LX VIII ZACHÉE
Luc, xix, 1-10.
À n'en juger que par la précision des détails, qui est particulièrement sensible au commencement, l’histoire de Zachée pourrait avoir été puisée dans une tradition sûre, et certains critiques! se croienten mesure de désigner la source où Luc est allé la prendre. Néanmoins elle porte, dans sa forme actuelle, la marque particulière de l'évangéliste, et se tourne en leçon analogue à celles qui ressortent des paraboles du Riche, du Pharisien, de l'Économe infidèle. Elle se présente en même temps comme un doublet de l'anecdote relative au publicain Lévi?. Le rapport entre ces deux récits, pour ce qui est du schéma narratif, est à peu près le même que celui qui existe entre les deux résurrections, celle de la fille de Jaïr et celle du jeune homme de Naïn. Dans Lévi et dans Zachée Luc a vu le type des païens pécheurs, qui se convertissent à l'Évangile. Mais la préoccupation allégorique est bien plus sensible dans l'histoire de Zachée, qui semble venir ici à cause de la signification qu'on veut lui donner, et non par l'influence d’une source autorisée qui aurait contenu le même récit, sans arrière-pensée symbolique.
On a déjà vu ? que, selon l'économie du récit de Marc, qui est primitif relativement à Luc, la visite à Zachée aurait dû être placée avant la guérison de l’aveugle, et non après. Dureste, iln'y a pas de lien étroit entre les deux faits ; ils sont rapprochés en vertu d’une combinaison littéraire qui paraît fondée sur le sens que l’'évangéliste leur attribue symboliquement.
Luc, x1x, 1. Et entrant, 1l traversait Jéricho. 2. Et il y avait un homme appelé Zachée, lequel était chef des publicains et fort riche, qui cherchait à voir qui était Jésus, et ne le pouvait pas, à cause de la foule,