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Etats dystrophiques mammaires et lobe antérieur de l’hypophyse. — Si on possède actuellement des observations de tumeurs hypophysaires avec galactorrhée voire même avec gynécomastie (CarNorT) nous n’avons pu relever d’observations de tumeurs hypophysaires s’accompagnant de dyÿstrophies mammaires chez la femme.
Les explorations cliniques que nous avons pu faire se sont également montrées négatives. Dans 3 cas la recherche d’élimination urinaire de gonadotrophine a été négative; TayLor a obtenu des résultats identiques dans 14 cas.
Chez 3 malades nous avons fait pratiquer des radiographies du crâne, on ne notait aucune modification de la selle turcique.
Etais dystrophiques mammaires et système nerveux. — Une magnifique observation de LECÉNE met en évidence le rôle possible du facteur nerveux au cours des dystrophies mammaires. Il s'agissait d’un homme qui présentait une fibroadénomatose diffuse unilatérale et qui avait reçu un éclat de orenade à la hauteur de la 5€ côte. À l'intervention l'éclat fut trouvé dans la gouttière sous-costale au contact même du nerf. Son ablation fit disparaître les lésions en quelques semaines.
Ernsr a observé une jeune fille qui présentait des douleurs mammaires prémenstruelles. L’exérèse d’un neurinome de la chaîne sympathique entraîna du même côté un certain degré d’atrophie de la glande mammaire et la disparition des phénomènes douloureux prémenstruels.
On a rapporté plusieurs cas d’hypertrophie mammaire unilatérale avec côte cervicale du même côté.
Dans 5 cas de dystrophie unilatérale ou prédominant nettement d’un côté Roussy et Mosincer ont pratiqué des épreuves cutanées à l’histamine. Dans un cas la réponse était nettement diminuée dans le territoire des 2€, 39 4€ et 5e nerfs intercostaux.
Quelques fais cliniques difficiles à classer et à interpréter.
Le terrain sur lequel évoluent ces dystrophies est assez spé-
CAP ue
cial. s’agit le plus souvent de femmes qui n’ont pas eu d'enfants, maigres, nerveuses, au regard brillant. Il n’est pas rare de trouver un corps thyroïde un peu augmenté de volume. |
L'examen génital montre assez souvent un utérus petit, rétroversé, un col atrophique, des culs-de-sac latéraux rétractés et sensibles. Les auteurs américains attachent une grande importance à ce syndrome qu’ils étudient sous la dénomination de chronic parametritis et que TaAyLoR a retrouvé dans plus de 20 % des cas de dystrophies mammaires.
L'hypertrophie nette du corps thyroïde est relativement fréquente et TavyLor estime à 10 % sa fréquence au cours des dystrophies mammaires.
Inversement les basedowiennes souffrent fréquemment de congestion mammaire prémenstruelle qui peut d’ailleurs s'accompagner d’une poussée thyroïdienne.
Les troubles des règles malgré l’opinion classique ne nous ont pas paru avoir une fréquence bien particulière surtout si on considère que beaucoup de maladies de REczus sont observées à la période préménopausique.
Tavzor défend la même opinion basée sur l’examen de 231 malades atteintes de dystrophies mammaires.
Dans l’ensemble d’ailleurs tous ces faits sont à l’heure actuelle difficiles à interpréter. On ne peut que les enregistrer en attendant que les progrès de la physiologie mammaire permettent de les intégrer de façon précise dans le cadre des facteurs déterminants des dystrophies mammaires.
Conclusions.
L'analyse des faits cliniques, leur confrontation avec les faits expérimentaux ne permet pas actuellement de proposer une théorie pathogénique des dystrophies mammaires.
L'hypothèse d’une perturbation de la sécrétion ovarienne et en particulier d’une hyperfolliculinie peut être écartée.
Il n'en reste pas moins que la sécrétion ovarienne tout en
MNT TRES
n'étant pas à l’origine des dystrophies mammaires est une condition nécessaire à leur développement.
En raison des faits expérimentaux et de certains faits cliniques on est tenté de chercher l’origine de ces lésions mammaires du côté de l’hypophyse ou du système neuro-végétatif ; mais actuellement il est difficile de progresser dans cette voix puisque à ce sujet tous les problèmes de physiologie normale ne sont pas encore complètement élucidés.