‹ Les Dystrophies MammairesChapitre 58 sur 66 · LE TRAITEMENT PAR LA DI-IODO-TYROSINE · texte numérisé non relu

LE TRAITEMENT PAR LA DI-IODO-TYROSINE

Ce n’est pas un traitement hormonal à proprement parler, mais plutôt un traitement à visée hormonale.

Il a été employé par Pazmer (1937) dans les « mastoses nodulaires » (fibro-adénomatose simple) après l’observation d’une régression rapide dans un cas où les lésions mammaires étaient associées à des métrorragies préménopausiques pour lesquelles avait été prescrit le traitement par la di-iodotyrosine. Dans 4 cas le traitement (2 comprimés à 0 gr. 10 pendant 10 jours) a provoqué une amélioration d’une rapidité surprenante, la régression du noyau étant évidente dès le 8€ jour, la disparition totale demandant de 3 à 6 semaines. Personnellement nous avons traité deux cas suivant ce procédé.

L'observation de l’une de ces malades a déjà été relatée à l’occasion du traitement par l’hormone gonadotrope (obs. 1), le traitement par la di-10do-tyrosine a donné une amélioration légère des signes fonctionnels, pas de modifications objectives.

Notre deuxième cas concerne une malade de 20 ans, sans enfants, qui a été opérée trois semaines auparavant de 2 kystes isolés du sein droit. Elle présente dans le sein gauche un kyste semblant isolé dans le quadrant supéro-externe et un placard induré avec de petits grains de plomb dans les quadrants internes. Poussées douloureuses prémenstruelles. Règles irrégulières durant 7 jours, douloureuses.

Au toucher vaginal corps et col utérins atrophiques.

Exploration cyto-hormonale (7 jours après les règles)

q É ; +‘ Fr ‘4 À ; | J

nette réaction folliculinique avec signes d'activité sécrétoire.

On institue le traitement par la di-iodo-tyrosine, un mois après très légère amélioration fonctionnelle, aucune modification objective.

Une expérience aussi réduite ne nous permet pas de juger la méthode.

Elle semble assez logique en raison du terrain sur lequel évoluent souvent ces dystrophies et de la fréquence avec laquelle on note un syndrome thyroïdien léger.

Dans l’ensemble l'étude et la critique des travaux publiés sur les différentes thérapeutiques hormonales ne nous ont pas laissé une impression extrêmement favorable : en particulier nous n’avons pas trouvé un seul examen histologique qui permette d'affirmer la possibilité de guérison anatomique par ces méthodes. Dans toutes les statistiques les améliorations sont essentiellement subjectives. Quant aux améliorations objectives, disparition des noyaux, changement de consistance de la glande, les seuls cas pour lesquels on a pu disposer d’un contrôle histologique montrent qu’elles ne correspondent pas à une guérison des lésions mais à une transformation de celles-ci qui n’est peut-être pas très rassurante.

Une expérience personnelle d’ailleurs extrêmement restreinte et incomplète n’a fait que confirmer ces notions. Jusqu'ici, mais peut-être provisoirement, les thérapeutiques hormonales sont pour la plupart dénuées de base théorique solide et dans Pappréeration de leur efficacité manquent deux critériums qui nous apparaissent comme d’une importance considérable : des résultats anatomiques, des résultats éloignés.

A l’actif de ces méthodes il n’en reste pas moins la fréquence des améliorations fonctionnelles extrêmement appréciées de la part des malades. Peut-être d’ailleurs le psychisme, dont on connaît l'influence sur l’évolution des affections dystrophiques du sein, joue-t-1l un rôle dans cette

Page 1