‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 186 sur 672 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

il sera livré aux

eux ne comprenaient

de 2. Sur l'espèce de compensation par 1x, 54-55, voir supr. pp. 101-102.

RS." Tu

damneront à mort et le livreront rien de tout cela, et aux Gentils; 34. et (ceux-ci) se était inintelligible pour eux; eti moqueront de lui, cracheront sur ne savaient pas ce qui leur était dit. lui, le flagelleront et le feront mou- > rir ; et après trois jours il ressusci-

tera. »

Jésus approchait de Jérusalem, venant de la Pérée. Probable-.

ment il avait déjà passé le Jourdain et suivait le chemin de Jéricho. On pourrait croire que les disciples, après tout ce quil leur avait dit sur le sort qui l’attendait, étaient inquiets pour luil. Mais ce n'est pas précisément le sens du texte, mi l'idée du narrateur qui va introduire la requête des fils de Zébédée, Si les disciples et l'entourage de Jésus craignent, c'est parce qu'ils ont le sentiment du danger auquel le Sauveur s'expose en allant à Jérusalem. Ce que le Christ va dire à ses apôtres n'était pas fait pour les rassurer, et n’est aucunement préparé par l'introduction historique. Peut-être le discours a-t-il consisté d’abord en une promesse du prochain avènement?, à laquelle a pu se joindre, dans la réalité, une déclaration sur la nécessité, tant pour le’Messie que pour les siens, d'exposer leur vie maintenant, afin de la gagner dans le royaume de Dieu. Toujours est-il que les disciples, ne sachant pas trop ce qui va se passer, redoutent l’avenir mystérieux dont ils s’approchent maintenant *. Le Sauveur, dans la pleine assurance de sa mission, marchait à leur tête. C’est lui qui les emmène à Jérusalem, et l'on dirait qu'ils ne le suivent qu’à regret. En dehors des disciples, il y avait un assez grand nombre de personnes qui s'étaient attachées aux pas de Jésus pour l'entendre, car on voit très bien qu'il ne s'agit pas d’une caravane de pèlerins, et qui partageaient plus ou moins l'inquiétude de ses disciples “. Peut-être ces gens se faisaient-ils une idée plus juste

. Hozrzmann, 159.

DIE supr. P- 223:

3. Mc. 32.noav dè iv +5 00G avafaivovres se rapporte aux disciples, qui sont en scène dans x, 23-27, x, 28-31 étant une sorte de parenthèse ou une surcharge.

4. nai ny reodywv adrods 6 ’Incoës, ai ifaufBodvro, oi DÈ axoAoufoëvres époBoëyro. La

présence des axohovloëvres est expliquée par x, 1. Le dernier membre de phrase.

o. à. «. è., est omis par D, et d'autres témoins lisent xai au lieu de ot à<, parce qu'on ne voyait pas le sens de ce passage.

du péril que Jésus affrontait, et n'en étaient-ils que plus effrayés. Matthieu et Luc auront omis ces détails, dont ils ne voyaient pas la portée, et dont ils étaient plutôt choqués.

Cependant le Sauveur prend à part les Douze, comme il avait déjà fait dans une circonstance antérieure !, pour leur annoncer sa mort et sa résurrection. C'est la troisième fois qu'on trouve cette annonce dans les deux premiers Évangiles, et la quatrième fois dans Luc ?. Les répétitions sont d'autant plus frappantes pour le lecteur, que Jésus semble toujours parler de sa passion pour la première fois, et que les disciples ont toujours l'air de ne pas comprendre. Ce défaut d'harmonie est particulièrement sensible dans Marc, où Jésus se met à « dire ce qui devait lui arriver », comme s'il ne l’avait pas fait encore auparavant ?, et dans Luc, où l'inintelligence des disciples devient de plus en plus inexplicable, si l'on prend les textes avec trop de rigueur. On n'a cependant que des indices bien incertains pour soutenir ‘ que Luc, pour la seconde et la dernière prédiction, dépendrait d'une autre source en même temps que de Mare : il a pu varier ses formules à seule fin de ne pas se répéter. Marc lui-mème pourrait dépendre de sources antérieures, et, au premier abord, l'on est assez tenté d'expliquer par la combinaison de sources parallèles ces prophéties de la passion qui se répètent en termes identiques, et que les apôtres sont toujours censés ne pas comprendre. Mais une autre hypothèse, qui n'exclut pas entièrement la précédente, et qui répondrait peut-être mieux à la réalité du problème, consisterait à admettre que Marc est fondé sur une relation où l'éventualité de la mort était seulement indiquée, et où l'espoir du prochain triomphe restait au premier plan. La rédaction qui sert de base à Matthieu et à Luc aurait été obtenue par l'insertion systématique de paroles très explicites touchant la passion et la résurrection ; et ces additions auraient été pratiquées pour que Jésus luimême ne parüt pas avoir été déçu par le dénouement de sa carrière ; pour que le récit évangélique répondit au thème ordinaire de l’en-

1. 1x, 30-32, que vise xai ragahaSov rade zoùs Owdeza, x, 32 b (Ss. omet rékv).

2. Mc. vi, 34; Mr. xvi, 21 ; Le. 1x, 22. Mc. 1x (12), 34; Mr. xvur (12), 22-23; Lc. 1x, 44 ; xvu, 25 (cf. Mc. 1x, 12). Supr. pp. 17-19, 59-62.

3. Il y a subtilité à dire que dans Mc. vin, 31, 1x, 36, Jésus ne parle que « théoriquement » (B. Weiss, Mk. 168) du sort réservé au Messie.

4. B. Weiss, Lk. 581. D'après J. Weiss, Lk. 569, Luc suivrait la source principale du proto-Marc.

seignement paulinien, et que l'insuffisance de la tradit: tée par les apôtres galiléens fût en même temps dénonce qu'elle pouvait l'être, et dûment corrigée. 3 mi

Les détails du discours prophétique, tel que le rapportent Marc

et Matthieu, sont dans la conformité la plus étroite avec le récit de

la passion dans les deux premiers Evangiles. Le mot « erucifier ! » se rencontre même dans Matthieu, au lieu de « faire mourir » ?. Pour ce cas, du moins, il est évident que le fait a influencé la

rédaction de la prophétie, et probablement sans que l'évangéliste

en ait eu conscience; car les deux autres écrivains n’auraïent pas laissé un terme précis pour une expression vague, si celui-là leur eût été fourni par la tradition. Dans Luc, la passion n’est pas seulement prédite : elle est présentée comme l’accomplissement des prophéties anciennes. La même idée reviendra plus loin dans les paroles adressées par le Christ ressuscité aux disciples d'Emmaüs #. La forme qu'elle revêt dans les deux passages appartient soit à Luc, soit à la tradition particulière qu'il représente. La réflexion de Luc sur l’inintelligence des apôtres n'a rien d'inattendu, puisqu'elle s’est déjà rencontrée en pareil cas “. On ne la trouve pas dans Marc ni dans Matthieu, parce que la démarche des fils de Zébédée et l'attitude que prennent à leur égard les autres disciples montrent suffisamment que l’idée d'un Messie souffrant n'avait encore aucune prise sur l'intelligence des compagnons de Jésus. Mais l'anecdote concernant les Zébédéides paraît, dès l’abord, avoir été conçue, dans la rédaction du second Évangile, pour remplacer la remarque ordinaire sur l’inintelligence des apôtres ; et Lue, pour ménager les deux disciples, comme il a, plus haut, ménagé Pierre ?, a pu se borner à reproduire par compensation, avec quelques variantes, et en la développant, la formule générale qui avait été employée dans un cas précédent.

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