‹ Les dysenteries chroniques et leur traitement par l'exclusion du côlonChapitre 7 sur 31 · FUN PORTES · texte numérisé non relu

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Cette forme de dysenterie chronique peut se terminer lors d’une poussée aiguë par une des complications que nous avons décrites plus haut. Dans d’autres cas, le malade s’affaiblit de plus en plus et arrive progressivement à la cachexie et la mort.

Il nous reste à décrire la dernière forme de la dysenterie chronique qu’on nomme «Dysenterie à cachexie progressive ». C’est la forme la plus grave et qui a causé jusqu’à présent le plus de victimes. La statistique de Huyer est très éloquente à ce sujet. Il a observé 26 cas de dysenterie à cachexie progressive, dont 23 se sont terminés par la mort.

Autrefois on croyait que la dysenterie amibienne seule pouvait provoquer la dysenterie à cachexie progressive, mais H. Vincent a décrit une forme prolongée de la dysenterie bacillaire qui aboutit également à la cachexie et à la mort.

Cette forme cachectique de la dysenterie fait suite à une poussée aiguë très sévère. Lorsque celle-ci est terminée, le nombre de selles diminue et les évacuations auparavant glaireuses et hémorragiques deviennent purulentes, séropurulentes ou séreuses. L'état général, au lieu de s’améliorer, devient de plus en plus mauvais ; le malade maigrit à vue d’œil et l’anémie progresse rapidement ; tout cela amène le malade en peu de temps à la cachexie.

P. Muller a très bien décrit l’état de ces malades: «Les malades sont squelettiques et demeurent inertes dans leur lit, répondant à peine aux questions qu'on leur pose. La peau est sèche, squameuse, prend une teinte terreuse et bronzée ; le ventre est excavé en bateau, la langue est rouge et sèche, l’appétit est aboli ;

les urines sont rares, très colorées et contiennent fréquemment de l’albumine. En même temps se fait une altération du foie avec teinte subictérique et décoloration des selles. Les malades sont couverts d’escarres qui s'étendent de jour en jour malgré tous les soins. Lorsque la mort est prochaine, il se fait la dissociation du pouls et de la température. Tandis que la température reste à 370, le pouls monte à 130 ou 140 pulsations et même davantage».

L'évolution de cette dysenterie à cachexie progressive s’accomplit en six à huit semaines.

A l’autopsie on trouve dans cette forme, outre les lésions de la dysenterie, de la péricardite et des lésions hémorragiques ou atrophiques des surrénales. C’est la preuve que l’état général est gravement atteint et qu’arrivé à ce stade la mort est inévitable.

Tandis que les dysenteries aiguës se guérissent en général très bien par le traitement spécifique, les dysenteries chroniques sont rebelles à tout traitement. Quoi qu’on fasse et qu’on tente. il est le plus souvent impossible de guérir ces malades, qui fatalement arrivent à la cachexie et la mort.

Aussi est-ce surtout pour ces affections chroniques qu'on a recours au traitement chirurgical.

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