Ghanoidier, op. cit., t. III, p
3. Cantor contra voluntatem episcopi remansit , qui te opposuit epiteopo et oppo~ suerai se in electione dicti episcopi. {Chron. cI'Ensmjngkn, éd. Liblin, p. 88.) Le 30 novembre 1260, jour de la Saint-Andrc, il avait résigné ses fonctions de curé de Mannoutier. (Arcbires du Bas-Rhin, JB, 558, 7, copie.)
bourg au sujet des droits et coutumes de la ville 1 , et le lendemain 41 mars, il fut élu : *Ad preces civium, dit le chroniqueur Godefroi d'Ensmincen, canonici elegerunt in episcopum concorditer dominum Hcnricum de Geroltzecke an dm Wasichen, cantorem ecclesie Argentinensis et sic facta est concordia inter dictos cives et canonicos usque in hodiernum diem*.*
Les premiers actes du nouvel élu confirmèrent tout le monde dans les sentiments de respect et d'estime qu'on avait déjà conçus pour lui.
A peine eut-il obtenu l'épiscopat, qu'à la persuasion du Magistrat de Strasbourg, il fit la paix avec Hugues de Rathsamhausen, qui l'avait outragé dans le temps qu'il n'était que simple chanoine 1 . Dès le mois d'avril suivant, le 21 (an dem sameztage vor St. Géorgien tage), de concert avec les chapitres de Saint-Thomas et de Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg, et tout le clergé du diocèse, il donna à la ville des lettres réversales au sujet des droits et coutumes dont le Magistrat avait juré avoir joui d'ancienne date. Ces lettres stipulent notamment que les magistrats municipaux devront prêter devant lui serment de maintenir les droits respectifs de la ville et de l'évêque ; que le prévôt (Schultfieis) de la ville sera à la nomination de l'évêque, mais qu'il aura toujours deux assesseurs pris dans la bourgeoisie, que l'évêque nommera comme burgrave un de ceux qui sont au service de l'Église, et que ce burgrave désignera pour chaque tribu le Zunftmeister chargé de l'inspecter; que la recette des péages (Zollkeller) et la direction de la monnaie seront confiées à un bourgeois; que la ville aura le droit de mettre ses troupeaux dans les pâturages (Almende) épiscopaux, — on se souvient que c'était un des principaux sujets de dissension entre la ville et l'évêque Walther de Gcroldseck ; — - que les villages dépendant de l'évêché et du chapitre pourront se pourvoir devant le sénat comme devant un tribunal d'appel; que la ville sera libre de contracter des alliances à son gré, qu'elle désignera seule les administrateurs de l'hôpital civil , enfin qu'elle nommera le chapelain chargé de desservir
1. L'instrument de cette promesse se troure aux Archives de la Tille de Strasbourg, V. D.G.,lad. IU.fasc. IV, 1. Symundu* dominus de Geroltsecke, Ulric, sire de Ribeaupierre, et Conrad-Wernbcr, sire de Hadstatt, se portent garants de la parole do chantre, et apposent leur sceau à côté du sien. Les quatre sceaux sont assez bien conserrés; celui de Symon I" est un sceau équestre et triangulaire , en cire Jaune; le cavalier tient un écu aux armes des Geroldseck (lipn et trilMles), et la légende, en partie brisée, porte : S. SI....GE.. LTKSECKE.
2. Chron. d'ENSMMOEN (1291), éd. Liblin, p. 54. ». Orandidob, op. cit., t. IV, p. 28.
à la cathédrale l'autel privilégié qui, par une concession spéciale du Saint- Siège, ne pouvait être sujet à aucun interdit 1 .
Quelques jours après, le prélat et les mêmes chapitres s'engagèrent, par un acte particulier, daté du mardi après la Saint-George (24 avril 4263) *, à ne rien réclamer de la ville pour les dommages qu'ils avaient éprouvés pendant la dernière guerre , et Henri intervint manifestement auprès des divers membres de son clergé pour obtenir d'eux une renonciation analogue, car nous avons sous les yeux une charte du samedi après l'Ascension (12 mai) 1263 1 , par laquelle l'élu de Strasbourg atteste que, la paix se trouvant faite entre la ville et le clergé, Henri, prêtre et vicaire de Saint-Nabor, se désiste de toute action en réparation de dommage contre les Strasbourgeois. L'année suivante , ainsi qu'on le verra un peu plus bas, tout le clergé régulier du diocèse s'associa à ces mesures de conciliation, et, plus tard, par acte du 21 juin 1267, l'abbé de Hohenforst {Alla sylva), au diocèse de Toul, déclara également, au nom de la communauté de ce couvent, qu'il ne poursuivrait pas la réparation des pertes que lui avaient causées les Strasbourgeois , notamment en pillant les vins de l'abbaye à Dorlisheina, et en brûlant une cour qu'elle possédait à Achenheim*.
Tandis qu'il travaillait à rétablir la bonne harmonie entre le clergé et le Magistrat de la cité épiscopale, le prélat s'efforçait aussi d'agir en pacificateur auprès des dynastes qui avaient pris parti pour l'un ou pour l'autre. Le jour de la Sainte-Odile (13 décembre) 1263, une trêve fut conclue sous ses auspices entre Walther 1 er , sire de Hohengeroldseck, le margrave de Hochberg, Henri de Geroldseck, etc., d'une part, l'élu de Strasbourg, les bourgeois de la ville, les comtes Rodolphe et Godefroi de Habsbourg, le comte Conrad et les bourgeois de Fribourg, etc., de l'autre 1 .
Le 3 des nones de mars (5 mars) 1264, le frère Ruûn, premier chapelain du pape, écrivit à l'évéque qu'autorisé par le Saint-Siège , il le chargeait de relever les bourgeois de Strasbourg de l'excommunication qu'ils avaient encourue en brisant plusieurs cloches d'église pendant la guerre, sous
1. Archires de la Tille de Strasbourg, V. D. 0., lad. ni , faac. IV, 2 (copie contemporaine). Voy., sur Je dernier point, Whnoceh, CoUeet Arehiv., p. 469, 471 et 472, et GaANonin, op. cit., t. IV, p. 30, note 1.