de forcesdansFentreferdoit être diminuée proportionnellement. Ce qui surprend dans ces dynamos, c^est la saturation très élevée dans le noyau de l'induit qui varie de 17 000 à 18 000 lignes et qui atteint, dans quelques dynamos Brush, jusqu'à 25000 lignes. Ces saturations sont nécessaires, d'une part, pour diminuer la formation d'étincelles et, d'autre part, pour réaliser la chute de tension ; mais elles présentent l'inconvénient d'augmenter considérablement la perte due à l'hystérésis ainsi qu'à réchauffement (1). C'est ainsi que dans une dynamo à lampes à arc du système Wood (7 000 volts de tension), on a constaté après le fonctionnement de 10 heures, un échauffement à 93^ centigrades, la température de la salle des machines étant de 27° centigrades (2).
Outre les dynamos dont il a été question jusqu'ici et qui sont munies d'un enroulement fermé de l'induit, il existe encore, en nombre moindre il est vrai, des machines qui au point de vue de l'enroulement de leur induit, peuvent être
(1) Ces chiffres ne doivent pas d'ailleurs être considérés comme absolus, car ils sont dûs souvent à une routine invétéré; la meilleure preuve en est les dynamos à arc que M. Henry S. Carhart a construites et qui, bien que Tinduit ne possédât qu'une saturation de 11 000 lignes, ont très bien fonctionné (Voir, « Theory and Design of closed coil continuous current dynamos, » dans Electrical World, 489i, pp. 113, 151 et 184 et Lî/m. Electrique, tome II, 1894).
(2) Electrical World, 1894, p. 150.
considérées comme des dynamos à enroulement ouvert. On peut y ranger les dynamos de Thornson-Houstoriy de Brush et de la Westinghouse Company.
Les enroulements ouverts sont caractérisés par ce fait qu'ils ne constituent pas une figure géométrique fermée. Ils comportent, en outre, un nombre relativement moins grand de bobines que Tenroulemeut fermé ; enfin celles-ci sont reliées avec le commutateur de façon que chacune d'elles soit mise hors circuit avant le renversement du courant.
Par suite du nombre restreint de segments de commutateur, il ne peut donc pas être question dans ce cas d'une intensité constante de courant, celui-ci affectant plutôt des ondulations plus ou moins accentuées. Toutefois, les variations de l'intensité sont beaucoup moins fortes qu'on ne pourrait s'y attendre avec un nombre si peu considérable de segments de commutateur.
Les plus grandes variations dans Tintensité sont données par la dynamo de Thomson Houston^ qui ne comporte que trois segments. Cette variation est de 20 % environ au-dessus et audessous de rintensité moyenne du courant. Dans la dynamo Brush, à six balais, elle ne dépasse guère 2 %.
Une propriété précieuse des dynamos à enroulement ouvert consiste dans leur chute de tension très considérable, ce qui permet de mettre hors circuit un grand nombre de lampes simultanément sans qu'il se produise un accroissement d'intensité préjudiciable. Cette particularité ne dépend nullement, d'ailleurs, de l'enroulement même ; elle n'est que la conséquence du faible nombre de bobines.
Nous aborderons maintenant la description des dynamos les plus importante de ces deux types.
a) Dynamos à enrouleynent induit fermé.
Dynamo de M. William Hochhauson (Excelsior Company, New- York), (fig. lia et 146). Le déplacement des balais est opéré au moyen d'un petit moteur a (fig. 145) dont le champ inducteur est fourni par les bras b et b' qui se détachent des pôles. En même temps que le déplacement des balais, on régie
CBAP. VU.