‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 198 sur 672 · Marra. xx, 29-34. Luc, xvm · texte numérisé non relu

Marra. xx, 29-34. Luc, xvm

Le miracle de Jéricho est lié de la façon la plus étroite à l’arrivée de Jésus à Jérusalem. Il contribue à exalter l'enthousiasme de la foule, pour la manifestation messianique sur la montagne des Oliviers. Dans Marc, il se trouve faire pendant à l’aveugle de Bethsaïde, et 1l prépare l'entrée messianique du Sauvenr, comme le miracle de Bethsaïde prépare la confession de Pierre. Il est probable que l’évangéliste reconnaît au second miracle comme au premier une portée

symbolique.

Marc, x, 46. Et ils

arrivèrent à Jéricho; et comme il sortait de Jéricho, avecses disciples etune foule nombreuse, Bartimée, — le fils de Timée, — aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. 47. Et apprenant que c'était Jésus de Nazareth, il se mit à crier en disant :

« Jésus, fils de David, aie pitié de moi. » 48.

Et plusieurs le reprenaient durement pour qu'il setût. Mais iln'en criait que plus fort:

« Fils de David, aie pitié de moi. » 49. Et Jésus, s’arrêtant, dit:

« Appelez-le. » Et on appela l’aveugle en lui disant : «Courage !lève-

Marra. xx, 29. Et comme ils sortaient de Jéricho, une foule nombreuse les suivit; 30.

et voilà que deux aveugles, assis au bord du chemin, ayant appris que Jésus passait, crièrent en disant : «Aïe pitié de nous, fils de David. » 31. Et la foule lesrepritdurement pour qu'ils se tussent. Mais

ils crièrent plus fort,

disant : « Seigneur, aie pitié de nous, fils de David. » 32. Et Jésus, s'arrêtant, les appela et dit : « Que voulez-vous que je vous fasse ? »

33. Ils lui dirent : « Sergneur, que nos yeux soient ouverts, » 34. Et Jésus, ému de compas-

Buc. SO RDR comme 1lapprochait de Jéricho, était assis au bord du chemin, demandant l’aumône. 36. Et entendant passer la foule, il demanda ce que c'était.

37 Et on l’informa que c'était Jésus de Nazareth qui passait. 38. Et il cria, disant : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi. » 39. Et ceux qui marchaient devant le reprenaient durement pour qu'il se tût.

Maislui criaitbeaucoup plus fort: « Fils de David, aie pitié de moi.»

40. Et Jésus, s'étant arrêté, ordonna qu'on le luiamenät. Et quand il se fut approché, :l

XVIU,

un aveugle

Loi; il t’appelle. » 50.

Et jetant son manteau, et se levant promptement, il vint auprès de suivirent.

Jésus. 51. Et Jésus, lui adressant la parole, dit : « Que veux-tu que je te fasse ? » Et l'aveugle lui dit

sion, leur toucha les 41.

yeux ; et aussitôt ils recouvrèrent la vue et le

veux-tu que je te fasse?

Et il dit: « Seigneur,

que je voie.» 42. Et à Jésus lui dit: « Vois. Ta foi Va

sauvé. » 43. Et aussitôt il recouvra la vue, et il le suivit en glori-

« Maïtre, que je voie. » 52. Et Jésus lui dit: « Va, ta foi t'a sauvé. » Et aussitôt 1] recouvra la vue, et il le suivit dans le chemin. »

fiant Dieu ; et tout le peuple, voyant cela, adressa des louanges à Dieu.

Nonobstant les divergences notables que présentent les trois relations, il s'agit évidemment d’un même fait, et non de trois ou de deux miracles distincts!. Mais pourquoi Matthieu parle-t-il de deux aveugles au lieu d’un, et pourquoi Luc place-t-il la guérison de l'aveugle à l'entrée de Jéricho, tandis que les autres Synoptiques la mettent à la sortie, c'est ce qu'on n’explique pas d’une manière ‘ satisfaisante en disant qu'il y a eu réellement deux aveugles, dont l’un au moins demanda sa guérison au Sauveur avant l'entrée à Jéricho, et qui furent guéris tous deux à la sortie. La tradition de Mare ne connaît qu'un seul aveugle. Le rédacteur du premier Évangile en a mis deux, suivant un procédé dont on a remarqué déjà plusieurs fois l'application ?. Il est très vraisemblable qu'il a voulu introduire deux aveugles dans le récit emprunté par lui à Mare, parce qu'il avait omis de raconter séparément la guérison de l'aveugle de Bethsaïde. Quant à la transposition opérée par Lue, elle a son origine dans une licence de rédaction : l’évangéliste a voulu amener plus convenablement l’histoire de Zachée, en la faisant précéder par la guérison de l’aveugle. La visite à Zachée ne pouvait se faire que dans Jéricho. Luc ménage au Christ une entrée solennelle, préludant à la manifestation sur le mont des Oliviers, et il met le miracle auparavant, afin d’expliquer la présence de la foule autour de Jésus, dans Jéricho. Le rapport des récits avec la parabole des Mines invite à penser que l'évangéliste a voulu figurer dans la guérison de l’aveugle la conversion des

1. « Omnia enim sunt adeo similia, ut non videantur diversa esse posse miracula. » Mazpoxar, I, 420.

judéo-chrétiens, et dans le cas de Zachée celle des Gentils, les deux devant se produire avant le grand avènement que Luc a trouvé annoncé dans la parabole. Le récit de Marc est la source d’où provient celui de Luc. Le rédacteur du premier Évangile paraît l'avoir également utilisé en le modifiant et l’abrégeant.

Jésus est censé venir des bords du Jourdain, qu'il a franchi après avoir voyagé en Pérée. La ville de Jéricho, située à douze ou treize kilomètres à l’ouest du Jourdain, à trente kilomètres au nord de Jérusalem, est la dernière station qu'il doit faire avant d'atteindre le terme de sa route. Cette ville était un des endroits les plus fertiles de la Palestine. Hérode le Grand y avait fait de grandes constructions, et il y possédait un palais magnifique, où il mourut. Marc fait observer que le Sauveur, en sortant de Jéricho, était accompagné d'une foule nombreuse, qui le suivait avec ses disciples, parce que la foule a un rôle dans le miracle qui va être raconté. Comme Jésus s’en allait prêchant!, la foule qui l'accompagne n’est pas une société quelconque de pélerins ; ce sont des gens que sa parole a gagnés au moins provisoirement. Luc? n'a pas mal interprété leurs dispositions en disant qu'ils croyaient à la manifestation imminente du royaume de Dieu.

A la sortie de Jéricho, sur la route assez fréquentée, quoique médiocrement sûre, qui menait à Jérusalem, il y avait un aveugle, accoutumé sans doute à venir en cet endroit pour solliciter la charité des passants. Cet homme s’appelait Bar-Timée, c'est-à-dire le « fils de Timée »?. Bartimée est un nom patronymique employé comme nom propre. Le nom de Barthélemy fournit un exemple du même genre. Iln’y a donc pas lieu de supposer que Timée, le père de l'aveugle, aurait été un personnage ‘connu de l’évangéliste. Mais le nom de l’aveugle, dont on dit qu'il suivit Jésus après sa

1. Cf Mc. x, 4, 32. Dans x, 46, D lit éoyeru, au lieu de £oyoyta ; et exeïdev per toy «th. au lieu de àxo ‘Teperyc al toy «TA.

Page 1