‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 16 sur 672 · V. 20. îva undsv! root 671 adz6z ozr 0 Nc:ozds · texte numérisé non relu

V. 20. îva undsv! root 671 adz6z ozr 0 Nc:ozds

qu'à Mr. 16.

se réfère plutôt à Mc. 29,

suffisamment éclairée, puisque le Sauveur ne semble de son avenir que pour les mettre en garde contre courantes du temps et du milieu où leur vocation Mais ces instructions ne se présentent pas dans les m tions que l'anecdote précédente. L'anecdote, circo conclusions, a le caractère d'un souvenir historique p | est complète en elle-même et n'est pas à interpréter par « contexte. Les instructions de Jésus sur sa passion et sa rés

elles semblent donc se rattaohee à la thèse favorite du sic fs PE CN gile sur l'inintelligence des apôtres ; par conséquent, si elles ne sont 3 pas à expliquer indépendamment de l'anecdote qu'elles sont desti= Leu nées à compléter, l'anecdote, au point de vue historique, n'est pas à interpréter d'après ce commentaire. L'évangéliste a voulu faire entendre que la foi des apôtres galiléens était encore imparfaite, | monobstant la confession de Pierre. La tradition primitive ne savait pas que telle eût été la pensée de Jésus, elle était persuadée plutôt que la foi des disciples avait réjoui le cœur du Maître, mais elle savait aussi que Jésus avait interdit provisoirement aux apôtres la profession publique de leur foi.

La recommandation du silence ne doit pas faire suspecter aussi l'historicité de l’anecdote, puisqu'il est aisé de voir les raisons de cette réserve, et que la foi des disciples est tout aussi conforme aux vraisemblances historiques que l'attitude du Sauveur lui-même: Les apôtres avaient eu d'abord foi à la parole de Jésus, et s'étaient attachés à lui comme au prophète du royaume; mais ils n'avaient sans doute pas tardé à s'apercevoir que Jésus était bien plus qu'un prophète. L'autorité avec laquelle il parlait, ses miracles et la situation qu'il prenait à l'égard du royaume, dont il devenait l'agent et l'arbitre, plus encore que le prédicateur, leur avait suggéré que leur Maître était le Messie annoncé. Il est impossible de dire depuis combien de temps cette persuasion s'était emparée de leur esprit : ce fut sans doute un peu avant le départ de Jésus pour la Judée, et l'on ne doit pas supposer non plus un grand intervalle entre le

moment où leur opinion fut définitivement arrêtée sur ce point, et celui où elle s’exprima par la bouche de Pierre. Ni l'intention du récit, ni la vraisemblance n’invitent à croire que la foi des disciples aurait été longtemps muette, bien que déjà entièrement fixée.

Mais c’est chose remarquable que Jésus ait laissé ainsi se former une telle foi, sans la demander d'abord à ceux qui étaient les compagnons de son ministère. Une si grande réserve ne peut guère s'expliquer uniquement par la raison de sagesse pédagogique ; il faut, ou que Jésus lui-même ne se soit pas dès l'abord considéré comme le Messie, ou qu'il se soit tu parce que son idée du Messie était celle du Messie glorieux, qui n'était pas réalisée en lui pendant qu'il annonçait le royaume. Les deux hypothèses ne sont pas inconciliables, et elles se confondent même dans une certaine mesure. La première néanmoins, en tant qu'elle serait exclusive de la seconde est purement gratuite, et la seconde suffit à expliquer l'attitude du Sauveur. Elle permet d'attribuer au silence que Jésus s'impose, et qu'il impose à son entourage, un autre motif que celui de la prudence à l'égard des autorités politiques, faciles à inquiéter, et des masses populaires, faciles à soulever. La prétention messianique aurait été en contradiction avec le rôle préliminaire que Jésus remplissait d'abord. II convient aussi de se rappeler que le ministère de Jésus n’a pas duré longtemps, et qu'il ne faut pas mettre des années mais seulement des mois entre ses débuts et la confession de Pierre.

On peut soupçonner que la foi de ses disciples encouragea le Sauveur dans la tentative qu'il fit bientôt après sur Jérusalem. Dans la perspective de la narration évangélique, la confession de Simon s'oppose à la déclaration de Jésus touchant son avenir comme une connaissance imparfaite à une connaissance parfaite, à laquelle les disciples, nonobstant les instructions formelles du Christ, ne sont parvenus cependant qu'après l'événement. Le caractère conventionnel de cet arrangement est d’autant plus reconnaissable que les évangélistes n'ont pas à citer les paroles que Jésus aurait dites pour annoncer sa mort et sa résurrection; ils se contentent d'affirmer que Jésus a prédit l’une et l’autre, et leur assertion se formule uniquement d’après les faits accomplis !. En réalité, les

1. Mr. 21, fait même annoncer le départ pour Jérusalem, que Mare et Luce sous-entendent; mais Luc s'accorde avec Matthieu pour corriger Mc. 31, uerà

A. Loisy. — Les Évangiles synoptiques, IL. 2

‘(avec plusieurs mss. lal.) a dans Mr. per +

Le: pu" veille de sa AR; Jésus n'a pas annoncé en ter mélés à P ss

résurrection, et il en a encore moins fixé la date : il a fait entr seulement à ses disciples qu'il se retrouverait bientôt aw dans le royaume de Dieu !: il leur annonçait donc son M avènement, malgré la mort, s'il devait la subir, et la résurrection À était sous- AREAS dans l'hypothèse de la mort, comme condition re de la parousie. à RE C'est d’après ce témoignage qu'il faut juger les indications générales et apologétiques des évangélistes, Jésus n’a jamais parlé plus clairement de sa fin et de son avenir éternel que dans la dernière cène. En cette occasion, il ne prédit pas ce qui doit arriver : il parle de sa mort comme éventuellement imminente, parce qu'il la voit ainsi telle, et de son avènement dans le royaume, parce que er telle est sa suprême espérance selon la loi de sa vocation. Dans les prédictions réitérées qu'il est censé avoir faites auparavant, la … = tradition a introduit une rigueur qu'elles n'ont pu avoir; il est pro- , bable aussi qu'elle les à anticipées. Quoi qu'il en soit, le rapport des prévisions du Christ avec la confession de Pierre apparaît comme idéal et non comme chronologique : c'est affaire de rédaction et non d'histoire. Le véritable caractère de ce rapport est encore sensible dans la rédaction de Mare, où la liaison est assez flottante et trahit la superposition de la théologie au fait; il est déjà effacé dans

in be

coitn quioz, qui est plus exact. D sis quépas, dans Le. us’muépas reeis {de même Ss.), ce qu'on explique par l'influence de Marc; mais il se pourrait aussi que la correction ne fût pas primitive dans les deux autres Synoptiques: Pour être moins précise, la formule de Marc ne paraît pas signifier autre chose que l’autre; si elle a été influencée par Os. vi, 2, il ne s'ensuit pas qu'elle désigne un espace de temps très court (B. Weiss, E£. 221), non un terme fixe. Elle accuserait plutôt une variante dans le schéma de la résurrection (ef. Mr. x11, 40), quoique les deux formules puissent être équivalentes (Werr- HAUSEN, Me. 71). àrodoxuasbivar 0x0 +@y rocsfuréomv xrÀ. est en rapport avec Ps. exvuir, 22, où mieux avec Mc. x11, 10-11; les deux passages ont chance d'appartenir à la même couche rédactionnelle. Matthieu n'a pas vu ce rapport etimpute directement au sanhédrin la passion de Jésus. A3" Cf: Mec lirv: 25:

rosis nuépzxs (Ss. « le troisième jour »}), en it TRE

Matthieu, qui précise l'indication de temps : il n'est plus reconnaissable dans Luc, qui associe dans la même phrase la défense de dire que Jésus est le Messie, et la révélation de son avenir. On observera que la désignation de Jésus comme « Fils de l'homme » devient maintenant fréquente, même régulière, on peut dire systématique ; elle est visiblement coordonnée à la conception du Christ mort et ressuscité, du Christ de la foi, qui est anticipée par Marc, et après

lui par les deux autres Synoptiques, dans l’histoire de Jésus.

Marc, vu, 32. Et il disait cela ouvertement. Et le prenant à part, Pierre se mit à le réprimander. 33.

Et lui, s'étant retourné et voyant

Marta. xvi, 22. Et le prenant à part, Pierre se mit à le réprimander, disant : « Dieu t'en préserve, Seigneur ! cela ne t'arrivera pas. »

23." Et’lur se dit à Pierre : « Va derrière moi, Satan; tu m'es scandale, parce que tu n'as pas le sens de ce qui est de Dieu, mais (seulement) de ce qui est des hommes. »

les disciples, réprimanda Pierre et retournant, dit : « parce que tu n'as pas le sens de ce qui est de Dieu, mais (seulement)

Va derrière moi, Satan, de ce qui est des hommes, »

Luc a omis cet incident, parce qu'il lui a semblé peu honorable pour l'apôtre, et d'importance secondaire. Du troisième Évangile et du second le plus paulinien n’est pas celui qu’on pense. La mise en scène de Marc est passablement contradictoire. Jésus vient de défendre à ses apôtres de le dire Messie, et lui-même est supposé se donner pour tel en public, non seulement par le titre de Fils de l'homme qu'il s’attribue, mais par la définition précise de son avenir messianique. Il est inutile de chicaner sur le sens du mot « ouvertement » !, comme s'il s'appliquait à la manière de dire ? et non à l'auditoire. La suite montre que l'évangéliste sup-

4. V. 32. at rappnsia vôv Xéyov ëkéka. La « parole » n'est pas l'Évangile, mais le discours précédent. Lat. k : « et cum fiducia sermonem loqui », et Ss. rattachent ce membre de phrase au v. 31. De cette curieuse variante Merx II, 11, 85, déduit que Jésus ne s'est déclaré Messie qu'après sa mort.

2. B. Weiss, E. 221. La liberté du discours est visée directement; mais elle s'entend par rapport à un auditoire étranger. Si l’on n'avait en vue que la clarté des paroles (Scxanz, Mk., 281), la remarque était superflue; et il n'y avait pour Jésus aucune audace à parler ainsi devant les disciples. C'est à cause de la foule que Pierre prend Jésus à l'écart, puisque les autres apôtres le suivent et partagent ses sentiments,

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adapte à cet effet.

Ainsi l'évangéliste n'a pas seulement introduit une conception nouvelle à côté de l’anecdote de la confession messianique; il a. brisé le cadre de celle-ci, sans tenir compte de ce que Jésus

était seul avec ses disciples aux environs de Césarée de Philippe, et. qu'il ne pouvait pas y avoir de foule autour d’eux. L'annonce de la

passion et la remontrance à Pierre sont donc dans un cadre fictif :

la remontrance n'est pas mieux garantie historiquement que la

prédiction qui l'occasionne, et que le cadre où elle est placée.

elle se rattache à la thèse de Marc sur l'inintelligence des apôtres; |

Tout le développement qui suit la déclaration messianique a le caractère adventice et irréel des passages déjà rencontrés qui font valoir la même idée. Dans la source où la confession de Pierre a été racontée d'abord, après la recommandation du silence, on ne lisait ni l'annonce de la passion, ni le blâme de l’apôtre, ni le discours au peuple, mais, très probablement, la parole qui vient maïntenant après le discours, et qui, faisant abstraction de tout ce qui a été dit sur la passion et la résurrection, promet l'avènement prochain du règne de Dieu !.

C’est peut-être pour éviter la rate et par un certain sentiment de la vraisemblance, que Matthieu supprime les inidications de Marc touchant la présence de la foule. Il n’a pas vuque les paroles : « Ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux », juraient singulièrement à côté de : « Tu n'as pas le sens des choses divines, mais seulement celui des choses humaines »; ou bien, s’il a pensé qu’elles corrigeaient le blâme, il n'a pas mesuré toute la portée de celui-ci. Dans les deux Évangiles, Pierre est censé ne pas vouloir que le Christ

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meure, quand même ce serait pour ressusciter. Marc ne rapporte pas “e le discours de Pierre que celui de Jésus, mais Matthieu prête à l'apôtre quelques paroles ! qui sont dans le sens de la démarche indiquée par le second Évangile. Il ajoute aussi, par manière d'explication, à la réplique ? très vive du Sauveur : « tu m'es scandale ? ». Pierre se faisait tentateur, et c'est pourquoi il est qualifié de Satan. Matthieu n’a pas senti combien était fâcheuse l'antithèse qu'il crée, sans le vouloir, entre la pierre d’achoppement et la pierre fondamentale de l'Église #.

Mais cette véhémente épithète, qui assimile Pre au démon de la grande tentation ?, est moins significative que la suite du discours. La morale de l'incident est que Simon-Pierre jJugeait en homme, c'est-à-dire comme la masse des Juifs, de ce que devait être le rôle du Messie, et qu'il n'avait pas le sens des choses divines, c’est à-dire que la signification providentielle de la mort du Christ et de sa résurrection lui échappait. Cette opposition de la sagesse humaine à la sagesse divine, par rapport à la mission du Christ, est conforme à l'esprit de Paul; on chercherait vainement ailleurs dans l'Évangile une pareille antithèse entre l’idée commune du Messie et l'idéal poursuivi par Jésus. La différence existait dans la réalité, mais la formule n’en a été trouvée qu'après coup.

Marc, vin, 34. Et Mara. xvi, 24. Alors Luc, 1x, 23. Et 1l dit appelant la foule avec Jésus dit à ses disci- à tous : « Si quelqu'un ses disciples, il leur ples : « Si quelqu'un veut marcher après dit : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à

veut marcher derrière moi ul renonce à lui-même ul se 1 , q

moi, quil renonce à lui-même, qu'il se

lui-même, quil se charge de sa croix, et

charge de sa croix tous les jours, et qu'il me

4. V. 22. sus oo, xüpte ‘où ph Éotat sot roùro. Ss. et trois mss. lat. ont aussi cette admonestation de Pierre dans Mc. 29.

2. Mc. 33. Üraye OT ISw uov, oatavæ, Ott 09 pooveis Tà toù Oeoÿ &ÀÂà Ta Toy

avÜpwrwv.

3. V. 23. Ürays Oniow pou, aatavä, oxavdahov ei éuod, Ott où ppoveïs #tX. (cf. xuur, 41; Is. var, 14). Rencontre involontaire avec I Cor. 1, 23.

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