‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 121 sur 672 · Cf. Jn. xux, 36; I Taess. v, 5; ÉpPu. v · texte numérisé non relu

Cf. Jn. xux, 36; I Taess. v, 5; ÉpPu. v

4. V. 8. els tnv yeveav tny éavr@v se rapporte à la fois « aux enfants du siècle » et aux « enfants de la lumière », chacun des deux groupes constituant une « génération », une société. Ce n’est pas sans faire quelque violence au texte que l’on entendrait exclusivement par cette « génération » les « enfants du siècle » ou les « enfants de la lumière ».

L'ÉCONOME INFIDÈLE 161

morale qu'on en peut déduire. Jésus est censé souhaiter que ses disciples, dans le commerce de la vie, sachent aussi bien assurer leur intérêt éternel, que les gens du monde savent pourvoir à leur avantage temporel.

Cependant, il y a, dans la conclusion ainsi comprise, un point défectueux : si habile qu'ait été l’intendant, on ne conçoit pas que le maître le loue pour une fraude dont il est lui-même victime. Le trait serait invraisemblable. L'excuse de la fiction n’est pas admissible, la fable devant observer les apparences de la réalité. Comme un pareil manque de touche est chose inouïe dans les paraboles évangéliques, on peut conjecturer que le mot « seigneur » désignait, dans la rédaction première, Jésus lui-même, « le Seigneur ». La fin de la phrase exprime une pensée du Sauveur : n'est-ce point parce que le narrateur l'avait mentionné au commencement ? L’objection qu on tire de la suite : « Et moi je vous dis », etc., n’a de portée que si l'on admet l'unité primitive de composition. Si la parabole n'est pas ici dans son contexte primitif rien ne s'oppose à ce que la dernière phrase en ait contenu l’application directe : « Et le Seigneur loua l'économe infidèle comme ayant agi prudemment, parce que les enfants de ce siècle », ete. La substitution du maïtre à Jésus s’est faite dans la pensée des rédacteurs subséquents.

Savoir user du présent pour préparer l’avenir, c'est-à-dire pour s'assurer une part dans le royaume ; s’y prendre à temps pour obtenir ce résultat, telle est la signification générale de la parabole !. Mais, dans l'esprit de l’évangéliste, l'application a dû être plus particulière, et viser le bon emploi des biens terrestres, de l’exercice de la charité, en vue du royaume des cieux. Quoique la conduite du serviteur n’ait pas été présentée en exemple, une certaine analogie doit exister entre ce qu’on lui voit faire et ce que devra faire l’enfant de lumière, et c’est dans la notion de bienfait que réside cette analogie. Si la parabole est authentique, Jésus ne limitait pas le bienfait à l’aumône. Mais le récit est d'invention assez faible, et l’on pourrait être tenté d'y voir une transposition peu réussie de la parabole du Serviteur impitoyable dans Matthieu ?.

Un commentaire plus explicite de la parabole est donné ensuite : « Et moi je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses

1. Jüzroner, Il, 511, n’en admet pas d’autre. 2, xvin, 23-35, supr. pp. 94-98; cf. I, 157.

A. Loisx. — Les Évangiles synoptiques, II. 11

dont tel ou tel a pu les acquérir. La parabole suivante fera voir 4 qu'est un riche selon la conception biblique. Ce n’est pas au point de vue social que la richesse est ainsi condamnée; c'est en tant. qu'elle représente une puissance du monde ennemi de Dieu. Ici

Jésus ne regarde pas comme acquis par le vol les biens de ceux à

qui il s'adresse, puisqu'il ne parle pas de restitution?; et il ne. regarde pas tout à fait la richesse comme un péché en soi #, puis-

qu'on peut l’'employer à un bon usage.

Selon l'idéal de la perfection évangélique, la seule bonne manière d'utiliser les richesses est de s’en défaire au profit des pauvres. Les

pauvres sont les amis de Dieu. On a tout intérêt à les avoir aussi … pour amis. Quoi que l'on fasse, un temps viendra nécessairement

où les richesses feront défaut, à savoir le moment de la mort, ou le

jour du grand bouleversement qui servira de préambule au jugement général. Les deux termes peuvent se confondre dans la

perspective de l'avenir prochain. La leçon moins autorisée : « quand vous manquerez », pourrait avoir été introduite tout exprès pour rappeler plus directement la déposition de l'intendant et son entrée chez les débiteurs de son maître, à une époque où la distincetion de la fin du monde et de la mort des individus s'imposait à l’exégèse ‘. Celui qui a possédé des biens en ce monde sera tout heu-

RAA PTE

reux, lorsqu'il arrivera nu et dépouillé au seuil de l'éternité, de …

trouver des gens qui le recommandent au Maître suprême. Ce rôle des pauvres n’est pas autrement défini : il est peu probable que

1. V. 9. uauwv& ris aûtxtas. Voir I, 614. Le génitif désigne la qualité des richesses, quelles qu’elles soient, car le Mammon juste n'existe pas.

2NCITL CA xx, 6-0

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