Horrzmann
D ACEMCr dar ME nv,
6. Cf. Rom. vin. 5; I ne F 17-25, Le verbe pcoveiv, familier à Paul, ne se
rencontre qu'ici dans les Évangiles.
Mc. vui, 31-33, n'est pas sans analogie
avec Gaz. 11, 11-21, et pourrait en dépendre en quelque façon.
charge de sa croix, et qu'il me suive. 35. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra; el celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile, la sauvera.
36. Car que sert à l’homme de gagner le monde entier, et de perdre sa vie ? 37. Car qu'est-ce que l'homme peut donner comme équivalent de sa vie?
38. Car si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles parmi cette gé-
qu'il me suive. 25. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra ; et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la retrouvera. 26. Car que servira-{-il à l’homme de gagner lé monde enüer, et de perdre sa vie? Ou bien PET que lhomme offrira comme équivalent de sa vie? 27. Car le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec les anges, et alors il rendra à chacun
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viendra dans sa gloire, et (dans celle) du Père et des saints anges. »
nération adultère et selon sa conduite, »
pécheresse, le Fils de l’homme aura honte de lui, lorsqu'il “ES dans la gloire de son Père, avec les saints anges. »
Ces réflexions sur la nécessité du renoncement chez les disciples de l'Evangile complètent ce que le Sauveur vient de dire sur la nécessité de ses propres souffrances. Le peuple, dans Marc, est
appelé à les entendre !, parce qu'il a déjà entendu la prophétie de la
passion, et qu'un enseignement fait pendant à l’autre. L'invraisemblance de la mise en scène ne touche pas l'évangéliste, qui explique, d'après Paul, le mystère de la croix par rapport au Christ et par rapport au chrétien?. Dans Matthieu, Jésus parle aux disciples: dans Luc ‘, il s'adresse « à tous », ce qui doit signifier : à tout le monde, disciples et foule, puisque le Sauveur conversait auparavant avec les disciples. Matthieu et Luc dépendent de Mare;
mais le premier a pu ne rien dire de la foule, parce qu'il ne s'en. expliquait pas la présence, et que la leçon de la croix lui a semblé
n'avoir dû être donnée qu'aux disciples. Luc emploie une formule générale qui trahit aussi quelque embarras à l'égard de l'indication
an die = Bear adr08 re CES … V. 3%. xai rooszahesdueos tov yo oùv Toïs uaÜnTais adrod sirev aÿruis 2. Cf. Gaz. 1, 49-21.
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LE CHRIST < 23 trouvée dans Marc; comme il a montré le Sauveur à l'écart avec les disciples, il évite de mentionner en termes explicites la présence de la foule, et il s'exprime de façon à signifier la destination universelle du discours qu'il va rapporter, sans insister autrement sur la composition de l'auditoire; 1l a senti que la leçon s'adressait aux chrétiens bien plus qu'aux Juifs qui ont pu entendre Jésus. Cette leçon du renoncement s'est déjà rencontrée dans Matthieu, et elle revient ailleurs dans Luc, parallèlement à Matthieu : les deux évangélistes l'ont ainsi deux fois, d’après le recueil de discours, et d'après Marc. Celui-ci, qui lui crée un contexte artificiel en l’insérant dans le présent récit, a dü la prendre à la même source, qui la contenait sans indication de circonstance historique, ce qui a permis à Matthieu de la placer dans le discours de mission, et à Luc de choisir une autre combinaison !.
Le noyau primitif du discours est contenu dans la sentence : « Qui veut se sauver se perd, et qui se perd se sauve », avec l'explication tirée du témoignage que Jésus rendra devant le grand Juge à ceux qui l'auront reconnu et à ceux qui l'auront méconnu ?. On a vu plus haut * le sens du jeu de mots sur la vie qu'on perd en la sauvant, et qu'on sauve en la perdant. Marc l'interprète par avance en disant que pour suivre Jésus, il faut se renoncer soi-même, c'est-à-dire faire le sacrifice de sa vie, et porter sa croix, se considérer comme crucifié avec Jésus, voué comme lui aux souffrances et à la mort, pour la vie éternelle #. Luc, songeant
1. Mr. x, 38-39. Noter la différence de construction dans le v. 38, qui fait écho à Mc. var, 34, et dans le v. 39, qui forme une sentence complète et indépendante. Le. xrv, 25-27; xvir, 33. Cf. 1, 895-896, et J. Weiss, AE. 242.
2, Mr. x, 32-33; I, 889-890. |
3. 1, 896. On pourrait soupçonner, dans la sentence primitive, l'emploi hébraïsant du mot « âme » pour le pronom réfléchi; et dans ce cas, le sens serait : « qui se sauve se perd, qui se perd se sauve », le jeu d'esprit roulant sur le double sens de « perte » el de « salut », non sur celui de « vie ». Cf. \VELLHAUSEN, Mc. 72.
4. L'invitation à porter sa croix ne se trouve pas seulement dans Mc. 3£, Mr. 24, Le. 23: elle est aussi dans Mr. x, 38, et Lc. xiv, 27; d'où l'on conclut qu'elle était dans les Logia. Mais ni Matthieu ni Luc, dans ces deux derniers passages, n'ont une couleur primitive. Mc. 34 pourrait l'avoir en cette forme : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il se renonce lui-même », bien que tout le v. 34 puisse avoir été déduit du v. 35; et Mc. 34 a pu influencer Mr. x, 38, et Lc. xiv, 27, soit directement, soit par l'intermédiaire de leur source commune. Sur la mention de la croix, cf. I, 895.
à LES ÉVANQILES srxorriques |
aux épreuves continuelles du chrétiens dit qu'il faut « chaque jour ». IlLest possible que les mots « à n’appartiennent pas à la sentence primitive !, qui s ment la nécessité de sacrifier la vie de ce monde à celle céleste, et que l'influence de Marc ait déterminé l’ade mots dans les autres passages; si l'addition peut être Mare, les mots : « et à cause de l'Évangile ? », lui ap certainement; il a voulu faire entendre que la leçon s aux disciples après la mort de Jésus; mais « à cause de mc signifiait déja, et c'est peut-être pour cette raison Ê | et Luc ne font pas mention de l'Évangile 3, ÿ L'abnégation de soi-même, poussée jusqu'ausacrifice de la la ARR du salut éternel, par conséquent le parti le plus avantageux à prendre, pour l'homme qui a souci de ses véritables inté- à rêts. Comme il a expliqué d’abord ce qu'il faut entendre par perdre Re, la vie pour la sauver, Marc développe la sentence en montrant qu'on ne peut sauver sa vie éternellement, si on la cherche en ce monde. Celui qui gagnerait l'univers, tous les biens du temps, et tout ce qui fait heureuse l'existence des hommes, ne gagnerait. rien pour l'éternité ; à la mort, ce qu'il aurait amassé lui échappe rait; et ce n'est pas avec toutes les richesses de la terre, supposé. qu'il pôt les garder à sa disposition, qu'il achèterait la vie éter= nelle #. Le commerce de l'antiquité, notamment celui des esclaves, se faisait par échange d'articles vendables; c'est pourquoi lon ss parle de l'objet qui pourrait être éventuellement présenté comme : équivalent à une vie d'homme. Nul ne peut racheter à Dieu la mie d'un autre, disait le Psalmiste 5. L'Évangile dit qu’on ne peut pas "p se racheter soi-même, c’est-à-dire acheter à Dieu, moyennant les biens du temps, la vie de l'éternité.
L'emploi du mot « âme » fait souvent citer ce passage en preuve
1. Cf. Le. xvir, 33, où ils sont omis; mais ce peut être à cause du contexte:
2. V. 35. 6ç 0'av àroktos tnv Juynv adtod Evexev vod at ToD eUayye MO, GOT airhv. Mr. 25. eboroa, par influence de x, 39.
3. « L'Évangile est (ici) le Christ prêché par les apôtres. » WELLUAUSEN, 7” Mc. 73. Pose,
4. V. 36, zi yap pee &vbowrov xep0ñoat T0 x6ouov Ghov ai CnutwÜivar cn Lupin
aûtod; 37. ti yo doi avÜowros avrékhayua ris duyc aÿToÿ.
S. XLIX, 8-9. où duset 6 eû ÉEthacua adrod xai thv tiunv This Aurpwsems cs duyñs «rod.
de la valeur inappréciable que Jésus attribue à la personne humaine. Ce n’est pas dans ce sens quest orientée la pointe du discours, et l’ « âme » représente iei la vie de l'individu !, non sa personnalité. On veut faire entendre que tous les biens de ce monde ne sont plus rien dès qu'on les à perdus; et on les perd inévitablement par la mort; la richesse est donc alors perdue pour le riche, et le riche pour la richesse ; ayant perdu la vie, le riche n’a rien à donner pour la regagner, rien pour se racheter luimême ; il reste acquis à la mort; c'est donc le prix du renoncement, de la mort volontaire, par lequel on achète la vie éternelle, qui est mis en relief, et l'intérêt de la vie éternelle pour l'homme, non la valeur de l’âme humaine, de l'individu humain comme tel; il est vrai seulement que le salut est présenté comme une affaire personnelle, le grand intérêt de chacun. Ces considérations ont l'air d'être une paraphrase de ‘la sentence, au moyen du psaume ; elles sont moins claires que la sentence qu’elles veulent expliquer ?.
Le prix de la vie ne s'entendant pas absolument, mais par rapport à un rachat hypothétique au jour du jugement ?, jour qui se confond plus ou moins, dans la perspective, avec celui de la mort, l'évangéliste amène ici la parole concernant le témoignage que Jésus rendra devant Dieu, souverain juge, à ceux qui l'ont connu. Cette parole paraît avoir été associée déjà, dans la source, à la sentence de la vie perdue et gagnée. Sa forme primitive a dù être conservée par Matthieu, dans le discours de mission. Marc n’en retient que la partie négative, parce que, dans les réflexions précédentes, il a eu en vue le cas de l’homme qui, cherchant la vie en ce monde, perd en même temps par la mort le monde et la vie; mais il commente cette partie de manière à fortifier la leçon du renoncement, ou plutôt la lecon de la croix, et à montrer combien Simon-Pierre a été répréhensible en ne la comprenant pas.
Jésus avait dit qu'il avouerait devant Dieu ceux qui l'auraient avoué devant les hommes, et qu'il renierait ceux qui l'auraient renié ; il menace maintenant ceux qui auraient honte de lui et de ses
1. Ou lepronom personnel, comme dansle ps. cité, p. 24, n. 5. Cf. p.23, n.3. 2. Le vocabulaire de Mc. 36 est tout paulinien; l’idée du « monde » est à peu près étrangère à l'enseignement du Christ synoptique. Cf. Darzman, I, 436- 438. Noter la singularité de la construction, avec les trois yéo, vv. 36, 37, 38. 3. HozTzmaAnn, 150.
paroles !, « au milieu de cette génération adultère et péck c'est-à-dire ceux qui, faute d'entendre le mystère de regarderaient la mort de Jésus comme un opprobre, et au honte de l'Évangile devant les Juifs. L'esprit et même » Jar œ de Paul se reconnaissent encore dans ce développement 3. thèse a perdu de sa clarté, car, si l'on voit bien ce que reniement par le Christ, il est moins facile de saisir en ee tera sa honte. Jésus apparaît comme Juge et non comme re il ne présente pas les hommes à son Père, il vient dans la ps +. + Père, et accompagné des anges. Cette mise en scène apocalyptique 4 est aussi dans le goût et les idées de Paul. Le Christ-juge n'a plus de témoignage à A. : son attitude à l'égard de ceux qui NÉ) succombé au scandale de la croix sera celle d'un monarque divin, offensé dans sa dignité. Mais le discours sonne comme une menace, plutôt que comme une sentence irrévocable de damnatios. sorte de réplique à la parole, recueillie dans Matthieu 5, contre celui qui aura supprimé les commandements de la Loi, et qui sera le plus petit dans le royaume des cieux. ; è Matthieu n'a pas dû voir où tendait cette leçon ; pour éviter ce qui lui semblait une répétition par rapport à ce qu'il avait déjà écrit, il abrège Marc, et annonce simplement la venue du Christ pour rendre % à chacun selon sa conduite 5. Luc suit Mare, et il ne craindra pas” plus loin la répétition ; mais comme il a omis le blâme infligé à Pierre, la menace du Christ prend chez lui une signification géné V:
rale, et s'adresse aux chrétiens lâches et apostats 7. *: hu F$
1. Mc. 38 (Lc. 26). 6< yao êùv iraicyuv0i pe at sobs Euods Adyous 7. Leverbe , x ëraisydveclat ne se rencontre ie ici dans l'Évangile. ie 4 2 AC Nr: xu, 39:; 1,996, n.1- a
3. Cf. Ro. 1, 16. où yàs es 70 EdayyEhtov. ; 4. Remarquer aussi l'intrusion du nom messianique « Fils de l'homme », qui n'est pas dans Mr. x, 32-33. S v, 19; 1, 567-568. rar
6. BCD, zaza sv exe (N, it. Vu. za Loya) aïroë. Cf. Ps. Lx, 13; Pnov. xxtw, Fes
7. D (mss. lat. Sc.) omet Adyou: dans Lc. 26, et Sc. lit : « dans la gloire de son Père ». En écrivant iv =% d0Ëñ adtoÿ at 10ÿ rares at z@v &yiwy &yyskwy, Luce a paraphrasé Mc. 38. à» +7 0£n 702 rarpûs adrod uera Tüv ayyéhkov Tv &ylwv, plutôt ; pour la solennité de l'expression que pour le développement de l'idée. Il en | e résulte néanmoins une sorte de trinité {J. Weiss, #38), où la place assignée aux anges caractérise la position théologique de l’auteur, Cf. x, 8, 9; xv,10;
xvi, 22; xx11, #3; se rappeler le rôle des anges dans les récits de l'enfance.
Marc, 1x, 1. Et il
leur dit : «En vérité je
vous dis qu'il y en a de ceux qui sont ici qui ne goûüteront pas la mort avantqu'ils voient le royaume de Dieu venant en puissance. »
Marru. vu, 28. « En vérité je vous dis qu'il y en a de ceux qui sont ici qui ne goûteront pas la mort avantqu'ils voient le Fils de l'homme venant dans sa royauté. »
Luc 275 Et je vous (le) dis en vérité, il y en a de ceux qui sont ici qui ne goûteront pas la mort avant qu'ils voient le royaume de Dieu. »
La reprise de Marc ! laisse deviner que ce qui la précède ne se rattachait pas originairement à ce qui la suit. Il semble que l’évangéliste, ayant commenté selon son gré la confession de Pierre, rejoigne la conclusion primitive de ce récit *. L'annonce du royaume fournit en effet une réponse toute naturelle à la profession de foi messianique. Jésus confirme l'aveu de Simon, et, tout en recommandant provisoirement le silence, il ajoute, selon l'axiome : « tout ce qui est caché sera découvert * », que le secret messianique ne tardera pas à être rompu, et que le royaume viendra avant que tous les assistants soient morts. Dans cette déclaration, si on la prend telle qu'elle se présente, Jésus regarderait comme une éventualité plus ou moins probable la mort de quelques-uns des Douze avant l'avènement du royaume, mais il ne dit rien de la sienne. Il ne verrait pas comme nécessairement très proche la manifestation de sa gloire; il garantirait néanmoins comme chose certaine que cette manifestation n'est pas non plus très éloignée. Quand et comment se produira-t-elle, c'est sans doute le secret du Père *. Ceux des croyants qui seront morts auparavant ressusciteront; mais il y en à qui ne seront pas morts et qui n'auront ni à mourir ni à ressusciter pour entrer dans le royaume *. L'intercalation de Marc a comblé une lacune apparente de la perspective en mettant au premier plan, avant la parousie, la mort et la résurrection du Sauveur. Mais il est au moins douteux que Jésus, dans le temps où se