‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 107 sur 672 · LE RENONCEMENT · texte numérisé non relu

LE RENONCEMENT

vigne vendant sa maison pour construire sa tour, et le roi faisant tous les sacrifices pour mener sa guerre à bonne fin. Les paraboles ne font pas ressortir directement l'obligation du sacrifice total, mais elles font entendre qu'il vaut mieux ne pas tenter ce sacrifice lorsqu'on n'est pas capable de le faire complet ni d'y persévérer. Cet enseignement ne comporte pas d'application dogmatique : l'on aurait tort d'en déduire qu'il y a deux catégories de disciples, et que le renoncement absolu n'est pas imposé à tous ceux qui veulent entrer dans le royaume, ou bien qu'il peut y avoir d'autres voies que celle-là pour être sauvé*. Peut-être est-ce pour avoir été un peu déconcerté par ces paraboles, que Matthieu les a négligées.

Si l’on veut que la réflexion sur le sel soit en rapport avec l'instruction qui la précède immédiatement, il faudra dire que le ministère du disciple est en soi quelque chose d’excellent, mais que s'il n'est pas soutenu par le renoncement, il perd son efficacité, devient inutile et n’a plus de raison d’être. Néanmoins le mot de la fin : « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! » donne à supposer que le narrateur faisait de cette sentence une application particulière aux auditeurs de Jésus. Le judaïsme et ses chefs étaient le sel de l'humanité; infidèles à leur mission, puisqu'ils sont indociles au Christ, et qu'ils ne comprennent pas la leçon du renoncement par lequel ils deviendraient disciples de l'Évangile, ils se sont affadis et ne sont plus bons à rien, ils ont perdu leur droit au royaume des cieux. Par cette interprétation de la parole traditionnelle relative au sel de la terre, le discours sur le renoncement se trouve subordonné à l'idée qui domine les récits et les discours précédents, à savoir la réprobation d'Israël et la vocation des Gentils?.

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