‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 119 sur 672 · DIRES FRET · texte numérisé non relu

DIRES FRET

eat AN FINE

L'ÉCONOME INFIDÈLE TE

toi? Rends le compte de ton administration, car tu ne pourras plus rester économe. » 3. Et l'économe se dit en lui-même : « Que ferai-je, puisque : mon maître m'enlève l'économat? Je ne puis pas bècher; j'ai honte de mendier. 4. Je sais ce que je ferai, pour que, quand je serai destitué de l'éco- > nomat, ils me reçoivent dans leurs maisons. » 5. Et faisant venir chacun des débiteurs de son maïtre, il dit au premier : « Combien dois-tu à mon maître ? » 6. Celui-ci dit : « Cent mesures! d'huile. » Etillui dit : « Prends ton billet, et assieds-toi pour écrire vitement cinquante. » 7. Puis il dit à un autre : « Et toi, combien dois-tu ? » Celui-ci dit : « Cent cors? de blé.» Il lui dit : « Prends ton billet, et écris quatre-vingts. » 8. Etle maitre loua l'économe infidèle de ce qu'il avait agi prudemment; car les enfants de ce siècle sont plus prudents à l'égard de leurs semblables, que les enfants de la lumière. 9. Et moi, je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses injustes, afin que, quand elles vous manqueront, ils vous reçoivent dans les demeures éternelles. 10. Celui qui est fidèle pour très peu de chose, est fidèle aussi pour beaucoup, et celui qui est malhonnèête pour très peu de chose, est malhonnète aussi pour beaucoup. 11. Si donc vous n'avez pas été fidèles pour les richesses injustes, qui vous confiera les vraies ? 12. Et si vous n'avez pas été fidèles pour le bien d'autrui, qui vous donnera le vôtre? 13. Nul domestique ne peut servir deux maîtres : car ou il haïra l'un et il aimera l’autre, ou il s’attachera à celui-ci et méprisera celui-là. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. »

La parabole met en scène un homme riche, qui avait un intendant ou économe, de condition libre, auquel il avait confié l'administration de sa fortune. Des gens qui ne voulaient pas de bien à l'intendant, le dénoncent au maître comme coupable de malversation. Soit qu'ils eussent fourni la preuve de leurs dires, soit que le maître eùt vérifié par ailleurs le bien fondé de leur accusation, ou qu'il crût avoir seulement des motifs de se défier, la révocation de l’économe est décidée. Lui-même ne proteste pas contre la sentence qui le frappe; d'où l'on peut conclure qu'il était réellement coupable. Cette circonstance importe d'ailleurs assez. peu au but de la parabole; on ne dit pas non plus si c'était par négligence ou maladresse, ou bien en volant son maître, que l'économe avait compromis la fortune dont il avait la gestion.

Le maïtre le fait venir, non pour l'interroger, « Qu'est-ce que j'entends dire de toi » étant une expression de mécontentement,

1. Béros (n2), mesure liquide valant environ trente-neuf litres. 2. 26905 (72) ,mesure sèche dix fois plus forte que la précédente.

son égard : qu Ï se prépare à rendre ses PE pe. | charge lui est retirée, La sentence paraît irrévocable dans la pective du récit?; on n’a pas besoin de savoir si elle a pu & révoquée. Dans l’état des choses, le maître ne peut ni ne veut g der son serviteur. Celui-ci ne se défend pas. Son sort est réglé pour le présent. Les réflexions qu'il va faire n’accusent ni les remords d'un coupable ni la révolte intérieure d’un innocent calommié. Ce &

monologue, comme il arrive ordinairement dans les récits populaires, RS remplace l’analyse des sentiments qu'a dû avoir le personnage mis en … cause. La préoccupation du nôtre est son avenir, et l'avenir n'est pas … À gai. L'intendant congédié ne peut prétendre à une situation comme celle qu'il vient de perdre. Reste le travail des mains. Mais bêcher la terre est dur pour un homme qui n'en a pas l'habitude. Cependant il n’a que cette manière de gagner honorablement sa vie; et s’il ne veut pas travailler, il n’aura de ressource que la mendicité. Mais mendier quand on a été dans un grand emploi, gouverné beaucoup d'hommes, qui riraient en voyant l’abaissement de celui qu'ils … ont connu dans l'orgueil de sa prospérité, ce serait une honte s insupportable. Que faire ?.…

Une idée lui vient. Le maître a des débiteurs dont l’intendant a par devers lui les reconnaissances. Il n'y a qu'à règler la dette d’une façon bien avantageuse pour eux. Le maître n’y verra rien, et ils donneront asile? à celui qui aura ménagé leurs intérêts. L’économe les mande promptement tous “, car le temps presse. Il a en main les billets, et on vérifie les écritures. Tous ceux qui ont acheté les denrées du maître, ou qui en doivent à celui-ci comme fermier ?, défilent

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