‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 188 sur 672 · ZE · texte numérisé non relu

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mais pour ce qui est d'être assis à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l’accorder; {la place est) pour ceux à qui elle est destinée. »

Comme la seconde annonce de la passion, la troisième est suivie d'une querelle entre les disciples touchant les premières places du royaume des cieux. L'analogie des situations pourrait expliquer celle des incidents qui se produisent ; mais l'emploi des mêmes éléments traditionnels doit faire admettre comme seule vraisemblable l'idée de combinaisons parallèles, sur un fond commun de matériaux diversement arrangés. Une même pensée domine tout, à savoir, que le Christ viendra dans sa gloire, mais qu'il a dû mourir et ressusciter ; qu'il l'avait annoncé aux disciples, mais que les disciples n'avaient pas compris cette nécessité avant que les faits ne vinssent leur ouvrir les yeux sur la portée des enseignements que Jésus avait voulu leur donner. Une préoccupation didactique a influé sur la rédaction et même sur la conception des récits. La dispute pour la première place dans le royaume n'a pu se produire naturellement qu'après une déclaration sur le prochain avènement, où il n'était point question de la mort. L'annonce de la passion est comme interpolée entre les deux faits connexes.

selon Matthieu, ontété récemment promis à leur société !, viennent tout près de Jésus pour lui demander les deux places d'honneur à ses côtés, au jour du grand jugement. Mais, n’osant pas formuler directement leur demande, ils prennent un détour : « Maître, nous voudrions bien que tu fisses pour nous ce que nous allons te demander ». Jésus, qui voit où se porte leur désir, déjoue leur petite ruse et les oblige à déclarer nettement ce qu'ils veulent ?. On ne peut s'empêcher de soupçonner que c’est le rédacteur qui a dans l'esprit le passage de Matthieu sur les douze trônes, et qui attribue aux disciples l'idée que le Sauveur, selon la tradition plus ancienne, exprimait lui-même. -

Dans le premier Évangile, ce ne sont pas les disciples qui font la demande. La responsabilité de cette démarche inconsidérée paraît d'abord transportée en grande partie sur la mère de Jacques et de Jean, Salomé *. Elle vient avec ses deux fils, et se prosterne devant Jésus, manifestant ainsi l'intention de lui adresser une requête. Jésus l’oblige à s'expliquer sans détour, en lui demandant ce qu'elle veut. Alors elle sollicite pour ses enfants ce que Marc leur a fait solliciter pour eux-mêmes. Seulement, dans Matthieu comme dans Marc, la réponse que Jésus fait à cette demande est adressée aux fils de Zébédée, non à leur mère. Comme on doit les supposer de connivence avec elle, cette particularité n’a rien d'invraisemblable.” Mais la comparaison des deux textes éveille plutôt l'idée d’un remaniement partiel, opéré sur le récit du second Évangile par le rédacteur du premier. Ce rédacteur aura fait intervenir la mère pour décharger les fils.

Jésus rappelle Jacques et Jean au sentiment de la réalité. II ne s’agit pas de choisir des sièges dans le royaume des cieux. Il faut d'abord passer par les souffrances et la mort, boire à la coupe du

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