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HS Éoiste et voluptueux, qui n'a pensé en ce monde ae + plaisirs, au lieu de distribuer ses biens aux pauvres pour mériter une place dans le royaume des cieux, est voué désormais à la dou - =
leur. Le pauvre, qui languissait dans la misère et subissait patiemment toutes les rigueurs de l'existence, jouit du repos et de l’abondance, en compagnie des saints de l’ancien temps, qui président à la félicité commune des amis de Dieu.
Cette conception eschatologique, propre au troisième Frans et maintenant essentielle au récit, donnerait à penser que la parabole, où se reconnaît d’ailleurs l'esprit de Jésus, différait notablement, dès sa première rédaction, du récit que le Sauveur a pu faire. Jésus ne semble pas s'être complu dans la description de l'au-delà, il annonçait l'avènement du règne de Dieu sur la terre, non la translation des pauvres dans le sein d’Abranam.
Ainsi le riche n'a plus rien à espérer pour lui-même. Un sentiment naturel d'affection pour les parents qu'il a laissés sur la terre le porte à faire uneautre demande à Abraham. Il ne voudrait pas que ses frères, qui sans doute continuent à mener l'existence joyeuse et insouciante qu'il menait autrefois lui-même, eussent la même destinée que lui après leur mort. Lazare ! ne pourrait-il pas les aller trouver, les prévenir du malheur qui les attend, s'ils ne changent de conduite, les décider à se convertir ? Cette requête est pareillement écartée. Abraham n’allègue pas ici l'impossibilité, mais l'inutilité de la démarche. Moïse et les prophètes, c'est-à-dire la Bible juive, désignée ici par ses deux parties principales, suffisent à instruire tout homme de bonne volonté : que les frères du riche écoutent Moïse et les prophètes, les envoyés de Dieu! Mais le riche sait bien que les gens de sa sorte n'ont pas grand souci des exhortations contenues dans le recueil des Écritures. Il faudrait quelque chose d'extraordinaire pour frapper leur esprit et les déterminer à croire :
1. Le riche dit (v. 27) : iowr® os oùv, rérep, va réuhns aërov. Cette ‘façon de désigner Lazare ne vient pas naturellement après v. 26. Plusieurs mss. latins (suivis par Brass) omettent le pronom; mais la désignation du messager est supposée v. 28 : ôrws Otauaotoontat adrois, et ce messager ne peut être que Lazare, bien que sa qualité de mort (v. 31), non sa personne, importe au résultat souhaité. La suppression du pronom vient peut-être de ce que le choix du messager a paru devoir être laissé à Abraham (Jücicer, II, 130).
si un mort venait les trouver, ils n'hésiteraient pas à changer de vie. Le riche le pense maintenant, parce que la réalité des tourments qu'il endure lui est plus sensible que celle de son indifférence passée; il s'imagine qu'il aurait écouté un mort qui serait venu le menacer des maux qu'il souffre actuellement. Abraham lui répond que c’est une illusion : là où Moïse et les prophètes ont échoué, un mort ressuscité ne réussirait pas Î.
La seconde requête du riche introduit dans la parabole une série d'idées que le corps du récit ne faisait pas prévoir. Pour sauver l'unité de l'ensemble et l'authenticité de cette finale, on a prétendu que la parabole avait pour objet de montrer aux riches la nécessité de faire pénitence, d'adhérer à l'Évangile ; la seconde prière serait destinée à écarter un prétexte des incrédules, et se rattacherait aussi naturellement au récit que le mécontentement du fils aîné à l’histoire du Prodigue *. Mais cette intention de procurer la conversion des riches ne résulte ni du récit principal ni de l’appendice. Le récit principal tend visiblement à montrer que la richesse n’est pas un bien réel ni désirable, et que la pauvreté n'est pas un mal à redouter, parce que la vie éternelle compense la misère du pauvre, et que le malheur éternel détruit les avantages passagers du riche. On ne dit pas à celui-ci qu'il aurait dù vendre ses biens ; on lui dit qu'il n’a pas lieu de se plaindre. Tout va donc à consoler les pauvres par l'espérance de la justice éternelle, qui pour eux sera miséricorde. C'est l'idée de la première béatitude, avec sa contre-partie dans le troisième Évangile : « Bonheur à vous, pauvres! Malheur à vous, riches 5. » Il est sous-entendu que le riche n'était pas un saint, puisqu'il est damné, et que le pauvre n’était pas un malfaiteur, puisqu'il est sauvé ; que la richesse est un grand obstacle à la conversion, et que la pauvreté rapproche de Dieu ; que, pour Jésus, riche et heureux de ce monde est à peu près synonyme d’incrédule à l'Évangile, et que, pauvre, méprisé, persécuté, signifie presque la même chose que fidèle. Mais la parabole ne dit pas la façon dont un riche peut éviter la réprobation et gagner le salut ; elle montre à quoi ont abouti respectivement, dans un cas donné, qui est typique pour
1. La variante z:5:e050051 (D, Vg.), au lieu de r215450vcx: (v. 31), est pour une application plus directe à la résurrection du Christ.
2. Marponar, Il, 292 a Es LJ. II, 60-61; Scmaxz, Lk. 422-423.