‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 138 sur 672 · Le. xr, 5-10; I · texte numérisé non relu

Le. xr, 5-10; I

triomphe des justes et la confusion de leurs ennemis. Peut-être remplace-t-elle un fragment du discours sur la parousie!, qui aura été transposé plus loin, dans l'apocalypse synoptique ?. La recommandation de prier toujours ne doit pas s'entendre d'une prière ininterrompue, mais l'expression est hyperbolique à dessein, pour marquer la nécessité de la constance dans la prière, si l'on veut être exaucé. L'idée toute moderne d’une disposition à prier, qui se traduit souvent par des actes d’oraison humble et sincère, n’est pas à introduire dans ce texte ?.

Il y avait, dit le Sauveur en sa parabole, un juge, dans une certaine ville #, qui était un homme sans conscience ; il ne craignait pas Dieu, et il n'avait pas non plus souci de l'opinion des hommes. On sait que l'Ancien Testament proteste en divers endroits contre la vénalité des juges, et que le culte de la justice pour elle-même n'a jamais été florissant en Orient. Le juge de la parabole n'est donc pas à regarder comme une exception, si ce n’est par l'absence de toute vergogne dans la violation du droit qu'il était censé faire respecter. Or il y avait, dans la même ville, une veuve à qui l'un de ses voisins avait fait tort. Seule et sans appui, la veuve avait recours au juge, et s’adressait à lui en suppliante®. La plainte est précise, comme il convient devant un tribunal; la femme ne demande pas seulement qu'on empêche son ennemi de lui nuire, mais qu'on le punisse pour le mal qu'il lui a fait. Mais le juge ne l'écoutait pas. Que lui importait le dommage causé à cette infortunée, et qu'aurait-il gagné à lui faire rendre justice ? Il n'avait pas

lLc\xvix, 20-37

Page 1