‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 158 sur 672 · LES ENFANTS · texte numérisé non relu

LES ENFANTS

pas lieu d’insister sur la valeur de ce mot, puisque l'évangéliste l’a substitué au terme plus large dont s'est servi Mare. Les parents voulaient que Jésus, reconnu par eux pour un homme de Dieu, touchât leurs enfants !, en leur imposant les mains, et en prononçant sur eux une parole de bénédiction ?. Ils croyaient ainsi attirer sur ces enfants les faveurs célestes. On demandait volontiers ainsi la bénédiction des docteurs renommés pour leur science et leur piété *.

Les disciples, pensant qu'il était inutile d'importuner le Maître pour si peu de chose, se mettent en devoir de repousser parents et enfants‘. Jésus blâme fortement leur conduite 5. Il profite de l’occasion pour leur rappeler la valeur morale de l'enfant et le mérite qui appartient à l'esprit d'enfance : « C’est à de tels (enfants) qu'appartient le royaume de Dieu. » La plupart des commentateurs entendent le mot « tel » dans le sens de « semblable », et pensent que le Sauveur parle ici d'enfants selon l'esprit. Cependant il ne paraît pas possible d’exclure les enfants à propos desquels cette parole est dite. On ne peut davantage la rapporter à eux seuls, comme si le royaume de Dieu ne pouvait appartenir qu’à eux. Rien ne s'oppose à ce que Jésus ait en vue les enfants et ceux qui leur ressemblent par l'esprit de candeur et de simplicité f. Le royaume de Dieu ne s'entend pas ici exclusivement de la parousie, moins encore de la prédication de l'Évangile, mais plutôt du salut dans son ensemble. C'est pourquoi il est possible de dire qu'on reçoit le royaume, et qu'on y entre : « recevoir » convient plutôt à la prédication et à la-grâce de l'Évangile; « entrer » vise de préférence la félicité éternelle où les justes seront admis. Recevoir le royaume est proprement en recueillir l'annonce avec la foi et les sentiments qui conviennent. Ayant donné cette leçon à ses

1. Mc. iva &bnrar adrüv. Le. va adt@v &rrntæ. Ss., dans les deux Évangiles : « pour qu'il leur imposät la main ».

2. Mr. va tas yeïpas En0 arois xai mposebEntar, d'après Mc. 16. Cf. Gex. xLVIII, 14; ACT. vi, 6.

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