Cf. I Rors, x, 8 ; II Rois, xxv, 19; Esru
Le texte ordinaire de Matthieu présente, avant la parabole, cette réflexion, qui manque dans les plus anciens manuscrits, et ne se relie pas bien au contexte : « Car le Fils de l'homme est venu pour sauver ce qui était perdu. » Ce doit être une interpolation faite d'après le troisième Évangile !. Elle est en rapport avec le sens primitif de la parabole, non avec celui que suggère l'évangéliste. Les petits dont parle Matthieu ne sont pas perdus, ils seraient exposés à se perdre si on les scandalisait. L'addition provient de ce que la parabole n'est pas amenée naturellement.
Si l’on compare les deux recensions de la parabole des Brebis, il semble que la signification et la forme primitives ont été mieux gardées par Luc. La variante du début ? : « Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis », prouve que l'interrogation vient de source ; mais la leçon de Luc ? : « Qui d’entre vous, ayant cent brebis », est plus vivante et plus naturelle. Matthieu, qui a placé la parabole dans un discours aux disciples, ne pouvait supposer parmi ceux-ci un propriétaire de cent brebis. Dans Matthieu, la brebis « s'égare » ; dans Luc, l’homme la « perd »; la formule de Matthieu “ n'implique pas une faute de la brebis ; mais ce n'est peutêtre pas sans arrière-pensée d'allégorie qu'on lui attribue, en quelque sorte, l'initiative de sa disparition. Luc fait laisser les quatre-vingt-dix-neuf brebis dans le désert ; Matthieu dit : « sur les montagnes », pour signifier la même chose ; il omet les mots : « Jusqu'à ce qu'il la trouve », qui marquent le but de la recherche, et qui doivent être de source ; la formule : « s'il arrive qu'il la trouve », paraît exprimer heureusement l'incertitude de la rencontre, mais elle est employée pour abréger, parce qu’on ne raconte pas la découverte, et que l'on se hâte vers la conclusion; l’application qui vient ensuite a l'air de couper le récit, quoi qu'on en ait retiré une partie pour la mettre dans le récit même, en disant que l’homme a plus de joie pour la brebis retrouvée que pour les quatre-vingtdix-neuf non égarées. Il est possible que Luc, qui ne hait pas les additions descriptives, ait conçu le trait du berger mettant la brebis
1. Le. xix, 10. Mr. xvinr, 11 est omis dans B L, Ss.; il se trouve dans Sc. D et la plupart des mss. et versions.