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DITE MONT-LE-GRAND

après l'extinction de la branche aînée de la maison de Mont.

Le titre de seigneur des Monts est déjà donné, ainsi que nous l'avons rapporté, à Aymon, coseigneur de La Sarra, héritier d'Artaud, sire des Monts, dans un document daté du 6 avril 1400.

Le 2-4 octobre suivant, le même Aymon , agissant en qualité de seigneur de M ont- le- Grand, vend, par pro-

' Ces armes se voient sculptées sur une porte intérieure de hi maison de Lerber, à Romainmotier, accolées aux armes de la famille Tachet. Ce sont celles de Françoise de Mont, épouse du notaire André Tachet, de Romainmotier. (Voy. ci-devant, pag. 111.)

* Selon l'Armoriai vaudois.

cureurs et avec l'approbation de la noble dame Bonne de Salins, son épouse, au couvent de Romainmotier, quatre livres et douze sols, de rente annuelle, assignée sur des censiers de Bière et de Bérolles, pour le prix de 82 livres lausannoises. Le couvent de Romainmotier fait cette acquisition au profit de la chapelle de Saint-Jean- Baptiste, fondée dans l'église de Romainmotier, par le révérend père Henri de Sévery, évêque de Rhodes *.

Sous la date du 2 juin 1403, Aymon de La-Sarra reconnut, à Romainmotier, en faveur du prieur Jean de Seyssel, les fiefs qu'il tenait du couvent du dit lieu, sous hommage et fidélité liges, en qualité d'héritier d'Artaud, sire des Monts. Il reconnut nommément cent poses de bois et terres, situées au-dessus de Bursins , Gilly et Saint-Vincent, forêts dans lesquelles les prieurs de Romainmotier devaient avoir l'affouage de leur maison de Bursins, à l'égard des chênes. Indépendamment des fiefs précédents, le sire Aymon reconnut de plus, moyennant 200 livres que lui paya le couvent, les dîmes qu'il possédait à Gilly, Saint-Vincent, Bursins, Burligny, Dullit, Bursinel et Verney. Enfin le couvent de Romainmotier lui concéda que les 10 livrées annuelles de terre, sur le personnat de l'église de Bursinel, accordées seulement par le dit couvent au sire Artaud des Monts pour lui et ses héritiers procrées de son corps, seraient aussi possédées par le sire Aymon et ses hoirs, quels qu'ils fussent, en demeurant toutefois hommes liges du prieuré de Romainmotier*.

* Titres du baill. de Romainmotier, supplément, N» 54. ' Mém. et Doc. publiés par la Soc. d'hist. de la Suisse rom., UI, pag. 691 et les quatre suivantes.

Faisons remarquer que dans les deux documents que nous venons de citer la seigneurie des Monts est appelée Mont- le- Grand, nom qu'elle conserva dès lors pour la distinguer sans doute de l'autre seigneurie de Mont, sa voisine, à l'égard de laquelle prévalut l'usage de l'appeler Mo7it- le- Vieux. Nous doutons du reste que la première fut plus considérable que la seconde.

Le nouveau seigneur des Monts prêta quernet, le 6 septembre de la même année 1403, pour la terre et seigneurie qu'il avait héritée, en faveur du comte Amédée de Savoie, sur les mains de Jean Balay, commissaire des extentes de ce prince, dans le bailliage de Vaud. Aymon de La-Sarra reconnut, dans cette circonstance, son bourg des Monts {hurgum suum de Montibus) , avec le château et tout le mandement de celui-ci, comprenant le dit bourg avec les villages de Gerraagny', AutecourS Perroy, Bougy-Millon, MoUens, Bière et Bérolles. Il reconnut aussi le vidomnat et la mestralie de la ville de RoUe, tels que ces offices existaient dans la ville de Moudon. Plus, le tiers du château ou molar de GenoUier et d'autres biens dans ce lieu, que les prédécesseurs du confessant avaient tenus en fief des seigneurs de Prangins et que le défunt sire Artaud des Monts avait assignés à Galienne d'Estrée, son épouse, pour sa dot.

La reconnaissance d'Aymon de La-Sarra, basée sur celle desfrères Jean et Henri de Mont, en faveur de Louis de

' Germagny forme aujourd'hui un hameau de la commune de Mont, situé à Toccident et à une petite distance de ce village-ci. Germagny paraît avoir été jadis plus considérable qu'il ne lest maintenant.

* Autecour (Hautecour) est encore le nom porté par un quartier du village de Mont, celui qui est le plus rapproché de Germagny.

Savoie, sire de Vaud, qui avait été faite à la suite de pactes, coni'cntiom et confessions en faveur de ce prince, est très prolixe et contient la spécification de tout ce que le confessant possédait dans la seigneurie des Monts, sous la mouvance du comte de Savoie, entr'autres beaucoup de revenus féodaux dans le village de MoUens. Le seigneur des Monts réserva la fidélité qu'il devait à Jean de Chalon, sire d'Arlay, et au sire de Gex. Il excepta de son quernet les fiefs qu'il tenait du couvent de Romainmolier, récemment reconnus par lui , soit les villages de Bursins, Gilly et Vincy , qui se trouvaient dans le mandement du château des Monts ; toutefois, le commissaire Balay protesta contre cette exception, invoquant la reconnaissance prêtée, en l'année 1318, par Jean et Henri, frères, seigneurs des Monts, en faveur de Louis de Savoie, sire de Vaud, par laquelle ils avaient reconnu tenir de lui tout le mandement des Monts, sauf certains biens désignés dans le quernet d'Aymon de La-Sarra, exceptions dans lesquelles les villages susnommés n'étaient nullement compris '.

Le boui^g reconnu par Aymon de La-Sarra nous paraît être celui qui est désigné, dans la donation du prêtre Marin, en l'année 996, de bonrg de Sainte-Marie, appelé le châtel de Mont, dans lequel se trouvait le dit château et aussi l'église du lieu. C'est de ce bourg que Girod d'Eysins se dit bourgeois lorsqu'il fait une donation en faveur de la chartreuse d'Oujon, en l'année 1236*. Le grand village actuel de Mont ne saurait être l'ancien bourg de

' Grosse Balay, F» 187.

* « Ego Giroudus de Osins, burgensis de Monz, notum facio universis,» etc. [Cart. d'Oujon, N» 108.)

Sainte-Marie, ruiné, au rapport du commissaire Rebeur. Mont moderne, qui comprend le village d'Hauleconr, se serait, selon nous, successivement formé d'adjonctions faites à ce village-ci, ayant même peut-être absorbé une partie de celui de Germagny, lorsque l'ancien bourg aurait été abandonné par suite de sa situation incommode. Y aurait-il eu, au Xl^ siècle, un village nommé Monl? Lorsque, vers la fin de ce siècle, paraît-il, Alwide deMontet ses fils firent donation, en faveur du couvent de Romainmotier, de tout l'alleu qu'ils avaient « in ipsa villa » \ ces expressions-ci s'appliquent-elles au bourg {viens) de Sainte-Marie, dit le châtel de Mont, ou bien à quelque village portant le nom de Monll Nous opinons pour le premier cas, vu l'élasticité du terme villa, qui s'employe pour de simples villages comme pour des lieux plus considérables. L'époque où l'ancien château de Mont fut abandonné par ses maîtres n'est pas connue.

Aymon, coseigneur de La-Sarra. seigneur de Mont-le- Grand et de Monlreux. testa le 23 septembre 1427^ et décéda bientôt après. (Il n'était plus vivant le 3 octobre suivant.) Bonne de Salins, son épouse, que nous avons déjà nommée et qui lui survécut, était la fille d'Othon de Salins (La-Tour), chevalier, seigneur d'Aréchies'.

Aymon de La-Sarra laissa un fils nommé Claude et trois filles : Louise, Jeanne et Marguerite. Celle-ci fut l'épouse du noble chevalier Jean de Gingins, sire de Divonne *.

Claude de La-Sarra succéda à son père comme seigneur de Mont-le-Grand, Monlreux et coseigneur de La-Sarra.

' Voy. Les premiers seigneurs de Mont, pièces juslilicalives, N" 6.

* Inv. des arch. du château de La-Sarra, F" 45.

'et * Ibidem, et autres documents des arch. du château de La-Sarra

Il avait épousé, par contrat daté du 29 octobre 1422, Jaquemette, fille de messire Antoine de Seyssel, seigneur d'Aix, la Bâtie et Seyssel, chevalier, et de Jeanne de la Rochette*. H en eut une fille, nommée Jaquème (Jaquema). La carrière de Claude de La-Sarra fut courte. Malade de corps, mais sain d'esprit, ce seigneur fit son testament, daté du cliâteau d'Aix, le 3 octobre 14-27. Par cet acte de dernière volonté il institua sa fille Jaquème, encore en bas âge, pour son héritière universelle, lui substituantJaquelte de Seyssel, mère de celle-ci, pour le temps de sa vie, et substituant à la dite Jaquette de Seyssel, épouse du testateur, Bonne de Salins, mère de ce dernier et ses sœurs Marguerite, épouse du chevalier Jean de Gingins, sire de Divonne, et Louise deLa Sarra, chacune d'elles par part égale. Jaquette ou Jaquemetle de Seyssel serait la tutrice de sa fille Jaquème et aurait l'administration de ses biens, sans compte rendre, jusqu'à ce que celle-ci eût atteint l'âge de 15 ans. En cas de décès de la prédite Jaquemette de Seyssel, la tutelle et l'administration des biens de sa fille Jaquème passeraient à dame Bonne de Salins, aïeule paternelle de celle-ci ; et en cas de décès de la dite dame Bonne de Salins ces fonctions seraient exercées par dame Jeanne de la Rochette, veuve du noble et puissant Antoine de Seyssel, seigneur d'Aix, aïeule maternelle de la dite pupille. Pour exécuteurs testamentaires Claude de La- Sarra nomma ses beaux-frères , les nobles et puissants Humbert de Seyssel, seigneur d'Aix et Jean de Seyssel, seigneur de Barjat. Par une des dispositions de ce testament, le testateur légua au curé de l'église de Mont, pour

• Inv. des arch. du château de La-Sarra, F" 45

le remède de lame de son défunt père Aymon et de la sienne propre, une pièce de vigne située à Germagny, au lieu d'ii oiiz Fert, déjà précédemment donnée à l'église de Mont par les prédécesseurs du testateur, mais que son père Aymon avait reprise (quaqiiidem vinea . . . per diditm eins patrem olim ad suas mamis reduda). Moyennant celte restitution, le dit curé sera tenu de remplir les condition^ auxquelles la dite vigne avait été jadis donnée. Plusieurs personnes furent les témoins de ce testament * .

Claude de La-Sarra n'était plus vivant l'année suivante (1428) ^ Son testament avait suivi de bien près celui de son père Aymon.

Jaquèrae de La-Sarra, sa fille, nous apparaîtra dans un document daté du 26 février 1-44.6, comme étant l'épouse du noble Antoine de Saint-Trivier^

D'un autre côté, le 3 mai de la même année 1446, prise à la Nativité, Jean de Juys, prieur de Romainmotier, reçut l'hommage lige de la noble et puissante Jaquemette de Seyssel, dame de M ont- le- Grand, veuve du noble et puissant Antoine, seigneur de Saint-Trivier, pour les fiefs que les seigneurs de Mont-le-Grand tenaient du couvent de Romainmotier, procédés du défunt Aymon, coseigneur de La-Sarra, seigneur de Mont-le-Grand et appartenant à la dame hommageante en vertu de donation testamentaire

' Inv. lies arch du chdteau de La-Sarra, F" 45, et titres du baill. de Morges, No 444.

* Les arch du château de La-Sarra rappellent une prononciation, sous Tannée 1428, entre Jaquemette de Seyssel, veuve de Claude de La-Sarra et Bonne de Salins, sa belle-mère ; et, sous l'année 1429, un partage de biens fait entre ces deux dames, Jaquème de La-Sarra, fille de la dite Jaquemette de Seyssel, étant mineure.

* Invent, des arch. du château de La-Sarra, F» 47.

faite en sa faveur par feu le noble Claude, alors son mari, fils du prénommé Aymon de La-Sarra '.

Il résulte de ce que nous venons de rapporter que Jaquemette de Seyssel , veuve de Claude de La-Sarra , avait épousé en secondes noces Antoine , seigneur de Saint- Trivier, dont elle était veuve lorsqu'elle prêta hommage au couvent de Romainmotier. Et que, d'un autre côté, Jaquème de La-Sarra, sa fille du premier lit, avait aussi épousé un noble de la même maison de Saint-Trivier, également nommé Antoine, mais qu'il ne faut pas confondre avec celui qui avait épousé sa mère -.

L'historien Guichenon donne à l'époux de Jaqueline (soit Jaquème) de La-Sarra le prénom de Claude. Il pourrait avoir porté ceux de Claude- Anloine. Selon cet auteur, le dit Claude aurait été seigneur de Saint-Trivier et de Branges '\ Nous inférons de cette circonstance que l'époux de Jaquème de La-Sarra était un fils aîné d'Antoine de

' Mém. et Doc. publiés par la Société d'histoire de la Suisse romande, III, pag. 725 et les suivantes.

' Les seigneurs de Saint-Trivier, en Dombes, appartenaient à la haute noblesse bressane. On apprend par un document des archives du château de La-Sarra (N" 554), daté du 29 juillet 1438, qu'Antoine de Saint-Trivier, seigneur du lieu de ce nom et de Branges, fils de feu messire Guillaume de Saint-Trivier, seigneur des lieux prénommés et de défunte dame Isabelle de Ray, fit, à la date précitée, un accord, se rapportant à la terre de Branges, avec Guillaume de Vienne, seigneur de Saint-Georges et de Sainte-Croix, du fief duquel relevait le château et le bourg fort de Branges, en Bourgogne, à cause de son château de Lovans. Le dit Antoine et son frère, messire Guillaume de Saint-Trivier, seigneur de Branges, avaient été sous la tutelle de dame Isabelle de Ray, leur mère. Antoine de Saint-Trivier, dont il est ici question, est celui qui fut le mari de .laquemette de Seyssel.

* Histoire de Bresse et de Bugey, 3^6 partie, pag. 86. Guichenon rapporte qu'Odon de Chiel, chevalier, seigneur de Chanues et coseigneur de Montetier, épousa en secondes noces, le 11 février 1479, Jeanne de Saint-Trivier,

Saint-Trivier, seigneur du lieu de ce nom et deBranges, né d'un premier mariage de son père. (Nous venons de voir que celui-ci était devenu le second mari de Jaquemelte de Seyssel et qu'il ne vivait plus en 1446.)

«Les nobles et puissants seigneurs monsieur Jean de Vienne, seigneur de Buxi et de Sernon, et Antoine de Saint-Trivier, seigneur de Mons, » sont présents lors de la convention faite, sous l'année 1438, entre les seigneurs de Saint-Georges et de Saint-Trivier, et citée par nous ci-dessus. (Voy. la note 2, à la page précédente.) Nous présumons qu'ils étaient les fils des contractants, ou que du moins Antoine de Saint Trivier, seigneur de Mont (du chef de Jaquème de La-Sarra, son épouse) était celui du prénommé Antoine de Saint-Trivier, seigneur du lieu de ce nom et de Branges.

Nous ignorons pour quelles raisons Jaquème de La- Sarra ne fut pas dame de Mont-le-Grand. Nous aurions probablement trouvé des éclaircissements sur ce point obscur dans le document que nous allons indiquer, cité dans l'inventaire des archives du château de La-Sarra (fol. 47), si toutefois il existait encore, ce qui n'est pas le cas : «Partages faits le 26 février 1446, entre Nicod (sire) de La-Sarra, ses fils Guillaume et Anselme, Jaquemette de Seyssel, veuve en premières noces de Claude de La- Sarra et en secondes noces d'Antoine de Saint-Trivier, et

fille de Claude, seigneur de Saint-Trivier et de Branges et de Jaqueline de La- Sarra; et que, devenue veuve de lui, la dite Jeanne de Saint-Trivier se remaria avec Jacques de La-Sarra, et testa, le 11 septembre 1504-. Jacques, coseigneur de La-Sarra, chevalier, chambellan et conseiller du duc de Bourgogne, était le second fils de Guillaume, sire de La-Sarra. (Arch. du château de ce nom.)

Jaquemaz de La-Sarra, sa fille, femme d'Antoine de Saint- Trivier, des seigneuries et châteaux de Bossonens, La- Sarra, Cheseaux, Monl-le-Grand, Genollier et La Motte de V;iugrenant, au diocèse de Chalon. » — Sans doute que par ces pariages importants qui précédèrent probablement l'hommage prêté par Jaquemette de Seyssel au couvent de Romainmotier *, les prétentions que le sire Nicod de La- Sarra et ses fils pouvaient avoir sur l'héritage du sire Artaud des Monts, aux termes du testament de celui-ci, furent liquidées. On trouve Guillaume, le fils aine du prénommé sire Nicod, se qualifiant de coseigneur de Monlle-Grand, en l'année 144-4•^

Les documents ne nous donnent pas de lumières concernant Jaquéme, la fille et l'héritière de Claude de La- Sarra. On doit présumer qu'elle renonça en faveur de sa mère, Jaquemette de Seyssel, à ses prétentions sur la seigneurie de Mont le-Grand ". Celle-ci pourrait avoir eu des droits de reprise de dot sur cette terre.

Jaquemette de Seyssel, dame de Mont-le-Grand, eut un troisième mari. Sous l'année 1450, elle était la femme de messire Jacques de la Baume, seigneur de L'Abergement et de Marbois, chevalier. Celui-ci donna son consentement à la donation que fit, le 16 août 1456, la dite Jaquemette

* Dans ce cas, la date de ces partages, soit le 26 février 1446, serait indiquée d'après le style de la Nativité, ou bien l'auteur de l'inventaire précité l'aurait réduite en nouveau style.

* Inv. vert, littera Y.

* Selon une note de M. Frédéric deGingins (manuscrits au château de La- Sarra), la fille de Claude de La-Sarra, fernme d'Antoine de Saint-Trivier, refusa de se prévaloir des dispositions testamentaires de son père en sa faveur, leva sa légitime et se contenta de 600 florins annuels à elle assignés sur la dîme des Chevalley {des chevaliers), à Germagny.

de Seyssel, son épouse, en faveur de Guillaume de Saint- Trivier, seigneur de Branges, son fils, de divers biens et hommages, à Bougy-Millon, Bière elBérolles*.

Le 25 mars 14-57, style de la Nativité, Guillaume de Saint-Trivier, seigneur de Mont-le-Grand, prêta hommage lige à François, comte de Gruyère, baron d'Aubonne, pour les fiefs, mouvants du château de ce lieu, qu'il tenait, à cause de celui de Mont, dans les villages et territoires de Bière, BéroUes et Bougy-Millon, comprenant la généralité de ses possessions dans les prédits villages (en hommages, censés, directe seigneurie, mère et mixte empire et omnimode jurisdiction). L'hommageant tenait ces biens en vertu de la donation que lui en avait faite, le 16 août de l'année précédente-, Jaquemette de Seyssel (sa mère), dame de L'Abergement, Marbois, Sandrens et Mont-le- Grand. Il réserva les hommages et fidélités qu'il devait au duc de Savoie, à celui de Bourgogne, au prince d'Orange et au seigneur de Saint Georges'. Les hommages prêtés pour ce fief par les prédécesseurs de Guillaume de Saint-Trivier à ceux du comte de Gruyère sont rappelés dans ce document, savoir : par le noble Ebal, seigneur de Mont, par Jean, seigneur de Mont, chevalier, son fils, et enfin par Elinode de Varembon, veuve du prédit Jean de Mont *, comme mère et tutrice et au nom d'Artaud de

' Titres des aich. du château de La-Sarra, N° 563. Et F» 245 derinvenlaire des dites archives.

* Acte reçu par le notaire Henri de Gignay.

' De la maison de Vienne, duquel Guillaume de Saint-Trivier tenait en fief le château et le bourg de Branges, eu Bourgogne.

* 11 y a ici une grosse erreur, puisqu'Elinode de Varembon était la veuve de Jean (IV), seigneur des Monts, arrière-petit-lils de Jean (I) (fils d'Ebai),

Mont, son fils, devenu chevalier et seigneur du dit Monlle-Grand. L'hommage de Guillaume de Sainl-Trivier au comte François de Gruyère fut prêté en présence d'un grand nombre de témoins, parmi lesquels on remarque : Richard de Colombier, seigneur de Vufflens, Guillaume, seigneur de La-Sarra, Humbert de Colombier, seigneur de Vuillerens, Jean Champion, seigneur de la Bâtie, Antoine de Jolens, bailli de Lausanne, Mermet Christine, procureur de Vaud, François de Gumoëns, seigneur de Bioley, et autres *.

Guillaume de Saint-Trivier étant qualifié de seigneur de Monl-le-Grand dans l'hommage précité, nous en inférons que Jaquemette de Seyssel, sa mère, lui avait fait cession, de son vivant, de la dite seigneurie ^

Ce seigneur de Mont-le-Grand avait un frère, nommé Jean de Saint-Trivier et qui était coseigneur de Branges. Celui-ci, se disposant à entrer dans l'abbaye de Sainte- Marie, de Pignerol, avait, à la date du 9 août 1450, avec l'autorisation d'un curateur nommé ad hoc, fait donation de sa part de biens, en faveur de son frère Guillaume, né, comme lui, de Jaquemette de Seyssel, sous réserve de 200 francs annuels en faveur de celle-ci, alors femme de messire Jacques de la Baume, chevalier, seigneur de i'Abergement et de Marbois, et de 100 florins annuels en faveur de l'abbaye précitée de Pignerol, jusqu'à ce qu'il ait obtenu un bénéfice de celle-ci. L'acte de cette donation dans lequel le donateur se dit fils du défunt Antoine, sei

qui avait prêté hommage, en 1315, à Guillaume Alamaiidi, comme mari d'Agnès de Villars, dame d'Aubonne.

' Titres du baill. de Morges, N" 589.

* Selon une note de M. Frédéric de Gingins, Jaquemette de Seyssel, veuve de messire Jacques de la Baume, apparaîtrait encore dans l'année 1471.

gneur de Sainl-Trivier, en Bombes, est daté de Bourg en Bresse et Iodé par le vice-bailli de celte province '.

Après Guillaume de Saint Trivier, dont l'époque de la mort ne nous est pas connue et qui ne paraît pas avoir laissé de fils, les terres et seigneuries de Mont-le-Grand et GenoUier appartinrent à Claude, l'une de ses deux filles, l'aînée, peut-on supposer. Huguelte, l'autre fille detjuillaume deSaint-Trivier, devint l'épouse de Barthélémy, le dernier baron de La-Sarra de la maison de Montferrand, duquel elle n'eut pas d'enfants.

Claude de Saint-Trivier, dame de Mont-le-Grand et de Genollier, imitant en cela l'exemple que lui avait laissé son aïeule paternelle, Jaquemelte de Seyssel, eut trois maris. Le premier de ceux-ci fut messire Adrien de Bubenberg, chevalier, seigneur de Spietz, apparaissant comme mari de la dame de Mont-le Grand , sous les années 1494 et 4505*. Après sa mort Claude de Saint-Trivier épousa Lancellot de Monldragon, seigneur du lieu de ce nom, châtelain de Morges, dans l'année 1516, pour le duc de Savoie% lequel n'était plus vivant l'année suivante. (Voir plus loin.) Enfin le troisième mari de la dame de Mont-le-Grand fut François (Noyel) de Bellegarde, maître d'hôtel et conseiller du duc de Savoie*.

Divers biens, situés à Saint-Oyen (de Bottères), avaient été reconnus, en fief noble, dans l'année 1497, en faveur « de la dame de Saint-Trivier, dame de Mont-le-Grand ^»

' Arch. château de La-Sarra, titre N» 561; Invent. F» 244. » Titres du bailL de Morges, Nos 519 et 581.

" « Ego Lancellotus de Monledragone, dominas ipsiusloci et Montismagni. castellanus Morgiaî. » (Titres du baill. de Morges, N°s 528 et 650.)

* Manuscrit Rebeur.

* Par noble Charles de Combaz, d'Orbe. (Manuscrit Rebeur.)

Celte dame était veuve de son second mari, lorsque, considérant qu'elle n'avait pas de postérité et que son héritage pourrait donner lieu à des différends, elle fit, le 1er aoiît 1517, une donation simple et irrévocable entre vifs, au duc Charles de Savoie, de la terre et seigneurie de Mont-le-Grand. L'instrument volumineux de celte donation, écrit en langue française, nous offre d'intéressants détails sur les terres de Monl-le-Grand et de Genollier, ainsi qu'un curieux aperçu des mœurs féodales de l'époque.

Par ce document Claude de Sainl-Trivier donne au prénommé duc de Savoie les châteaux, villes et mandements de Mont-le-Grand et Rolle*, avec les villages de Germagny, Hautecour, Perroy, Bougy-Millon, Bière, BéroUes, MoUens, Saint-Oyen, Bursinel {Bursonay)^, Arzier et une partie de Gilly, et toutes les autres dépendances du dit château de Mont ". Plus, à RoUe , la moitié des fours, la moitié ou le tiers (stc^ des bancs marcialx (de marché?).

* On pourrait supposer d'après ces expressions que le château, la ville et le mandement de RoUe faisaient partie des biens donnés par Claude de Saint- Trivier au duc de Savoie, ce qui n'était pas le cas, puisqu'ils ne lui appartenaient pas. La donation de cette dame comprend ce que celle-ci possédait à Rolle, c'est-à-dire les droits résultant du vidomnat et de la mestralie de cette ville, droits indiqués dans l'acte de la dite donation. Les seigneurs de Mont-le-Grand pourraient, du reste, avoir eu quelque maison seigneuriale à Rolle.

' On se rappelle que Henri (I), sire de Mont, possédait des droits de supériorité à Bursinel. Du reste, ce village n'est pas nommé dans le quernet d'Aymon de La-Sarra, en faveur du comte de Savoie, en l'année 1403, dans le nombre de ceux que comprenait le mandement de Monl. Il en est de même des villages de Saint-Oyen et d' Arzier.

* Avec tous les autres villages dépendants du dit château de Mont, est-il dit dans l'acte de la donation de dame Claude de Saint-Trivier.

toutes les langues des bœufs, les mesures, les moulins, les quêtes sur le lac et les cours d'eaux. La dite dame cède au duc de Savoie, dans la seigneurie donnée, le mère et mixte empire et toute la jurisdiction, haute, moyenne et basse, avec tous les édifices, territoires et « forteresses. » Les limites de cette seigneurie sont indiquées dans l'acte de la présente donation ; les ayant rapportées au commencement de cet ouvrage (pag. 4, note 1), nous y renvoyons nos lecteurs. Les droits généraux attachés aux prédits châteaux comprennent : les vassaux , les hommes nobles et non nobles et leurs hommages, les fiefs et arrière-fiefs, les roydes (corvées?), tailles, dîmes, lods, chasses, pêches, fours, moulins, raisses (scies), battoirs et autres artifices, les rives, rivages, terres, prés, colombiers, forêts, bois, cours d'eaux, esgaiges, pâturages, possessions cultivées et incultes, les bans, condamnations à peine de sang, à mort et à argent, tant criminellement que civilement, et en général tout ce qui dérive du pouvoir de glaive et de justice, les droits de patronage, les biens féodaux et allodiaux, les chemins, sentiers, leydes, gabelles, chevauchées, etc.

Voici maintenant les conditions de la donation faite par dame Claude de Saint-Trivier : Le duc de Savoie payera à celle-ci la somme de 1200 écus et lui fera une rente viagère annuelle de 200 écus, assignée sur le péage de Nyon. La dite dame aura l'usufruit viager des biens donnés. Le châtelain et les autres officiers de justice des lieux compris dans sa donation seront établis (députés) par le duc de Savoie sur le choix de la prédite dame, à laquelle ils rendront compte des revenus de la justice, du produit des amendes et des autres émoluments. Cette justice sera exer-

13i LES DYNÂSTES DE MONT.

cée au nom des deux parties, les armes du duc seront placées au-dessus des piliers publics et ailleurs et celles de la dite dame au-dessous des siennes. Les sujets de Mont conserveront leurs franchises et coutumes Ne sont pas compris dans la présente donation : le lieu, le village et la jurisdiction de Genollier, ni les vignes et autres biens ruraux acquis par feu messire Lancellot de Montdragon, mari de la dite dame et par elle-même, dès douze ans en ça, des biens procédés de feu Antoine Bertrand, qu'elle se réserve francs de tous services et tributs dus à Mont. Claude de Saint-Trivier se réserve encore dix à onze poses de vigne, situées hors des grand et petit clos de Mont, ainsi que tous ses biens meubles. La justice (la potence) de Genollier sera élevée à quatre piliers, auxquels se feront les exécutions des condamnés à mort. Le duc de Savoie inféodera à la dite dame, en augmentation du fief de Genollier, trois feux qu'il possède à Givrins, dépendance de Genollier, de plus, les hommes du dit Genollier ne ressortironl plus à Mont-le-Grand '. Les limites de la jurisdiction de Genollier sont indiquées ainsi qu'il suit: L'eau de la Golyne du côté de vent, affrontante la seigneurie de Nyon, le grand chemin de Gex entre deux ; Aubonne (c'està-dire la coseigneurie de ce lieu) des côtés de lac et de bise, affrontante la seigneurie de Mont-le-Vieux, la rivière appelée la Sigillé (Sysille) entre deux ; et la jurisdiction de Saint Cergues du côté de joux. Le duc de Savoie fera ratifier le présent contrat par son frère Philippe , comte de

• Il ressort de cette indication que la terre et seigneurie de Genollier était une dépendance du château de Mont. En séparant Genollier du ressort de Mont, Claude de Saint-Trivier établissait l'indépendance de cette terre de celle de Mont.

Genève. La somme de 1200 écus est payée par le mandataire du duc. Celle importante transaction datée du « poile^) de la maison d'habitation accoutumée de la dame de Montle-Grand, «située aux vignes S» eut pour témoins: Rodolphe Benoît, abbé de l'Isle-Saint-Jean et prieur de Perroy, Claude d'Alinges, prieur de Saint-Urbain, au diocèse de Bâle, et les nobles Georges d'Antioche , seigneur d'Yvoire et François de Senarclens, coseigneurde Grancy et deDullit. L'acteen fut reçu parLouisPingon, notaire, secrétaire ducal'-. Par une annexe à ce document, datée du 15 août suivant, Philippe de Savoie, comte de Genève, ratifia le contrat passé entre le duc Charles de Savoie et la dame de Mont-le-Grand\ Nous ignorons à quel titre celle ratification eut lieu.

La donation de dame Claude de Sainl-Trivier en faveur du duc Charles de Savoie n'eut pas d'effet, du moins en ce qui concerne la seigneurie de Mont-le-Grand. Celte dame s'étant remariée en troisièmes noces avec François de Belle-

' La dame de Mont-le-Grand n'habitait donc plus l'ancien château de Mont, déjà alors abandonné.

* Ce document rappelle la dame de La-Sarra, sœur de la dame de Montle-Grand. Nous avons appris que celle-là était Huguette de Saint-Trivier, épouse de Barthélémy, baron de La-Sarra. La tante paternelle de ces deux dames, savoir : Alexie, iille d'Antoine de Saint-Trivier et de Jaquemette de Seyssel, dame de l'Abergemenl et de Mont-le-Grand, avait épousé Guillaume, seigneur de La Sarra, chevalier, bailli de Vaud en 1458, dont elle fut la seconde femme et auquel elle survécut. Par acte daté du château de Mont, le 24 mai 1470 , la dite Alexie fit ériger un autel dans la chapelle de St.- Anloine, à La-Sarra. (Inventaire des arch. du château de La-Sarra, F" 161.) Il y a eu quatre alliances matrimoniales entre les maisons de La-Sarra et de Saint-Trivier. Les armoiries de celle-ci étaient d'or à la bande de gueules. (Guiclienon, Hist. de Bresse et de Bugeij.)

» Titres du baill. de Morges, N" 596.

garde, maître d'hôlel el conseiller du duc de Savoie, lui laissa, par testament, la seigneurie deMont-le-Grand*.

En revanche, le duc de Savoie, avec lequel elle traita sans doute pour la révocation de la donation qu'elle lui avait faite, obtint d'elle, au même titre, peut-on supposer, la terre de Genollier, qui passa de lui, en vertu de vente, à Georges de Rive, seigneur de Grandcour \

Selon la Collection Stercki, François de Bellegarde, veuf de Claude de Saint-Trivier, était seigneur de Mont-le- Grand, en 1536, lors de la conquête du Pays de Vaud par les Bernois, et il fit sa soumission aux nouveaux maîtres du pays.

L'époque de la mort de Claude de Saint-Trivier, dame de Monl-le-Grand , ne nous est pas connue. Lorsque, sous l'année 1519, Rodolphe Benoît, abbé de Saint-Jean de Cerlier el prieur de Perroy, avait accordé aux habitants de la ville de Rolle la permission d'édifier une chapelle audessus de la dite ville, Claude de Saint-Trivier, dame de Mont-le-Grand, avait donné la place nécessaire pour cette construction '\

Le 10 février de l'année 154.9, le noble el puissant Fran-

' Collection Stercki.

' Le manuscrit Rebeur rapporte qu'en l'année 1540, le noble et puissant Georges de Rive, seigneur de Grandcour, de Prangins et de Genollier, avait cause, quant à cette seigneurie-ci, de l'illustre Charles, duc de Savoie, premièrement (précédemment; de la noble Claude, fille du défunt noble Guillaume de Saint-Trivier, seigneur de Branges, Mont-le-Grand et Genollier, veuve en premières noces d'Adrien de Bubenberg, chevalier, et depuis de Lancellot de Montdragon el pour lors femme de François de Bellegarde, maître d'hôtel et conseiller du duc de Savoie. Selon le Dictionnaire hisl., etc., du canton de Vaud, Genollier aurait été vendu, dans l'année 1526, par le duc Charles de Savoie, à Georges de Rive.

» Titres du baill. de Morges, N" 601.

çois de Bellegarde, seigneur du lieu de ce nom, des Marches el de Mont-le-Grand, vendit, à Mont, au noble Claude de Senarclens, de Bursins, seigneur du prieuré de Perroy S la seigneurie, soit jurisdiction haute, moyenne et basse, avec tous ses droits et revenus, du village du dit Perroy, le tout à cause de la seigneurie de Mont-le-Grand, pour le prix de 200 écus d'or au soleil. La jurisdiction vendue s'exerçait depuis le Riepallex (le ruisseau du Rupalex) jusqu'à la Gordanne (le ruisseau de ce nom), et depuis le chemin de l'Etraz jusqu'au lac. Amé Mandrot, procureur patrimonial el commissaire des fiefs nobles du Pays de Vaud, loda la dite vente, le 15 mai suivant ^

Le vendeur, François de Bellegarde, était-il encore celui qui avait été le troisième mari de dame Claude de Saint-Trivier?

Le 3 mars 1551, l'acheteur, le noble Claude de Senarclens fil cession perpétuelle de l'instrument de la vente ci-dessus rapportée el de tout son contenu, «moyennant bonne satisfaction, » à Michel, comte et prince de Gruyère, baron de Mont-le-Grand '\

C'est qu'en etîet, le comte Michel de Gruyère, à la veille de perdre ses seigneuries héréditaires, avait fait l'acquisition de diverses terres importantes dans le Pays de Vaud et dans ses environs.

Le 18 décembre 1550, le dit Michel, comte de Gruyère, chevalier de l'ordre du roi (de France), seigneur d'Oron,

' LL. EE. de Berne avaient récemment inféodé le prieuré de Perroy au noble Claude de Senarclens.

' Titres du baill. de Morges, N" 6i7.

' Fait en Gruyère, au château du dit illustre comte, acte signé Poixu* (Titre cité dans la note précédente.)

baron d'Aubonne, de la Bâtie el de Mont-le-Grand, avait prêté hommage lige et vassal, dans le château de Gruyère, à LL. EE, de Berne, pour ses seigneuries de la Bâtie et de Mont le Grand '.

Le quernet prêté par le comte Michel de Gruyère en faveur de Leurs dites Excellences, pour les seigneuries de la Bâtie el Mont-le-Grand, sur les mains d'Urbain Quisard, porte la même date. Le comte Michel y déclare posséder la dite seigneurie de Mont-le-Grand en vertu de payement et satisfaction par lui faits à plusieurs créanciers envers lesquels il a fait sa dette propre des dettes faites par François de Bellegarde, seigneur des Marches et auparavant seigneur de Mont-le-Grand. Le comte Michel dit aussi dans son quernet avoir encore payé d'autres dettes hypothéquées sur la dite terre'-.

Selon V Histoire du comté de Gruyère, par le professeur Hisely, le comte Michel avait acquis les seigneuries de la Bâtie et de Mont-le-Grand de François Champion, son parent. Il avait cautionné ce gentilhomme ruiné et s'était mis en possession des dites seigneuries pour se récupérer des sommes qu'il avait dû payer pour lui.

' Acte reçu et signé par Urbain Quisard, de Nyon, notaire public, seigneur (le Crans, en présence de Charles de Challant, seigneur de Villarsel, d'Attalens, de Billeus et du Chàlelard, de Jean-François de Gingins, seigneur de Sales, d'Ame Ravier, seigneur de Montricher et de Saint-Martin-du-Chesne, de François Martine, maître d'hôtel du comte René de Challant, de Béat le Comte, seigneur de Mex et de Guillaume Nicod, maître d'hôlel du comte de Gruyère. Voy. Titres du baill. de Morges, N° 648.

* Voir le dit quernet dans nos archives cantonales. Ce document rappelle le quernet prêté par Fhérilier d'Artaud, sire des Monts, Aymon de La-Sarra, en 1403, en faveur du comte de Savoie, basé sur les pactes, conventions et confessions faites la veille de l'Epiphanie 1318, par Jean et Henri des Monts, avec Louis de Savoie, sire de Vaud, et en faveur de celui-ci.

D'après l'ouvrage que nous venons de citer, le comte Michel eut de graves différends avec François Champion au sujet de l'acquisition de Mont-le-Grand. Celui-ci lui contesta la jouissance de cette terre seigneuriale et vint habiter , avec sa famille, la maison de Mont-le-Grand et n'en voulut pas déloger. Le comte Michel ordonna à son châtelain du dit Mont de jeter hors de sa maison l'usurpateur qui s'en était emparé. Champion obtint du bailli de Morges d'être confirmé dans la possession de Mont, alors le comte en appela aux seigneurs de Berne, leur faisant observer qu'il avait accordé par bonté la maison de , Mont pour demeure à François Champion, que celui-ci n'avait aucun droit sur cet immeuble et qu'il demandait justice du tort qui lui était fait. Toutefois les seigneurs de Berne n'ayant pas prononcé dans cette affaire à la satisfaction du comte, ce seigneur leur adressa une lettre pour protester contre l'occupation par Champion de sa maison et de sa propriété de Mont-le-Grand , demandant la révocation de l'ordonnance rendue par le bailli de Morges.

Cependant, François Champion étant mort sur ces entrefaites, son fils Jacques continua d'habiter, avec sa mère, la maison de Mont et il poursuivit le procès commencé par son père contre le comte Michel. Celui-ci fut condamné en dernier ressort à payer la pension de 300 florins qu'il avait promise au défunt François Champion et qui était le nœud du procès, et de plus à acquitter à M"^® de la Bâtie, veuve de celui-ci, la somme de 3000 écus pour sa dot soit pour son douaire. Ces différends se traînèrent jusque dans le mois de janvier de l'année 1553 *.

' Wisély, Hist. du comté de Gruyère, II, pag. 457, 458, 461, 462 et 463.

Le quernel prêté par le comte de Gruyère pour la seigneurie de Monl-le-Grand ne mentionnant point François Champion comme ayant été l'anlé-possesseur de cette seigneurie, nous présumerions que les différends de celui-ci avec le comte Michel étaient plutôt la suite de l'acquisition que ce seigneur avait faite de lui de la seigneurie de la Bâtie, pour l'exécution des conditions de laquelle François Champion s'était mis en possession, comme gage, de la maison de Mont. Celle-ci était sans doute la maison de Claude de Saint-Trivier, située aux vignes, et qui était l'habitation accoutumée de cette dame, dans l'année 1517. (Voir pag. 135.)

Nous arrivons maintenant à l'acquisition de la baronnie de Mont-le-Grand, faite par Hans Steiger, trésorier de la ville et république de Berne et depuis avoyer de celle-ci.

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