‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 116 sur 672 · Jüricner, Il · texte numérisé non relu

Jüricner, Il

5. V. 22. Plusieurs témoins omettent 4/5 devant ££evéyxare, peut-être parce que, entendant ce passage allégoriquement, on ne pensait pas que le péché dût être si vite pardonné (JüLrcmer, loc. cit.).

6. Interprétation chère à la tradition catholique, parce qu'on y voyait la restitution de l’innocence et de la grâce (cf. Conc. Trid., De justif. cap. 1v, fin.). « Quae allegoria non satis convenit cum sensu literali..….. Haec omnia quae hoc versu dicuntur, nihil mihi aliud significant, quam adolescentem illum in filii locum a patre repositum fuisse, ideoque servis imperatur, ut illi asservirent, ut vestirent, calcearentque et annulo insuper adornarent. Ves-

revête de cette robe de fête, et qu’on lui donne aussi un 4 son doigt, des souliers à ses pieds, comme il sied à un

pas seulement traité en fils, mais en hôte de distinction. Il y a un … veau gras à l'étable : qu'on le tue promptement !. !. Peut-on trouver meilleure occasion de festin et de réjouissances ? L'enfant qui était | mort est ressuscité ; il était perdu et le voilà retrouvé. Fos

Le père expose les raisons de sa joie, comme ont fait l’homme aux cent brebis et la femme aux dix drachmes ; mais, parce que la 3 É circonstance est plus importante, il emploie de termes plus solennels. Les deux épithètes « mort » et « perdu » sont à expliquer l'une par l’autre; le fils était mort parce qu'il était perdu pour son père, non pas précisément en tant qu'il était tombé dans le péché; il était mort pour les siens, descendu au dernier degré de la misère et de l’ignominie; il vit maintenant puisqu'il est retrouvé, puisqu'il est revenu, puisqu'il regrette le passé. Le père parle selon sa qualité, non pas en juge des consciences, et moins encore en théologien. Cependant l'évangéliste a dû choisir les mots en vue de l’application religieuse et morale ? |

Si la parabole finissait en cet endroit, elle serait exactement parallèle aux deux précédentes, mais elle contient une seconde partie qui ramène avec intention la conclusion de la première.

Luc, xv, 25. Cependant son fils aîné était aux champs, et, en revenant, comme il approchait de la maison, il entendit (un bruit) de musique et de danses, 26. et, appelant un des serviteurs, il s'informa de ce que c'était. 27. EL celui-ci lui dit : « C'est que ton frère est venu, et ton père a tué le veau gras, parce qu'il le retrouve en bonne santé. » 28. Et il se fâcha, et il ne voulait pas entrer; et son père, étant sorti, l’en

tirent autem non qualibet veste, sed stola, id est talari toga, quae non servorum, sed nobilium habitus erat atque pretiosissima. » Macponar, II, 265. L’explication allégorique est développée dans les Const. apost. II, 41 (Rescu, > 425-427), où le mot apyata prend la place de rewtn.

. € Vitulum saginatum ipsum Christum omnes omnino auctores interpreee (Sententia) literalis, opinor, non est. » Mazponar, IT, 267.

2, Jüzicer, I, 353. Il est possible que, dans le récit primitif, le père ait dit simplement : « Il était mort et il est ressuscité », et qu’on ait ajouté ensuite, pour l'harmonie avec les deux paraboles précédentes : « il était perdu et il est retrouvé » (J. Weiss, Lk. 527).

priait. 29. Et répondant, il dit à son père : « Voilà tant d'années que je te sers, et je n'ai jamais désobéi à tes ordres ; et tu ne m'as Jamais donné un chevreau pour faire réjouissance avec mes amis. 30. Et lorsque ce tien fils, qui a mangé ton bien avec des courtisanes, est arrivé, tu as tué pour lui le veau gras! » 31. Et il lui dit : « Mon enfant, tu es toujours avee moi, et tout ce que j'ai est à toi; 32. mais 1l fallait faire fête et se réjouir, parce que ce tien frère était mort et qu'il vit, qu'il était perdu et qu'il est retrouvé. »

Le repas était commencé ! lorsque le frère aîné, qui était aux champs, selon sa coutume, revint de son travail. On voit que la famille n'est pas censée de très haute condition. Le père a un bien qu'il exploite avec son fils et ses esclaves. Comme le fils approchait de la maison, il entend le bruit de la fête. La musique et les danses étaient l'accompagnement obligé d'un grand festin. Le père de famille s'était procuré un orchestre ? et des danseuses, afin de récréer ses convives pendant le repas. Le fils, avant d'entrer, veut savoir la cause de ce tapage inaccoutumé où il hésite à se risquer. Si l'on reçoit un grand personnage que l'on n'attendait pas, il n'est pas lui-même en costume présentable ; il a donc besoin de s'informer. Il appelle * un serviteur qui le met au courant : son frère est revenu bien portant: son père en a été si heureux qu'il a fait tuer le veau gras; voilà pourquoi il y a grande fête au logis. L'esclave dit ce qui est arrivé, il ne se permet pas de juger la conduite du père, ni de rappeler l’état du prodigue à son retour. Mais l’aîiné se révolte : une fête pour ce misérable qui n’a pas craint d'abandonner sa famille, qui a mangé tout son bien! Et dans sa colère l’ainé ne veut pas entrer.

Le père, averti, vient le trouver dehors et l'invite # à prendre part

1. V. 24. xat fp£avro edpoaiveshat n’est pas la conclusion de la première partie, mais le commencement de la seconde, le fond préparé pour la scène qu’on va décrire ; si la seconde partie était surajoutée, ce trait serait la transition ménagée entre la parabole primitive et l’appendice. Il a presque l'apparence d’une suture artificielle (cf. xvr, 26).

2. V. 25. souguwvia paraît s'entendre d'un instrument particulier (cornemuse), comme dans Dan. 111, 5,7, 10, 15. Cf. WELLHAUSEN, Le. 85. MERx, Il, 11, 329.

3. V. 26. Au lieu de tt &v eïn taôra, D lit té 0éXer roûto sivor (cf. Acr. 11, 12).

4. V. 28. rapexdker avrov ne signifie pas « il le consolait », ou « il l’apaisait », mais « il l'invitait » à faire ce qu'on vient de dire que le fils ne voulait pas, c'est-à-dire à « entrer » (cf. La. var, 4; vi, 41).

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