‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 106 sur 672 · Mr. v · texte numérisé non relu

Mr. v

Sd. LC. XII, 22.

32. Et s'il ne peut pas, pendant que celui-ci est encore loin, il envoie u ambassade et demande à faire la paix. 33. Ainsi donc, quiconque d'entre

vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple.

34. Donc le sel est bon : mais si le sel même s'affadit, avec quoi l'assai-

sonnera-t-on? 35. Il ne convient ni en terre, ni en fumier; on le jette =

dehors. Qui a des oreilles pour entendre entende ! »

Pour suivre véritablement Jésus, il faut se renoncer soi-même,

lui sacrifier les affections les plus légitimes, être prêt à marcher sur ses pas jusqu’à la mort où il va lui-même. Si l’on n'est pas capable d’une telle abnégation, on aurait tort de prétendre au rang de disciple. L'on ressemblerait à un homme qui voudrait bâtir une tour, non sans doute une maison ayant forme de tour, une sorte de forteresse, mais une tour de garde comme il y en avait dans les vignes {, sans savoir s'il pourra faire les frais de la construction, et qui s'expose ainsi au ridicule de ne pouvoir mener à bonne fin son entreprise ; ou bien à un roi qui s'en irait en guerre sans savoir si ses troupes pourront tenir tête à celles de l'ennemi, et courrait au-devant d’une défaite certaine. Dans le premier cas, le propriétaire « s’assied » pour faire son calcul: dans le second cas, le roi « s'assied? » pour délibérer avec ses capitaines. On a supposé, sans grande nécessité, que les rapports d'Hérode Antipas avec son beau-père Arétas, roi des Nabatéens, avaient fourni la matière de la seconde parabole. Les deux comparaisons n'ont, en elles-mêmes, rien d’allégorique ; elles signifient qu'on ne peut être disciple de Jésus si l’on n'est pas prêt pour l’action et la lutte qui s'imposent au disciple.

La conclusion : « Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède », c'est-à-dire à tous ses biens, « ne peut pas être mon disciple », ne s'adapte qu'à moitié aux paraboles: c'est une addition rédactionnelle qui achève d'encadrer celles-ci dans le précepte du renoncement. Pour que la conclusion fût en harmonie avec les paraboles, il eût fallu qu'on montrât le propriétaire de la

1. Mc. x, 1. Il s'agit d’une eutreprise qui est à la portée des auditeurs : (v. 28) ris yap &€ bu&v. Le second exemple (v. 31) est tout différent. 2. Ss. Sc. n'ont pas xabtoac au v. 31.

sea:

: L ee LP 4 4 dt LR LEE

bé

Page 1