HUMBERT DE MONT, CHEVALIER
Humbert de Mont apparaît, dans ce document, comme ayant eu part à l'héritage de son père.
Faisons observer ici que vers l'époque où Huinbert de Mont fit sa paix avec la chartreuse d'Oujon, ses neveux Ebal (1) de Mont et Guy de Mont, frère de celui-ci, firent aussi de leur côté leur paix avec la même chartreuse, en lui accordant, comme leur oncle Humbert, des concessions à peu près identiques, que l'on trouve répétées dans leurs diverses chartes de pacification. Nous en inférons que les démêlés des seigneurs de Mont avec la chartreuse d'Oujon avaient eu pour objet l'avouerie de ce monastère, que les premiers prétendaient exercer, quoique Louis de Mont, son fondateur, ne se la fût pas réservée et queNantelme, évêque de Genève, se la fût attribuée dans l'année 1195 *.
Le cartulaire du chapitre de N.-D. de Lausanne cite deux fois Humbert de Mont, sous l'année 1216. Ce dernier, soit son fils, devaient être alors les fidéjusseurs du chevalier W. de Crissier envers le chapitre". Et lorsque le même chapitre remit, à titre viager, la terre du Four {de Furno), à Saint-Prex, au clerc Rodolphe, fils de Hum-
* A cette date, l'évêque Nantelme, cédant et confirmant à la chartreuse d'Oujon les nouvelles acquisitions qu'elle a faites de biens qui avaient appartenu à son église, dans les limites de la dite chartreuse, ajoute : « aduocatiam uero .et dominium domus predicte (Alionis) et pêne nos et nobis retinuimus, saluo iure per omnia Cartusiensis ordinis. » (Cart. d'Otij., NoS.)
Louis (H) de Savoie, sire de Vaud, devint avoué de la chartreuse d'Oujon, à la suite d'une convention faite par lui avec Thomas, prieur de ce monastère, le 29<^ juillet 1317. Plus tard, cette avouerie passa aux seigneurs de Mont-le-Grand, mais on ignore quand et à quel titre cela eut lieu. (Voir plus loin.)
* Cartulaire de Latisanne, pag. 148.
bert de Vufflens, Humbert de Mont et d'autres chevaliers, divers chanoines, prêtres et clercs, farent les témoins de cette remise '.
Nous avons appris par la grande concession d'Humbert de Mont en faveur de la chartreuse d'Oujon, que son épouse se nommait Guillaumaz et qu'il avait six fils, portant les noms de Willelmeou Guillmime, Louis, Reymond, Pierre, Etienne et Nicolas. C'est ce dernier qui continua la lignée de sa famille. Nous rapporterons ici brièvement ce qui concerne ses frères.
Guillaume, l'aîné, devint chevalier et se croisa. Aux environs de l'année 1244, Michel, abbé de Bonmont, notifie que le noble sire Guillaume de Mont {de Monz), frère du sire Nicolas de Mont, a donné à la chartreuse d'Oujon, à titre d'aumône, lorsqu'il voulut se rendre en pèlerinage au tombeau du Seigneur, huit coupes annuelles de vin, assignées sur ses vignes situées sous Mont. Le prédit Nicolas, son frère, pria l'abbé de Bonmont d'apposer son sceau à la lettre de cette donation -.
Etienne, un autre fils d'Humbert de Mont, fit un legs à l'abbaye de Bonmont. Le 8^ juillet de rannée124-0, Guillaume, officiai de Genève, atteste que, en sa présence, à Vufflens, Guillaume, fils de feu Etienne de Mont, chevalier, a reconnu que son père avait donné par testament à l'abbaye de Bonmont, trois coupes de froment, mesure de Thonon, à recevoir annuellement des marguillers d'Anthy(en Chablais). Le dit Guillaume de Mont, en conséquence, du consentement de ses oncles Guillaume et Ni-
Cartulaire de Lausanne, pag. 260.
Cartulaire d'Oujon, N» 100.
HUMBERT DE MONT, CHEVALIER. 9i
colas, chevaliers, a ratifié la susdite donation, en faveur du couvent de Bonmont *.
On pourrait présumer que le chevalier Etienne de Mont avait fixé sa demeure de l'autre côté du lac.
Le testament de Guillaume, sire de Prangins, daté du 25 mai 1256, rappelle une dette du testateur de 22 livres, envers Pierre de Mont, à Saint-Oyen (de Rottères)*. D'un autre côté, Pierre de Mont, donzel, est l'un des témoins d'une sentence rendue le 9 juin 1265, entre Henri, évêque de Genève, et quelques citoyens de cette ville ^ Ces deux citations concernent-elles le même personnage, et celui-ci est-il Pierre de Mont, l'un des fils du chevalier Humbert ?
Les documents ne nous apprenent rien au sujet de Louis et Reymond, deux autres fils du prédit chevalier.
Ce qui concerne Nicolas, le fils cadet de celui-ci, sera rapporté dans le chapitre suivant.
* Mém. et Doc. publiés par la Soc. d'hist. et d'arcli. de Genève, XIV. pag. 26, N» 34.
' Recherches sur les dynastes de Cossonay, etc., pag. 387. Saint-Oyen de Rottèies appartenait en partie au mandement de Mont.
' Mém. et Doc. publiés par la Société d'hist. et d'arch. de Genève, VIII» pag, 255.
TROISIÈME DEGRÉ