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Érars DYSTROPHIQUES MAMMAIRES ET FONCTION OVARIENNE
1) L'absence d’'hyperfolliculinie au cours des dystrophies. mammaires.
Nous avons pu mettre en évidence cette absence d'hyperfolliculinie par l'exploration eyto-hormonale au cours d’une. maladie de Reczus.
OBSERVATION. — La malade âgée de 46 ans a été opérée 4 ans auparavant d’un kyste solitaire du sein gauche parle Pr Le- NORMANT.
‘L'examen des seins révèle une maladie de Reclus bilatérale typique, la malade souffre de poussées douloureuses prémenstruelles. |
De plus, depuis 4 mois sont apparues des métrorragies : la malade: est bien réglée tous les 28 jours pendant 4 ou 5 jours, mais 5 ou 6 jours après les règles, petites pertes de sang rouge durant 1 jour ou 2. l
Pendant le dernier mois ces métrorragies de courte durée se Sont reproduites à 4 ou 5 reprises. Ces symptômes s’accompagnent de douleurs dans la fosse iliaque droite.
Antécédents : pas d’enfant, une fausse couche.
Au toucher vaginal, col normal, corps utérin petit, ovaire gauche normal. À droite : masse du volume d’une petite mandarine arrondie, lisse, régulière, rénitente, mobile, très sensible à la pression, très vraisemblablement ovaire droit kystique.
L’association maladie de Reclus, métrorragies, ovaire kystique, nous paraît particulièrement intéressante.
Exploration cyto-hormonale |
Le 12 juin 1937 (dernières règles : 19 mai ; biopsie pré-menstruelle) aspect folhiculino-lutéinique typique.
Le 22 juin 1937 (Dernières règles le 14 juin : biopsie post-menstruelle) aspect folliculinique typique.
Le 47 juillet 1937 (biopsie inter-menstruelle) aspect folliculinique typique.
Le 9 juillet 1937 (biopsie prémenstruelle) aspect follicuhino-lutéinique typique.
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Fig. 5. — Maladie kystique de Reclus 1
(Cliché Institut Cancer Paris) \ ï
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Fig. 6. — Endomètre d’une malade présentant une maladie kystique de Reclus (fig. 5), au 20€ jour du cycle menstruel.
(Cliché Institut Cancer Paris)
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Cette observation montre doncincontestablement l’absence de troubles de sécrétion ovarienne et en particulier l’absence d’hyperfolliculinie au cours d’une maladie de Recrus typique. |
Il faut d’ailleurs remarquer à ce propos que la constatation chinique de troubles des règles ne permet de tirer aucune conclusion sur la fonction ovarienne en raison de notre ignorance actuelle sur le mécanisme de la menstruation. Une sécrétion ovarienne normale peut s'accompagner de troubles des règles et inversement des menstruations régulières peuvent être associées à une fonction ovarienne perturbée (menstruations folliculiniques).
Récemment TavyLor (1936) examinant 31 malades atteintes de dystrophies mammaires n’a trouvé que 2 hyperplasies kystiques de l’endomètre révélatrices de l’hyperfolliculinie.
2) L'absence de dystrophies mammaires au cours des syndromes d’hyperfolliculinie.
Au cours des tumeurs de la granulosa (J. Varancor 1937) on ne décèle pas de modifications mammaires, pas d’apparition de lésions dystrophiques. On peut simplement noter l'augmentation de volume des seins faisant partie du syndrome de puberté précoce lorsque la tumeur de la granulose survient chez une fillette.
3) La fonction ovarienne semble un facteur nécessaire au développement des dystrophies mammaires.
— Celles-ci surviennent toujours entre la puberté et la ménopause.
— La cessation de la sécrétion ovarienne, la castration provoquent une régression des lésions.
Nous avons eu récemment l’occasion d’examiner une malade dont l’observation montre bien que la présence de follhculine est une condition nécessaire au développement de lésions dystrophiques de la glande mammaire.
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Malade âgée de 40 ans, mariée, sans enfants, souffre depuis très longtemps de douleurs mammaires prémenstruelles, pendant les cinq Jours qui précèdent les règles. Elle était d’ailleurs bien réglée, pendant trois Jours tous les 29 jours. En décembre 1938 on découvre un fibrome utérin révélé par des troubles urinaires, sans métrorragies : on pratique une hystérectomie subtotale, Pendant deux mois environ la malade ne présente aucun phénomène douloureux mammaire, mais souffre de troubles de castration importants. En un mois elle reçoit deux injections de 1 milligramme de benzoate de dihydro-folliculine. Les seins deviennent alors excessivement douloureux.
À l’examen on note que le sein droit est le siège d’un placard de fibro-adénomatose diffuse occupant la moitié externe de la glande et le prolongement axillaire. À gauche on note des modifications analogues mais moins nettes. Des deux côtés la palpation provoque une douleur extrêmement vive.
Cette observation montre bien que la folliculine est une condition nécessaire au développement d’un état dystrophique.
Par ailleurs elle prouve qu’il n’y a pas lieu d’incriminer une hyperfollicuhnie puisque deux milligrammes de benzoate de dihydrofolliculine par mois, c’est-à-dire une dose faible, ont suffi pour faire réapparaître un état dystrophique qui avait régressé après castration.
A côté de ces trois faits essentiels pour la discussion des rapports entre la fonction ovarienne et les dystrophies mammaires on peut signaler certains faits invoqués en faveur de l’origine folliculinique des dystrophies mammaires mais dont l'interprétation est en réalité délicate.
LacassAcne (1932) a montré, en utilisant le test d'ALLEN et Dors que le liquide de sécrétion colostrale contenu dans les canaux et les kystes contenait une quantité importante de folliculine. Ce fait a été confirmé depuis par d’autres auteurs, Lacassacne lui accorde une valeur pathogénique importante, interprétant la prolifération et les végétations de l’épithélium comme le résultat d’une action directe et locale de la folliculine contenue dans le colostrum.
En réalité ce n’est qu'une hypothèse, d'autant plus qu'il
n’est même pas prouvé que la folliculine ait une action directe sur lPépithélium mammaire.
DesmaresTt (1937) a trouvé chez 4 malades une hyperfolliculinurie établie d’après 2 titrages chez une malade et un seul titrage chez chacune des trois autres malades. Actuellement en raison de notre ignorance complète sur le métabolisme de la folliculine et sur les lois de son élimination rénale il est impossible d’accorder une signification précise à l'augmentation ou à la diminution du taux de la folliculine urinaire. C’est ainsi que Desmaresr lui-même estime que l’'hyperfolliculinurie est un signe d’hyperfolliculinie, mais que l’hypofolliculinurie traduit une rétention de folliculine au niveau du tissu mammaire.
D'ailleurs Taycor (1936) dosant la folliculine ‘urinaire tous les 3 jours chez 19 malades atteintes de dystrophies mammaires, soit 232 titrages, a trouvé des chiffres normaux.
Au total actuellement aueun fait clinique ne permet d’invoquer un trouble de sécrétion ovarienne comme facteur déterminant des dystrophies mammaires. L’exploration cyto-hormonale nous à permis d’aflirmer l’absence d’hyperfolliculinie dans un cas typique de maladie de Reczus avec troubles génitaux associés.
Par contre la sécrétion ovarienne semble un facteur nécessaire dans l’apparition de lésions dystrophiques de la glande mammaire.
Elle semble conditionner un terrain favorable au développement des dystrophies. Ce fait peut d’ailleurs être rapproché des travaux sur les facteurs héréditaires du cancer (Maun Srye). Chez les souris de la souche Loeb-Lathrop- Simpson, 90 % des femelles présentent des cancers de la mamelle. La castration pratiquée dès les premiers jours de la vie fait baisser cette fréquence dans des proportions considérables, pratiquée vers l’âge de 6 ou 7 mois elle n’a plus aucune influence.