HISTORIQUE ET GÊOORAPHIE MÉDICALE
Par contre, pendant la guerre des Balkans, l’armée du Danube a compté 32451 cas (54,80 pour 1000) et 10 081 décès (17,02 pour 1000). L’armée du Caucase a eu 15 660 cas et 6 506 décès.
La maladie se manifesta par quelques cas au début de la guerre, puis s’étendit rapidement, surtout lors de l’apparition du froid, lorsque les hommes s’entassèrent dans les étables.
La proportion, dans l’armée du Caucase, a été la suivante :
Novembre 1877 .. 4,69 pour 1000.
Décembre —.19,65 —
Janvier 1878 . 43,85 —
Février —. 46,90 —
Mars —. 58,13 —
Avril —. 22,65 —
Mai —.12,38 —
Juin —. 6,08 —
C’est à Erzeroum et à Khorassan que furent les centres les plus gravement infectés. Certains régiments furent presque anéantis. Une compagnie du 74'= de ligne, entrant à Kara-Kilisse, était ainsi composée : en avant, un lieutenant, sur un brancard, paralytique avec escarres. A côté de lui, son sous-lieutenant. Ces 2 officiers et 8 hommes portant le brancard représentaient ce qui restait de la compagnie. « Le surplus, dit laconiquement Kosloff, était dans les hôpitaux ou dans la tombe. »
On retrouve le typhus pendant la guerre balkanique de 1912, parmi les armées belligérantes.
La guerre de Mandchourie n’a pas donné lieu à l’éclosion du typhus.
Pendant la guerre actuelle contre l’Allemagne, aucun cas de typhus exanthématique n’a été, jusqu’ici, observé dans l’armée française. La vérification bactériologique a montré, dans certains cas suspects, qu’il s’agissait de formes malignes et hypertoxiques de fièvre typhoïde ; le bacille typhique a été isolé dans le sang ou, après la mort, dans la rate et la vésicule biliaire.
La population civile a été également indemne.
Mais la maladie a sévi parmi les armées allemande et autrichienne, ainsi que dans l’armée russe, et parmi les habitants.
Dans les camps de prisonniers, en Allemagne, sous l’influence d’une hygiène déplorable et de l’abandon des malades, de très nombreux cas et décès sont survenus chez les soldats alliés.
En Allemagne, une centaine de cas sont actuellement relevés chaque mois dans la population civile. L’armée allemande n’a
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TYPHUS EXANTHÉMATIQUE.
pas été épargnée. Plusieurs médecins ont succombé au typhus.
Pendant la première année de la guerre, il y a eu, en Autriche-Hongrie, d’après Jeanneret-Minkine, environ 1500 cas de typhus par mois.
La Serbie a été, pendant la période actuelle de guerre, la plus cruellement éprouvée par le typhus. Soldats, habitants, ont succombé en proportion énorme. On estime que cette maladie a fait au moins 135 000 victimes; 160 médecins ont . péri en soignant les malades. Dans une ambulance américaine, 11 infirmières sur 14 ont été atteintes.
L’origine de cette redoutable épidémie est due aux 70 000 prisonniers autrichiens internés en Serbie et ayant apporté le germe; 35000 prisonniers succombèrent au typhus. Il a sévi partout et frappé presque chaque maison. On estime qu’une personne sur cinq a été atteinte. La mortalité hospitalière fut de 19 à 65 pour 100. A Belgrade, il y eut 7 000 cas en moins de six mois. Les villes de Valjevo, Nisch, Monastir, üskub, ont été gravement atteintes.
Il ne faudrait donc pas croire que cette maladie infectieuse est éteinte dans ces régions.
En dehors de toute période de guerre elle a régné, et règne encore, quoique avec une très faible fréquence, dans la population civile. En 1868, les indigènes d’Algérie, en état de famine, durent être assemblés dans des dépôts où le typhus ne tarda pas à apparaître. C’est alors qu’on vit pour la première fois des cas de typhus chez des Européens qui avaient été en contact avec des Arabes faméliques mais eux-mêmes exempts de typhus, au moins en apparence.
En Volhynie, en Autriche, en Hollande, quelques cas sporadiques sont assez souvent signalés.
L’Irlande, la Norvège, manifestent aussi des atteintes. En Espagne, Castellvi dit avoir observé, en 1909, à Madrid, 545 cas de typhus exanthématique. En Italie, une épidémie détermina, en 1888, 2 099 décès.
En France, on a signalé en 1870-1871, 551 cas et 121 décès par typhus à Riantec, près de Lorient. L’épidémie dura 14 mois (Gillet).
A Rouisan, on compte 165 cas en 1877; aux Iles Molènes, 284 cas et 12 décès en 1878; à l’île Tudy, 80 cas en 1891.