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sycomore, afin de le voir, parce qu'il devait passer par là. 5. fut arrivé en cet endroit, Jésus, levant les yeux, lui dit : « Za cends vite, caril faut que je lôge aujourd hui dans ta maison. » 6. descendit promptement et le reçut avec joie. 7. Et à cette vue, tous mu muraient, disant : « C’est chez un homme pécheur qu'il est allé prendre à gite. » 8. Cependant Zachée, s’avançant, dit au Seigneur : « Seigneur, je vais donner aux pauvres la moitié de mes biens ; et si j'ai fait quelque tort à quelqu'un, je lui rends le quadruple. » 9. Et Jésus dit à son … sujet : « Aujourd'hui le salut est arrivé à cette maison, parce que lui aussi (Zachée) est un fils d'Abraham. 10. Car le Fils de l’homme est venu pour chercher et sauver ce qui était perdu. »
Jésus est censé entrer à Jéricho avec la foule assez nombreuse qui l’accompagnait quand il a guéri l'aveugle; cette foule s'accroît maintenant par l'affluence des gens qui s'empressent pour le voir à son passage. Parmi ces derniers se trouvait un certain Zachée, probablement de race palestinienne, car il portait un nom sémitique f. Il ne faut pas demander comment l'évangéliste, qui ne sait pas ou me veut pas savoir le nom de l’aveugle, connaît celui de ce nouveau personnage. Zachée était chef des publicains ?, soit qu'il eût àferme la perception des taxes pour la ville de Jéricho, soit qu'il fût simplement le premier agent du fermier général en cette ville. Le commerce de Jéricho devait être alors assez important, et avait surtout pour objet le baume. Zachée s'était enrichi dans son métier, non
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4 sans pressurer parfois le contribuable.
| : Zachée désirait beaucoup voir Jésus, par un sentiment de curio- 4 sité qui n'avait rien de malveillant, et il avait pensé le reconnaître F. au passage dans la troupe qui lui faisait cortège. Il aurait pu, en
| effet, discerner le Maître parmi ses disciples, s'il avait été à même 4 de voir les personnes qui étaient au milieu de la rue. Mais il y avait presse, et Zachée était petit, de sorte qu'il ne pouvait rien voir. Il eut alors l’idée de courir en avant et de monter sur un arbre d'où il dominerait le chemin. Cet arbre pouvait se trouver au bord de la route, ou tout près, dans un jardin ou devant une maison, et il n'ya “4 pas lieu de supposer que Zachée sortit de la ville. Du haut de son
4. Zaxyaïos, 923 « pur ». WELLHAUSEN, Le. 103, y voit une forme abrégée de Zacharie.
A 2. apyiTelwvns.
RTE 255
sycomore, il voyait venir Jésus. Et le Sauveur, en passant devant lui, leva les yeux et l'interpella : « Zachée descends vite, il faut ! », c'est-à-dire la volonté de Dieu est « que je loge aujourd'hui dans ta maison. » L'évangéliste ne dit pas comment Jésus avait connu Zachée. Il est peu probable qu'il l'eût rencontré auparavant, puisque Zachée lui-même ne le connaissait pas. On pourrait supposer que le cortège avançait lentement ; l'attention des personnes qui entouraient Jésus, et parmi lesquelles se trouvaient des habitants de Jéricho, avait été attirée par la présence de Zachée sur l'arbre ; son nom fut prononcé autour du Sauveur; c'est même à cause de cette circonstance que Jésus regarde vers l'arbre et trouve dans cet homme, si désireux de le voir, celui qui mérite de lui donner l’hospitalité ?, Mais le narrateur ne semble pas préoccupé de ces circonstances, et, vu le caractère du récit, il est bien plus probable que Jésus est censé avoir connu « en esprit » le nom, la personne et les dispositions de Zachée. Toujours est-il que l’empressement du publicain à voir le Christ? lui mérite la faveur de le recevoir.
Ravi d'un tel honneur, Zachée descend promptement du sycomore, et conduit Jésus chez lui. À partir de cet endroit, le récit devient plus vague. La suite laisse entendre que Jésus n'entre pas seul. Ses disciples et sans doute aussi quelques autres personnes pénètrent avec lui dans la maison de Zachée. La foule et surtout les pharisiens qui pouvaient s'y trouver sont scandalisés encore une fois de le voir frayer ainsi avec les publicains 4. En apparence, le récit tend seulement à montrer, dans la visite du Sauveur à Zachée, un trait de sa bienveillance à l'égard des pécheurs, et du peu de cas qu'il fait des préjugés pharisaïques.
Le narrateur n'entre pas dans les détails de l'hospitalité qui est donnée à Jésus. À un certain moment, quand le Sauveur est entré, — ilserait arbitraire de supposer qué c’est après de longs entretiens ? du Christ avec son hôte, — celui-ci prend la parole6 pour annon-
. V. 5. sÂueoov yao Ev t@ ofxw sou dei pue meivar. . Conformément à Mr. x, 11. Hozrzmann, 398.
MICNIINE Tee . Reprise de v, 30 ; xv, 2.
DJ. Weiss, Lk. 512:
6. V. 8. sraleis dè Zaxyaïos eine ro0ç tov xbptov (Ss. : « à Jésus ») ne marque pas la solennité du discours ; on y relèverait plutôt un embarras de la transition entre la donnée générale du v. 7, et la leçon particulière que Luc veut
amener. Zachée est en face de Jésus, et lui parlant, dans sa maison.
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cer une grave décision qu'il vient de prendre sous l'inpiées sion pro fonde que lui avait causée la présence de Jésus dans sa demeure, tout simplement la condescendance ! que le Sauveur a témoignée en venant chez lui. Sachant que sa fortune a été en partie mal acquise, il est résolu à réparer autant qu'il est en lui les torts géné- ne raux ou particuliers causés à son prochain. Par une sorte de restitu= … tion générale, il donnera la moitié de ses biens aux pauvres. Quant à ceux dont il a extorqué plus qu'ils ne devaient légitimement, il ÿ leur rendra au quadruple ce qu'il leur a pris. C'était la proportion établie par la Loi pour la compensation d’un vol ? ; pour les cas de fraude, la législation du Pentateuque exigeait seulement un cinquième en plus du dommage causé *. Zachée renonçait-il en même temps à son emploi ? C’est ce qu'il est impossible de savoir. L'évangéliste se soucie beaucoup moins de renseigner son lecteur sur la vie de Zachée, que de montrer en sa personne l'exemple d'un publicain sauvé, c’est-à-dire du païen converti, et du bon fidèle qui, maintenant, dans l'Église, donne son bien aux pauvres. C'est peut-être pour ce motif que l’on ne dit pas de Zachée qu'il ait suivi Jésus, comme on l’a dit pour l’aveugle de Jéricho.
La déclaration finale du Christ, réponse indirecte aux critiques dont sa propre conduite venait d'être l’objet, est destinée à faire valoir la miséricorde divine à l'égard des pécheurs. Cette réponse n'est pas bien amenée, et elle manque d'unité : on la dirait faite de deux morceaux, pour répondre à la double préoccupation qui s'est fait jour antérieurement dans le -récit . Jésus observe? que Zachée s’est montré vrai fils d'Abraham par la foi et le repentir : ainsi convient-il que le salut soit entré avec le Sauveur dans sa maison ©. Et pourquoi donc le Fils de l'homme vient-il, si ce n’est
B. Weiss, 584. 3 - Ex xxx, 97° Lév. v, 24.
4. Le v. 9 se rattache plus ou moins naturellement au v. 8, tandis que le v. 10 est en rappport avec le v. 7.
5. Étant donné ce qui suit, eizev D xpôs adtov 6 ’Inooës (v. 9) ne’ peut pas signifier : « Jésus lui dit », mais : « Jésus dit à son sujet » (cf. xvur, 9). L’équi- à voque résulte de la confusion qui existe depuis le v. 7. La déclaration du v. 9 serait plus naturellement adressée à Zachée ; mais, à cause du v. 10, qui concerne les malveillants du v. 7, tout le discours est pour ceux- -Ci.
6. oÂuepov swznpla T@ oÙxw Toÿrw àyévesro, xa0tt xai adros viôs AfBoaau éativ. Cf.
Rom. 1v, 1-24 ; Ga. 111, 9.
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pour sauver les pécheurs qui consentent à faire pénitence ! ? L'unité de tous ces propos se fait dans le sens allégorique du tableau. La première partie du discours ne tend pas à justifier Jésus d'être entré chez un publicain, comme si le Christ voulait dire qu'il avait bien le droit d'entrer chez un juif, et qu'il ne serait pas entré chez un paien ?. Une telle interprétation ne répond pas mieux à la teneur du texte qu à l'esprit de l’évangéliste.
Les interprètes se sont demandé si Zachée était ou non juif d'origine. Son nom ne prouve pas qu'il fût israélite. D'autre part, la réflexion du Sauveur ne suppose pas nécessairement que Zachée ait été fils d'Abraham selon l'esprit, et non selon la chair. La question peut donc sembler indécise. Mais il est au moins probable que Luc, en racontant l’histoire du publicain pénitent, a songé au salut des Gentils. Peut-être serait-il un peu risqué de voir dans Zachée sur son arbre la figure de la Gentilité croyante, greffée sur le tronc d'Israël ; mais, étant donné l'esprit de l'évangéliste, tout porte à croire que Zachée et sa maison représentent les Gentils à qui le salut arrive, et que ce nouveau fils d'Abraham fait pendant à la fille d'Abraham, dont Luc a parlé plus haut, et qui, représentant l'Israël croyant, a été guérie dans la synagogue. Si Jésus s’en tient aune déclaration analogue à celle qu'il a faite à propos de Lévi, cest que l'évangéliste ne veut pas briser la perspective de l'histoire ; mais dans « ce qui est perdu » il entend les Gentils, bien plus que « les brebis égarées de la maison d'Israël 5 ».
4. V. 10. mAôev yag 6 vide 705 àvowrov (l'emploi de cette formule peut être un indice de rédaction secondaire) Enrñcat xat s@oat +0 &rokwcs. D’après xv, 1-7, et peut-être avec l’arrière-pensée de corriger Mr. x, 6 ; xv, 24.
2, WELLHAUSEN, Le. 104.