‹ Les dysenteries, le choléra asiatique, le typhus exanthématiqueChapitre 32 sur 36 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

ETIOLOGIE DU TYPHUS T .FS GA.USES PRÉDISPOSANTES

Le typhus exanthématique ne paraît épargner aucune race. Toutes les races (latine, slave, saxonne, indienne, chinoise, etc.), lui paient tribut. Les Arabes, les Turcs, sont cependant leurs victimes de prédilection.

Cette maladie est plus bénigne chez les enfants et les adolescents. Sa gravité s’accroît considérablement à partir de l’âge de 30 ou 40 ans.

La mortalité chez les enfants est de 3 pour 100; chez les adultes elle est de 8 à 20 pour 100, souvent plus. Elle s’accroît avec l’âge.

D’après Murchison, la mortalité pour 100 malades a été :

Plus de 30 ans.35 pour 100.

Pendant la guerre turco-russe, la mortalité chez les aideschirurgiens, infirmiers et hommes du train des équipages, a été à son maximum de 25 à 40 ans.

Les deux sexes ne sont pas frappés avec une égale fréquence. Les femmes sont plus souvent atteintes (Rochard).

Le typhus est une maladie des pays froids ou tempérés. Il est plus souvent observé pendant la saison froide, ainsi qu’on l’a vu pendant la guerre turco-russe. Pour Brill, la forme grave sévit surtout en hiver ; la forme atténuée, en été. Au Mexique, le typhus n’existe pas dans les villes où la température est chaude, comme à la Vera-Gruz. Lors de l’épidémie de Serbie, celle-ci s’arrêta en été.

Cette maladie a régné avec intensité en Serbie pendant la présente guerre, de fin décembre 1914 à juillet 1915. Les premiers cas sont apparus au mois de septembre, frappant sur-

tout les salles de dothiénentériques, à l’hêpital des contagieux de Valjevo. Ce fut pendant la retraite vers l’Albanie qu’elle atteignit sa plus grande intensité. L’épidémie fut « la plus grave que l’Europe ait jamais éprouvée » (Petrovitch). Au mois de mars, il n’y avait pas le plus petit hameau qui ne fût atteint du fléau. L’ensemble des causes favorisantes que l’on invoque le plus habituellement se trouvait réuni chez ce malheureux peuple.

L’entassement a pour conséquence la propagation plus facile du germe et de ses agents de transmission. C’est la même raison qui a déterminé l’extension si rapide du typhus dans les camps de prisonniers en Allemagne, pendant la guerre actuelle.

La famine, la misère physiologique ont été, de tout temps, incriminées comme des facteurs adjuvants du typhus. De là le nom de « typhus de famine » donné par les anciens médecins à la maladie. Toutefois, il convient de noter que ces conditions déprimantes marchent de pair avec le défaut d’hygiène vestimentaire et corporelle, la malpropreté individuelle et l’infection par la vermine qui joue un rôle capital.

L’anémie, les fatigues et les privations, la cachexie, impriment d’ailleurs à l’évolution clinique du typhus une marche spéciale particulièrement grave signalée dans toutes les épidémies de typhus associées à la famine. Dans ces circonstances, les formes bâtardes, non fébriles, sont également fort nombreuses et, parce que leur nature exacte est habituellement méconnue, contribuent à entretenir les cas épidémiques.

En Algérie, surtout dans la région contiguë au Maroc, le typhus s’entretient dans les nombreux campements où les Marocains vivent en promiscuité, sans précaution hygiénique. Une grave épidémie est survenue dans la province d’Oran, en 1906, à l’occasion des grands travaux de construction de la ligne de chemin de fer à Lalla-Marnia.

La moisson dans le Tell algérien avait également attiré de nombreux indigènes venus du Tafilalet et de Marakech où régnait le typhus. Plusieurs médecins étaient morts. Chassés par la famine, de nombreux Marocains cachectiques apportèrent le typhus dans les chantiers, chez les ouvriers des chemins de fer, les ouvriers agricoles, les mendiants et les indigents (méd. major Dauthuile).

Quels que soient les races et les pays infectés, le typhus

ÉTIOLOGIE.

exanthématique offre donc un ensemble de causes prédisposantes de nature assez uniforme. Il s’entretient surtout parmi les peuples pauvres et malpropres. Lorsqu’il s’attaque aux habitants civilisés, c’est, en quelque sorte, accidentellement. Il s’éteint sur place, sans donner lieu à un état épidémique franc.

Au contraire, dans les pays faméliques et aussi dans les armées, l'apparition du typhus peut présenter une gravité redoutable par son extension progressive.

Cette raison est intervenue parmi les prisonniers internés dans les camps allemands, en 1915. Leur nourriture très mauvaise, très insuffisante et non assimilable en partie, mettait les prisonniers en véritable état d’inanition (Davy et Brown, Leonetti). Ils ne prenaient un bain que tous les mois ou tous les deux ou trois mois et, couverts de vermine, ils étaient entassés dans des baraquements étroits, malsains, à cubage d’air de 6 m. cubes par tête ; l’atmosphère en était fétide. Toutes ces causes les prédisposaient au plus haut point à 1 infection.

Au camp de Langensalza, en avril 1915, la presque totalité des 1000 prisonniers contracta le typhus (Leonetti). 11 mourait en moyenne 35 hommes par jour, mal soignés, dépourvus de médicaments; les vêtements étaient insuffisamment désinfectés. Au camp de Niederzweren, le typhus a fait également de graves ravages. C’est seulement lorsque l’épidémie gagna la population civile et la garnison que des précautions furent enfin prises! L’épidémie du camp de Breslau fut encore plus meurtrière. A Erfurt, il y eut 600 cas sur 20000 prisonniers. Au camp de Gustrow, la situation hygiénique fut également déplorable. Les 12 000 prisonniers étaient entassés sur de la paille moisie, avec une seule couverture usagée et souvent déchirée, souffrant du froid et de la faim....

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