II. LES FORMES CLINIQUES DES DYSENTERIES
D'après l’étiologie nous avons jusqu'ici divisé les dysenteries en trois classes. Mais nous pouvons encore établir une classification basée sur l’évolution clinique de cette affection. On peut alors répartir les dysenteries en 2 grandes catégories :
10 La dysenterie aiguë.
20 La dysenterie chronique.
10 Dans la dysenterie aiguë on peut enregistrer d’abord toutes les affections qu’on nomme «Dysenteries bénignes ». Comme symptômes, elles présentent le « Syndrome dysentérique » que nous avons déjà décrit plus haut. Cette forme de la dysenterie est la plus fréquente. Huyer en a observé 311 cas, ce qui représente environ la moitié de tous les cas qu’il a rencontrés. Ces dysenteries se guérissent facilement par le traitement général.
Mais il y a aussi des cas de dysenterie aiguë qui évoluent rapidement vers la mort. Ceux-ci ont été décrits comme «Dysenteriesnévrosantes et toxihémiques» La mort est provoquée par une hémorragie intestinale, une pérforation, ou simplement par une intoxication
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générale de l’organisme. Ces terminaisons fatales peuvent être provoquées tout aussi bien par l’amibe que par l’un des bacilles dysentériques.
Ravaut et Krolunitsky en 1916 attirent l'attention sur une forme suraiguë, ayant atteint des hommes relativement âgés, qui s'accompagne de fièvre légère, de hoquets, de pétéchies, d’abcès hémorragiques : l’évolution en est très grave.
20 La dysenterie chronique: Quelquefois la guérison d’une dysenterie aiguë est trompeuse et après une période de repos la maladie reprend. Il faut considérer ces cas comme des récidives et les placer dans la catégorie des dysenteries chroniques. Ces nouvelles atteintes peuvent se produire après des mois et des années de guérison apparente. La nouvelle poussée peut avoir l’allure de la dysenterie chronique. En général, la nouvelle poussée se fait après un refroidissement, un écart de régime, une fatigue, ou même quelquefois sans cause apparente. Cette nouvelle atteinte peut alors se guérir comme la première pour réapparaître quelque temps plus tard. C’est la forme qu’on nomme: « Dysenterie chronique récidivante ou à rechutes ».
Le plus souvent la guérison entre les accès aigus n’est pas complète. Les selles sont fermes et moulées et ne contiennent plus de sang ; mais la plupart du temps elles contiennent du mucus et des glaires. La dysenterie proprement dite a disparu, mais le malade est toujours atteint du syndrome entéritique, qui à été très bien étudié par Mouriquand et Deglos. Ces auteurs ont décrit ce syndrome spécialement pour la dysenterie amibienne, mais Huyer a pu l’observer aussi dans des cas de dysenterie bacillaire.