‹ Les dysenteries chroniques et leur traitement par l'exclusion du côlonChapitre 22 sur 31 · ENG EE · texte numérisé non relu

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pour faciliter la formation des adhérences. Celles-ci sont en général très lentes à se former chez les dysentériques et Leveuf écrit dans une de ses publications : «Le péritoine des dysentériques réagit ordinairement mal et même dans les cas de perforation les adhérences sont à peine ébauchées». Folet a d’ailleurs trouvé des faits analogues et dans un cas il a constaté qu'après cinq jours il ne s'était formé aucune adhérence entre les deux feuillets séreux accolés.

À quel moment faut-il ouvrir l'anus ?

A ce sujet les avis sont partagés. Jacob demande qu’on ouvre l’anus 48 heures après la première partie de l'opération, tandis que Folet et Poncel l’ouvrent déjà le lendemain. En raison de la formation lente des adhérences, beaucoup d'auteurs, comme Sullivan, White et Bird, Leveuf et Muller, n’en font l’ouverture qu’au bout de cinq jours.

Dans nos cas de dysenterie, nous avons toujours ouvert l'anus le lendemain de l'opération et nous n'avons jamais eu de complications péritonéales.

A quel moment faut-1l fermer l'anus?

Il est très difficile de dire combien de temps le malade devra garder l’anus contre nature ; ce temps varie selon l'individu et avec chaque forme de dysenterie. Pour la fermeture de l’anus il faudra se baser sur les données cliniques. Dans un travail, Muller en présume les éléments que nous reproduisons ici :

a) La disparition des douleurs à la pression au niveau

du côlon (les douleurs spontanées ont en général cessé peu de jours après l'intervention) ;

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b) La régularité des fonctions intestinales: selles moulées normales ;

c) La disparition de tout écoulement pathologique spontané sanguin, muqueux, purulent ou l'issue de membranes par l’anus naturel ou artificiel ;

d) L'absence de ces mêmes éléments dans les liquides de lavage ;

e) Absence d’ulcérations ou cicatrices dans le rectum et l’S iliaque.

Cependant il peut arriver que malgré la constatation de tous ces indices favorables le patient ne soit pas complètement guéri; à peine l’anus est-il fermé que les symptômes de la dysenterie réapparaissent.

Dans ces cas le malade ne doit pas perdre patience et il faut se résoudre à refaire un nouvel anus.

En se basant sur les statistiques publiées on peut dire que la durée de l’anus artificiel varie de six semaines Hafun an:

Leveuf et Huyer disent que la plupart de leurs malades ont guéri au bout de 2 mois.

Nous n’avons pas eu l’occasion de constater une guérison après un aussi bref délai. Dans plusieurs de nos cas nous avons dû maintenir l’anus pendant 6 mois environ. Une de nos opérées a été porteuse d’un anus iléal pendant dix-huit mois, au bout desquels elle a quitté notre clinique entièrement guérie.

La fermeture de l'intestin se fait facilement par une double suture. Mais pour éviter le danger d’un rétrécissement intestinal nous sommes d’avis de faire d’emblée la résection de la partie de l'intestin qui portait l'anus. Pour rétablir la lumière intestinale on fait une anastomose latéro-latérale ou termino-terminale.

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Lorsque l'opération se fait du côté droit de l’abdomen il est prudent de faire en même temps l’appendectomie.

Labey aussi remarque à ce sujet : « Les crises d’appendicite se greffent souvent, quoiqu’on ait dit le contraire, sur le cadre de la colite chronique ; il paraît opportun dans les opérations dirigées contre les colites, de se débarrasser chemin faisant de l’appendice ».

Qu'elle anesthésie doit-on employer dans le traitement chirurgical?

Il est tout naturel que les grandes interventions comme la résection colique et l’entéroanastomose ne peuvent être pratiquées qu’en anesthésie générale ou rachianesthésie.

Pour les autres interventions on peut encore avoir recours à l’anesthésie locale. ÿ

Leveuf est partisan de ce mode d’anesthésie: «Le mode d’anesthésie n’est pas indifférent chez les dysentériques dont le foie présente toujours des lésions sérieuses et chez lesquels la broncho-pneumonie tardive est une complication habituelle ».

Dans deux cas Leveuf a employé la rachianesthésie qui lui a donné d'excellents résultats sans le moindre accident. Cette anesthésie est ‘très bonne puisqu'elle n’a d’action fâcheuse, ni sur le foie, ni sur les poumons.

Mais l’anesthésie la plus simple et la moins dangereuse est l’anesthésie locale ; elle est facile à réaliser et les malades la supportent très bien.

On l’obtient par injection d’une solution de novocaïne-adrénaline tout autour de l'endroit de l’opération. L’intestin n’est pas sensible si on n’exerce pas de traction sur lui. Si le malade devait souffrir quand-

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