‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 233 sur 672 · HozrtzmManN · texte numérisé non relu

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qui relie tant bien que mal ! la parabole des Deux fils à la fin de non recevoir que Jésus vient d'opposer aux membres du sanhédrin. La parabole? met en scène un père de famille qui a deux fils, comme le père du Prodigue. Ayant un travail particulier à faire exécuter ce jour-là dans sa vigne, le père invite un des fils à s’y rendre. On ne dit pas que ce soit l'aîné ou le plus jeune, cette circonstance étant sans intérêt pour l'équilibre de la fable. Le fils interpellé répond par un non bien accentué *, que nulle parole d'excuse on de déférence ne vient atténuer. Mais, après coup, il change d'avis, et s’en va faire ce qui lui avait été demandé. Son regret est celui d'un homme qui s’avoue à lui-même son tort, et il ne s'agit pas d'un sentiment religieux, de contrition pour le péché. Cependant le père, si mal reçu par l’un de ses enfants, s’est adressé à l’autre, et lui a donné le même ordre. La réponse du second fils est parfaite : il dit oui, avec une révérence, en appelant son père « seigneur # ». Mais il change également d'avis. On peut croire qu'il a répondu, comme le premier, selon son caractère, et que, selon son caractère aussi, il perd courage quand il s’agit d'en venir au fait. La réflexion a chez lui des effets tout différents de ceux qu'elle produit chez son frère. Sa bonne volonté, très explicite en paroles, s'arrête devant l’action, tandis que la mauvaise volonté de l’autre, même manifestée, ne dure pas. Le père accepte tout : i n'importe pas au but de la parabole de dire si et quand il s’est aperçu que l’un de ses fils s'était repenti, et que l’autre l’avait trompé.

Ce tableau est très naturel, nullement allégorique. Le père n'est pas Dieu; les fils ne sont pas toute l’humanité, où 1l y a encore des gens dont les paroles et la conduite se correspondent ; aucun des fils n'est un modèle de perfection ; il s’agit seulement de faire entendre que le moins bon des deux, en apparence, est le meilleur en réalité. La morale de la parabole est claire, indépendamment de ce qui suit : un pécheur repenti, qu'il ait été publicain ou prostituée, est plus agréable à Dieu qu'un dévot sans courage, qui n’a que les

1. V. 28. = dë üuiv dozst; ne se rattache ni à ce qui précède ni à ce qui suit. Noter l'emploi du même artifice dans xviu, 12 ; supr. p. 143.

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